Belgique

07 décembre 2011 21:57; Act: 07.12.2011 22:00 Print

Le pays est «capable de transcender ses divisions»

La Belgique, qui sort de la plus longue crise politique de son histoire, est «capable de transcender ses divisions», a assuré mercredi son nouveau Premier ministre, Elio Di Rupo.

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«Au cours de cette longue crise, nous aurions pu tout perdre: notre pays, notre prospérité et notre modèle social», a dit M. Di Rupo, qui a prêté serment mardi en tant que Premier ministre après 541 jours de négociations tendues entre partis flamands et francophones.

«Je veux dire au monde qui nous regarde que la Belgique est capable de transcender ses divisions et de transformer ses difficultés en opportunités», a ajouté le socialiste francophone, qui arrive lui au pouvoir alors que la note de la dette de la Belgique a été abaissée par Standard & Poor's, notamment en raison de la longue crise politique qui a ébranlé le pays pendant plus de 18 mois.

Alternant le néerlandais, la langue maternelle de 60 % des 10,5 millions de Belges, qu'il ne maîtrise pas parfaitement, et le français, Elio Di Rupo a eu un mot pour chacune des composantes de sa coalition, qui totalise des partis flamands et francophones, de gauche, du centre et de la droite libérale.


Mesure attendue

Après avoir remercié le roi Albert II et son «rôle salutaire» pendant la crise, Elio Di Rupo a tenu à «s'adresser personnellement», dans leur langue, aux Flamands.

«Le Premier ministre doit être celui de tous les Belges, et donc bien entendu aussi celui des Flamands», a dit M. Di Rupo, alors que le PS souffre d'une mauvaise image en Flandre.

«Je travaillerai dur pour améliorer mon néerlandais, ça je vous le promets», a-t-il déclaré, s'engageant à partir à la rencontre de la Flandre pour «apprendre à mieux se connaître».

Aux Flamands, désireux d'une plus large autonomie pour leur région, il a aussi assuré que «l'architecture de la Belgique serait profondément réformée», avec des moyens financiers, des compétences et une autonomie fiscale accrus pour la Flandre, la Wallonie et Bruxelles.


Critique lancée par Di Rupo

Aux francophones, qui votent majoritairement à gauche, il a promis de veiller à «garantir le pouvoir d'achat». Mais il a aussi assuré de son soutien «ceux qui font tout pour trouver un emploi».

Dans une Europe fragilisée par la crise de la dette, Elio Di Rupo a aussi répété que la Belgique remplirait ses obligations en réduisant ses déficits et sa dette, au prix d'efforts «sans précédents» mais qui seront répartis «équitablement» entre la population et les entreprises.

Le leader socialiste a épinglé les banques, dont le sauvetage a alourdi le déficit public. «Une société dominée par la spéculation et la cupidité, ça ne va pas!», a-t-il lancé.

(ats)