Allemagne

21 février 2020 10:24; Act: 21.02.2020 11:28 Print

Le pays face à une montée de violence xénophobe

Un Allemand à «motivations racistes» a tué neuf personnes, mercredi soir, à Hanaud (All). Depuis vingt ans, le pays subit de plus en plus d'attaques d'extrême droite.

Sur ce sujet
Une faute?

L'Allemagne, où neuf personnes ont été tuées mercredi soir dans deux fusillades visant des bars à chicha à Hanau (centre), connaît une recrudescence des attaques racistes et antisémites, dont plusieurs meurtrières ces dernières années.

Des précédents récents

Le 9 octobre 2019, deux personnes sont tuées et deux gravement blessées lors d'une tentative d'assaut contre une synagogue à Halle (est) le jour du Yom Kippour. Après avoir échoué à pénétrer dans l'édifice où se trouvaient une cinquantaine de personnes, Stephan Balliet, extrémiste de droite, abat une passante puis un jeune homme dans un restaurant de kébabs. Il avait publié sur internet un «manifeste» exprimant ses vues antisémites.

Le 2 juin 2019, Walter Lübcke, élu local et haut fonctionnaire territorial pro-migrants, membre du parti de la chancelière Angela Merkel, est tué par balle chez lui dans la banlieue de Kassel (centre). Le meurtrier présumé, Stephan Ernst, est lié à la mouvance néonazie.

Des bombes à Dresde

Le 26 septembre 2016, Nino Köhler, un sympathisant d'extrême droite, fait exploser deux bombes artisanales devant l'entrée d'une mosquée et sur la terrasse d'un centre de congrès à Dresde (Saxe), sans faire de victime. Il est condamné en août 2018 à près de 10 ans de prison.

Le 22 juillet 2016, David Ali Sonboly, Germano-Iranien de 18 ans lié à l'extrême droite et fasciné par Anders Behring Breivik (auteur du massacre de 77 personnes en Norvège en 2011), tue neuf personnes près d'un centre commercial de Munich, puis se suicide.

Montée des actes racistes

En 2018, les actes criminels à caractère xénophobe et antisémite ont augmenté de près de 20%, selon le ministère allemand de l'Intérieur, qui a recensé cette année-là 7701 actes criminels xénophobes et 1799 antisémites, commis à près de 90% par des auteurs de milieux d'extrême droite.

A Dresde, huit néonazis soupçonnés d'avoir voulu perpétrer des attentats contre des étrangers et des responsables politiques sont jugés depuis septembre. Ils figurent parmi les hooligans, néonazis et skinheads de Chemnitz (Saxe), théâtre en août 2018 de dérapages anti-migrants. Dans ce Land, le nombre d'agressions commises par l'extrême droite a bondi de 38% en 2018.

La semaine dernière, 12 membres d'un groupuscule d'extrême droite ont été arrêtés dans le cadre d'une enquête antiterroriste, soupçonnés d'avoir planifié des attaques de grande ampleur contre des mosquées.

Meurtres d'immigrés dans les années 2000

Entre 2000 et 2007, le pays avait connu une série sans précédent depuis 1945 de meurtres de neuf personnes d'origine immigrée, dont huit Turcs ou personnes d'origine turque, et d'une policière, perpétrés par le trio néonazi «Clandestinité nationale-socialiste» (NSU). La seule survivante du groupuscule, Beate Zschäpe, a été condamnée en juillet 2018 à la prison à perpétuité.

L'affaire a été marquée par une cascade de scandales autour de l'enquête, qui a longtemps suivi la seule piste des «règlements de compte communautaires», ainsi que des services de renseignements intérieurs, censés disposer d'indics dans les milieux néonazis et vivement critiqués pour leur aveuglement.

(afp)