Pacifique

31 mars 2019 11:44; Act: 01.04.2019 13:12 Print

Le plastique menace toute vie aux Galapagos

Des tonnes de plastique poussées par les courants marins jusque dans les estomacs des animaux uniques de cet archipel de l'océan pacifique, sont ramassées par des bénévoles.

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A un millier de kilomètres des côtes de l'Equateur, s'est engagée une guerre inégale, mais décisive, pour la protection d'un éden qui a inspiré sa théorie de l'évolution à Charles Darwin, un écosystème inédit sur la planète.

Les déchets des grandes métropoles parviennent jusqu'aux îles, dégradés en micro-particules de plastique, une menace majeure pour des iguanes, des tortues, des poissons et des oiseaux qui n'existent nulle part ailleurs.

Ce microplastique «en arrive à pénétrer l'organisme d'espèces dont nous nous alimentons ensuite», a expliqué en outre à l'AFP la biologiste Jennifer Suarez, experte en écosystèmes marins du Parc national des Galapagos (PNG).

Les radiations solaires et la salinité des mers détériorent bouteilles, bouchons, emballages, filets de pêche, etc. D'abord dur comme une pierre, le plastique se désintègre, au contact des rochers et par la force de l'eau, en microparticules qu'ingère la faune.

Chaque année, sous un soleil implacable, des «commandos» de nettoyage débarquent sur les plages et les zones rocheuses pour tenter de limiter les dégâts.

Un inventaire de bazar

Des ordures de plastique de toutes sortes se mêlent, s'accumulent face aux côtes, et s'infiltrent jusque dans les fissures des couches de lave volcanique pétrifiée des Galapagos.

Gadgets sexuels, sandales, briquets, stylos, brosses à dents, bouées, mais aussi canettes en aluminium polluent les zones de repos des animaux, dont certains sont en danger d'extinction.

Dans des parties inhabitées, comme Punta Albemarle à l'extrême nord de l'île Isabela, où est parvenue l'AFP, les nettoyeurs ramassent des déchets issus d'ailleurs, parfois de l'autre côté de la planète.

L'archipel équatorien, qui compte environ 25'000 habitants, a restreint ces dernières années l'entrée du plastique sur son territoire et son usage.

«Plus de 90% des résidus que nous collectons ne proviennent pas d'activités productives aux Galapagos, mais d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale, et même une grande quantité de déchets sont de marques asiatiques», précise Jorge Carrion, directeur du PNG.

Ces résidus viennent «probablement de flottes de pêche originaires d'Asie qui opèrent autour de la zone économique exclusive des Galapagos», ajoute-t-il, debout sur le quai du parc à Puerto Ayora, chef-lieu de l'île Santa Cruz.

Depuis 1996, des artisans pêcheurs nettoient aussi les îles les plus éloignées et depuis trois ans, les déchets collectés sont notés dans un registre.

«Cela nous sert à identifier l'origine des ordures qui arrivent sur les côtes non peuplées. Il a été répertorié que la plus grande quantité de marques sont péruviennes et chinoises», précise Jennifer Suarez.

Bien qu'il n'existe encore aucune législation, l'idée est que ce recensement permette un jour de réclamer des compensations pour dégâts environnementaux.

Au cours du premier trimestre de 2019, huit tonnes de déchets ont été ramassées, 24,23 tonnes pour toute l'année 2018 et 6,47 tonnes en 2017.

Des sacs pris pour des méduses

Les gardes font un autre inventaire, plus affligeant, des animaux affectés, tels les cormorans, qui édifient leurs nids avec des couches-culottes, ou le cadavre d'un fou à pattes rouges enfoui dans des ordures.

Indignés, les nettoyeurs trouvent des sacs de plastique marqués de morsures de tortues marines, qui les confondent avec les méduses dont elles s'alimentent.

«Nous jetons tant d'ordures à la mer et elles arrivent sur des côtes où il n'y a même pas de gens!», déplore Sharlyn Zuñiga, 24 ans, bénévole.

Cette étudiante de la région amazonienne de Pastaza a découvert aux Galapagos des plages vierges, au sable blanc jonché de déchets. «C'est très dur! Nous ne voyons jamais que la face la plus belle des Galapagos, en photos, en cartes postales», s'indigne-t-elle.

Bien que les vagues ne cessent de déverser des résidus, les nettoyeurs s'acharnent et défendent leur tâche, qui semble sans fin sur ces îles classés au Patrimoine naturel de l'humanité par l'Unesco.

En fin de mission, d'énormes sacs de déchets de plastique sont chargés à bord d'un bateau qui met le cap sur Puerto Ayora, d'où ils seront expédiés sur le continent pour y être incinérés.

«Nous éliminons les ordures qui s'accumulent sur ces sites, évitant ainsi qu'elles continuent à se dégrader en microparticules», ajoute la biologiste Jennifer Suarez.

«Nous devons aller plus loin que le seul ramassage des résidus. Nous devons en appeler aux consciences à l'échelle mondiale afin d'arrêter de jeter des ordures en milieu marin», estime le directeur du PNG.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Alain Leuba le 31.03.2019 14:25 Report dénoncer ce commentaire

    plus de résultats moins de blablas

    Il serait relativement simple d'interdire pas mal d'objets en plastique, par exemple, les cornets pour commissions, les verres, assiettes, fourchettes et couteaux, etc. Mais il faudra probablement encore 15 conférences mondiales inutiles, au cours desquelles les gouvernements s'engagent ... pour 10 ans plus tard et ne font rien jusqu'à la prochaine promesse, pour qu'il se passe enfin quelque chose

  • Gnouffe56 le 31.03.2019 14:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On y va

    C'est un bon exemple d'actions à mener, bravo ! Maintenant la prévention et la répression, comment faire ? Et pourquoi ne pas venir en bénévoles anti-plastoc aux Galapagos plutôt que bronzer idiot à côté des déchets ?

  • L'évolution le 31.03.2019 15:54 Report dénoncer ce commentaire

    Homo Détritus

    Nous sommes devenus la plus sale de toutes les espèces vivantes sur terre .

Les derniers commentaires

  • Le Petit Suisse le 09.04.2019 23:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    BRAVO

    Regardez juste Les emballages plastique d'une poupée LOL ou autre poupée. Juste du n'importe quoi et nous consommateur on ne dis rien. BRAVO À NOUS

  • he le 31.03.2019 21:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    limiter les emballages

    si chacun s'occupe de ses déchets correctement et les mets à la bonne place sans laisser trainer et jeter au bord des routes il n'y aurait pas de problème

  • Lysa le 31.03.2019 19:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Incroyable que les gens prennent la mer et l'océan comme poubelle... bravo à tous les bénévoles ! Si je pouvais j'irai !

    • Albert le 31.03.2019 22:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Lysa

      les gouttes font des rivières et les rivières vont a la mer ..

  • Ilse le 31.03.2019 19:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    avant qu'il ne soit trop tard

    Il faut agir au niveau planétaire pour éviter le pire à notre si belle planète.

    • Albert le 31.03.2019 22:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Ilse

      on va ramasser les déchets dans la mer avec filet a crevettes

  • Zorgl le 31.03.2019 18:59 Report dénoncer ce commentaire

    Les coupables

    « Huit fleuves d'Asie et deux fleuves d'Afrique déversent environ 90 % du plastique qui se retrouve dans les océans. En cause, l'absence de tri des déchets dans ces régions et l'important débit de ces grands cours d'eau ». Voilà les faits, indiscutables. Faisons payer ces régions. Ah non, la Chine bientôt première puissance mondiale est exemptée car considérée comme « en développement ». A mourir de rire. Ne parlons pas de l' Afrique, de sa démographie inconsciente et de sa politique environnementale inexistante qui passe son temps à mendier et à projeter sur les autres ses échecs répétitifs.