Belgique

22 juillet 2014 19:29; Act: 22.07.2014 19:33 Print

Le pays se prépare pour un gouvernement de droite

La Belgique se prépare à la constitution d'un gouvernement de droite constitué des seuls libéraux francophones associés à trois formations flamandes, dont les séparatistes de la NV-A. Ce scénario constituerait une première pour le royaume.

storybild

La Belgique passe l'arme à droite. (Photo: AFP/Benoit Doppagne)

Une faute?

Le roi Philippe a chargé mardi soir le chrétien-démocrate flamand Kris Peeters et le président des libéraux francophones Charles Michel de «former ensemble» un gouvernement.

La constitution de ce gouvernement, deux mois après les élections législatives, a été rendue possible par l'annonce mardi en fin de matinée d'un accord de coalition.

Il a été conclu entre le parti nationaliste Nouvelle alliance flamande (N-VA), grand vainqueur des élections côté néerlandophone, les chrétiens-démocrates du CD&V et les libéraux de l'Open VLD pour la constitution du gouvernement de la Flandre, la région néerlandophone du nord du pays.

Libéraux attendus

L'association des Libéraux, jusque-là écartés, pour le gouvernement flamand a ouvert la voie à la constitution d'une coalition au niveau fédéral avec les libéraux francophones du Mouvement réformateur (MR).

«Nous y allons avec notre programme», a dit l'un des barons du MR, le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders. Il excluait pourtant il y a encore quelques mois de gouverner avec la NV-A, «un parti qui a un projet totalement destructeur pour l'avenir de l'Etat».

Cette coalition, si elle se concrétise, sera majoritaire à la Chambre des députés, mais ne sera soutenue que par un tiers des députés francophones. Elle risque d'être instable, ce qui lui a valu l'appellation de «coalition kamikaze» par ses détracteurs. Elle est aussi dénommée coalition «suédoise», en référence au bleu (libéral), jaune (N-VA) avec une croix (CD&V) du drapeau suédois.

Le parti socialiste francophone, majoritaire en Wallonie, s'est préparé à passer dans l'opposition au niveau fédéral après avoir été associé au pouvoir sans interruption au cours des 25 dernières années.

Di Rupo à nouveau chef du PS

Dès dimanche, certains de ses ténors évoquaient la constitution de la coalition kamikaze et la constitution d'un gouvernement «contrôlé» par les nationalistes. Ils ont pris la présidence du gouvernement wallon et de la région de Bruxelles à la tête de coalitions de centre-gauche excluant les Libéraux du MR.

Mardi soir, le Premier ministre sortant, Elio Di Rupo, qui expédie les affaires courantes jusqu'à la constitution d'un nouveau gouvernement, a repris la présidence du PS, qu'il avait délégué depuis son accession à la tête du gouvernement.

Il dirige depuis fin 2011 une coalition dite tripartite entre les trois grands partis (socialistes, libéraux et centristes), tant francophones que néerlandophones, constituée à l'issue d'une interminable crise politique qui avait vu le pays sans gouvernement pendant un an et demi.

(ats/afp)