Argentine

31 juillet 2014 06:13; Act: 31.07.2014 07:44 Print

Le pays est en défaut de paiement

Des tractations de dernière minute visant à ce que des banques privées argentines rachètent de la dette due par l'Argentine aux fonds réfractaires ont échoué, a-t-on déclaré mercredi soir de source bancaire.

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Axel Kicillof, ministre argentin de l'Economie, doit faire face à un défaut de paiement. (Photo: Keystone/AP/Craig Ruttle)

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L'Argentine et les fonds spéculatifs américains n'ont pas réussi à se mettre d'accord mercredi sur la dette de Buenos Aires, qui se retrouve désormais en situation de défaut de paiement.

L'agence de notation Standard and Poor's (S&P) avait abaissé la note de l'Argentine d'un cran à «défaut sélectif» un peu avant que le ministre argentin de l'Économie Axel Kicillof n'annonce à la presse depuis New York que les deux parties s'étaient séparées sans accord.

Ce scénario a poussé mécaniquement l'Argentine au défaut de paiement sur un montant minime pour un État, 539 millions de dollars (490 millions de francs). La troisième économie d'Amérique latine n'a pas été en situation de pouvoir payer cette somme avant minuit jeudi (06h00 en Suisse).

C'est la deuxième fois en 13 ans que ce scénario se produit en Argentine. Selon les analystes, une des premières conséquences du défaut de paiement est d'éloigner durablement l'Argentine de l'accès aux marchés internationaux des capitaux, dont elle est exclue depuis sa faillite en 2001.

Selon S&P, le «défaut sélectif» signifie que «l'emprunteur n'a pas honoré une certaine partie de ses obligations ou une émission spécifique mais qu'il continue de payer ses autres types d'emprunts dans les temps». La Bourse de Buenos Aires avait peu réagi à la nouvelle, l'indice Merval s'adjugeant 6,94% à la clôture.

Menaces et pressions

A l'issue de la réunion, M. Kicillof a assuré que les fonds spéculatifs «ont essayé de nous imposer quelque chose d'illégal (...). L'Argentine est prête à dialoguer, à trouver un consensus. Nous allons chercher une solution juste, équilibrée et légale pour 100% de nos créanciers».

Buenos Aires «va rembourser» les porteurs de bons issus de la dette restructurée, mais «à des conditions raisonnables, sans tentative d'extorsion, sans pression, sans menace», a-t-il ajouté, niant que son pays soit en situation de défaut de paiement.

L'Argentine avait obtenu un délai de 30 jours qui expirait mercredi pour régler les 539 millions de dollars à des créanciers ayant consenti une remise de dette de 70% après la crise économique de 2001.

Mais le juge américain Thomas Griesa bloque ce paiement parce qu'il a ordonné à l'État argentin de payer d'abord 1,3 milliard de dollars à NML et Aurelius, deux fonds «vautours» spécialisés dans le rachat de dette à risque et détenteurs de moins de 1% de la dette concernée.

Juge intransigeant

Le ministre de l'Economie a attribué la responsabilité de cette situation «inédite» au juge Griesa. «L'Argentine a payé, elle a de l'argent, elle va continuer à payer. C'est le juge Griesa le responsable», a-t-il martelé en référence à l'argent bloqué par le magistrat.

Pour la première fois les négociateurs argentins avaient rencontré directement les représentants de NML et Aurelius autour d'un médiateur à New York pour sortir de l'impasse - sans résultat. Le médiateur Daniel Pollack a qualifié les échanges de «francs», et les fonds spéculatifs, en position de force, n'ont pas cédé.

Le juge Griesa s'est montré hermétique aux demandes du gouvernement argentin, refusant le sursis à exécution du jugement qui permettait à Buenos Aires de payer sans s'exposer à une avalanche de poursuites des autres créanciers.

(ats)