Elections

18 novembre 2019 08:36; Act: 18.11.2019 09:08 Print

Le nouveau président sri-lankais a prêté serment

En prêtant serment ce lundi, Gotabaya Rajapaksa a acté le retour au pouvoir du puissant clan des Rajapaksa après une élection présidentielle marquée par un vote polarisé.

storybild

Le nouveau président du Sri Lanka Gotabaya Rajapaksa. (Photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Gotabaya Rajapaksa, 70 ans et frère de l'ex-président Mahinda Rajapaksa (2005-2015), a été élu samedi lors d'un scrutin qui a vu les électeurs sri-lankais divisés comme rarement selon des lignes ethniques et religieuses dans une nation meurtrie par les attentats djihadistes du 21 avril.

Le nouveau chef de l'Etat a fait le plein de voix au sein de la majorité ethnique cinghalaise de l'île, où les Rajapaksa jouissent d'une grande popularité pour avoir mis fin en 2009 à quatre décennies de guerre civile avec la rébellion séparatiste tamoule, au prix d'un gigantesque bain de sang.

Les minorités tamoules et musulmanes, qui craignent les Rajapaksa, ont elles soutenu massivement son principal adversaire, Sajith Premadasa, arrivé deuxième avec près de 42% des bulletins.

Lieu symbolique

Gotabaya Rajapaksa, architecte de l'écrasement militaire des Tigres tamouls sous la présidence de son frère et visé par multiples accusations de crimes de guerre et de corruption, a choisi pour son intronisation lundi matin un lieu symbolique pour sa base électorale nationaliste.

Le président a prêté serment devant l'imposant stupa bouddhiste Ruwanweliseya de la ville d'Anuradhapura, située à environ 170 km au nord de Colombo. Plus grand stupa du Sri Lanka, ce monument politico-religieux dont les origines remontent à plus de 2000 ans aurait été construit par le roi Dutugemunu, vénéré par la majorité cinghalo-bouddhiste du pays pour avoir vaincu un roi tamoul indien venu envahir l'île.

Gotabaya Rajapaksa, surnommé «Terminator», a mené une campagne nationaliste et axée sur la sécurité à la suite des attentats djihadistes de Pâques qui ont fait 269 morts. Des kamikazes d'un groupe extrémiste local s'étaient fait exploser dans des hôtels de luxe et des églises chrétiennes en pleine messe.

Son élection consacre le retour aux responsabilités de la famille Rajapaksa, qui a gouverné le Sri Lanka d'une main de fer de 2005 à 2015 et avait été battue à la présidentielle précédente par une coalition d'opposants.

(nxp/ats)