Vol MH370

20 juin 2019 10:00; Act: 20.06.2019 14:37 Print

Une ascension infernale pour tuer les passagers?

Selon une enquête menée par un ancien pilote et journaliste, le commandant de bord du vol MH370, suicidaire, aurait délibérément fait tomber l'avion.

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Saura-t-on un jour ce qui s'est passé à bord du vol MH370, disparu le 8 mars 2014 après avoir quitté Kuala Lumpur? Les théories plus ou moins crédibles se multiplient depuis plus de cinq ans, les experts de tous bords rivalisant de savoir et d'ingéniosité pour faire valoir leur point de vue. Une explication inédite vient éclairer d'un nouveau jour l'un des plus grands mystères de l'histoire de l'aéronautique. Elle émane de William Langewiesche, journaliste et ancien pilote, dont l'enquête figure dans le magazine américain «The Atlantic».



S'appuyant sur le témoignage de plusieurs proches du pilote Zaharie Ahmad Shah, l'Américain affirme qu'il souffrait de dépression. «Seul et triste», le Malaisien souffrait du départ de sa femme, qui l'avait quitté à cause de sa relation avec une hôtesse de l'air. Après avoir passé son temps à errer dans les pièces vides de sa maison, l'homme de 55 ans se serait laissé gagner par des idées noires. Selon Langewiesche, le pilote aurait commencé à échafauder un plan sordide: se donner la mort à bord d'un avion, emportant avec lui les 238 personnes présentes à bord. Un examen du simulateur de vol que le quinquagénaire utilisait chez lui aurait par ailleurs démontré qu'il avait répété plusieurs fois l'itinéraire fatal.

Retour sur la disparition du MH370

Une montée à 12'000 mètres d'altitude

En s'appuyant notamment sur des données recueillies par un système de radar, le journaliste et ex-pilote explique que Shah a mis son plan à exécution en dépressurisant la cabine. Avant cela, le commandant de bord aurait tué ou neutralisé son copilote et pris le contrôle de l'appareil. Selon Langewiesche, il aurait ensuite fait monter l'avion à 12'000 mètres d'altitude dans le but d'accélérer le processus de dépressurisation. Cela «aurait été le moyen le plus simple – et probablement le seul – de contenir une potentielle rébellion des passagers s'apercevant que l'avion allait s'écraser», corrobore Mike Exner, ingénieur électricien.



Par la suite, le Malaisien aurait soit attendu que le réservoir de kérosène se vide, soit délibérément précipité l'avion dans l'eau pour qu'il se désintègre. La théorie de Langewieschese se heurte déjà à des détracteurs: l'analyste Clive Irving ne croit pas aux idées suicidaires du pilote et rappelle que l'enquête officielle menée par la Malaisie avait mis en lumière «un homme au sommet d'une carrière réussie», avec une solide expérience de vol. En mai 2018, le gouvernement malaisien avait cependant officiellement avoué être incapable de dire ce qu'est devenu le Boeing 777.

(joc)