Exécutions en Chine

10 avril 2019 03:46; Act: 10.04.2019 07:29 Print

«On pense qu'elles s'y comptent par milliers»

Amnesty International a publié son rapport mondial sur la peine de mort. Le nombre d'exécutions a baissé en 2018, mais pas aux États-Unis et au Japon. En Chine, les chiffres sont classés secrets.

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Dans le monde, le recours à la peine de mort est au plus bas depuis 10 ans, relève l'ONG. (Photo: AFP)

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Amnesty International a enregistré 690 exécutions capitales en 2018, un chiffre au plus bas depuis dix ans, selon son rapport mondial sur la peine de mort publié mercredi. Plusieurs pays enregistrent néanmoins une hausse dont les Etats-Unis et le Japon.

«La chute du nombre d'exécutions à l'échelle mondiale», qui ont baissé de 31% par rapport à l'année précédente, «prouve que même les pays apparemment les plus rétifs amorcent un changement et réalisent que la peine de mort n'est pas la solution», a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d'Amnesty International.

«Cela incite à espérer que ce n'est qu'une simple question de temps avant que ce châtiment cruel et archaïque ne soit relégué au passé», a-t-il ajouté. L'organisation a cependant précisé que ce chiffre ne comprend pas les exécutions en Chine, où les chiffres sont classés secret d'Etat. «On pense que les exécutions s'y comptent par milliers», précise Amnesty.

L'ONG explique cette baisse principalement par les modifications apportées à la loi relative à la lutte contre les stupéfiants en Iran, où le nombre d'exécution a baissé de 50%, et par la «diminution des chiffres dans certains des pays responsables de la majorité des exécutions», principalement en Irak, au Pakistan et en Somalie.

Vingt pays, 690 exécutions

Derrière la Chine, les pays ayant eu le plus massivement recours aux exécutions sont l'Iran (253), l'Arabie saoudite (149), le Vietnam (85) et l'Irak (52). Ces quatre derniers pays représentent ensemble près de quatre cinquièmes (78%) des exécutions recensées dans le monde.

Malgré un recul global, le nombre d'exécutions a augmenté dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis (25), au Japon (15), à Singapour (13) au Soudan du Sud (7) et au Belarus (4). La Thaïlande, elle, a renoué avec les exécutions, où elles n'avaient plus cours depuis 2009.

Au total, vingt pays ont procédé à des exécutions en 2018, par décapitation (Arabie Saoudite), électrocution (Etats-Unis), pendaison (Afghanistan, Japon, Singapour), injection létale (Chine, Etats-Unis, Thaïlande) ou arme à feu (Corée du Nord, Yémen).

«Consensus mondial»

Amnesty International a par ailleurs enregistré 2531 condamnations à mort (Chine non incluse) l'année dernière - contre 2591 en 2017 -, portant à 19'336 le nombre de personnes dans les couloirs de la mort. L'ONG s'est dite «préoccupée par la forte hausse du nombre» de ces condamnations dans certains pays.

Elles ont ainsi été multipliées par quatre en Irak (271 condamnations à mort en 2018), et ont augmenté de 75% en Egypte (717). Malgré ces chiffres, l'organisation juge que la peine de mort est «résolument en recul» dans le monde, donnant plusieurs exemples de mesures prises pour mettre fin à ce châtiment.

Le Burkina Faso a ainsi adopté un nouveau code pénal excluant la peine de mort, tandis que la Gambie et la Malaisie ont déclaré un moratoire officiel sur les exécutions. Aux États-Unis, la loi relative à la peine capitale dans l'État de Washington a été déclarée inconstitutionnelle.

«Les autres pays concernés doivent à présent s'engager sur la même voie», a réclamé Kumi Naidoo. «Lentement mais sûrement, un consensus mondial est en train de se former visant à la suppression du recours à la peine de mort», a-t-il estimé.

Abolition en 1942 en Suisse

Selon Amnesty International, à la fin de l'année 2018, 106 pays, soit plus de la moitié des États dans le monde, avaient aboli la peine de mort, et 142 d'entre eux étaient abolitionnistes en droit ou en pratique. Amnesty International a également recensé huit cas de condamnés à mort innocentés au cours de l'année écoulée, dont deux aux États-Unis et un en Egypte.

Pour rappel, la Suisse a aboli la peine capitale en 1942, à l'exception de la justice militaire, qui en a fait de même cinquante ans plus tard en 1992.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • le Merle le 10.04.2019 07:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la solution

    voilà où envoyer se faire recycler nos cher amis djihadistes !

  • Xelamir le 10.04.2019 07:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas assez ...

    Je pense que certains la mérite largement... Dommage avec notre politique de bisounours ça va devenir de pire en pire .

  • Larmailli le 10.04.2019 08:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et alors ?

    Amnesty international est une de ces organisations de gratte-papiers qui opère comme une secte. La Chine et les autres pays mentionnés représentent une forte population et un certain degré d'indiscipline. De plus, ces pays ont un niveau de développement moyen qui est proche du niveau que les pays développés, les donneurs de leçons, avaient lorsqu'ils ont aboli la peine capitale. Finalement, la peine de mort pour certains crimes, n'est que justice rendue. N'en déplaise à certain(e)s...

Les derniers commentaires

  • Stecatherine le 23.04.2019 19:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Chut !

    Si la Chine ou l'Arabie ou d'autres se mettaient à juger la Suisse sur quelque sujet que ce soit, vous seriez les premiers à leur dire de se mêler de leurs affaires ! C'est valable dans les deux sens.

  • Pascal Amine le 10.04.2019 20:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Proportionnalité du crime

    Moi je dis: téléphone au volant, peine de mort, manger un macdo au volant, peine de mort, ha mince, ça c'est automatique

  • kek le 10.04.2019 14:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    deux

    être contre la peine de mort mais pour l'avortement position morale du 21eme on va être la risée de nos enfants

  • FeuerFrei le 10.04.2019 12:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un exemple !

    Les prisons sont devenues trop, beaucoup trop luxueuses pour les meurtriers, terroristes et autres violeurs... La peine de mort ou le bagne à vie serait la moindre des peines dans certains cas. Recouvrir Alcatraz et Cayenne serait déjà un bon début.

  • Bis Côme le 10.04.2019 12:10 Report dénoncer ce commentaire

    Hummm...

    Faut leur proposer de passer aux jours-amendes...MDR