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15 septembre 2019 05:28; Act: 15.09.2019 07:21 Print

Le policier arrêté enquêtait sur la Russie

Le gouvernement canadien n'a pas encore connaissance de l'étendue du vol de documents commis par un haut gradé, arrêté vendredi.

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Cameron Ortis fait face à cinq chefs d'accusation en vertu du code criminel du Canada et de la loi sur la protection de l'information liée à la sécurité nationale, notamment contre l'espionnage étranger. (Photo: Pixabay)

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Le haut responsable du renseignement de la police fédérale canadienne arrêté vendredi pour vols de documents sensibles a récemment supervisé une enquête sur une affaire de blanchiment d'argent par des Russes. L'information émane d'un média canadien samedi.

Le journal «The Globe and Mail» rapporte que l'inculpation de Cameron Ortis, haut responsable de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), est liée à une importante affaire de corruption présumée impliquant de hauts responsables russes, qui avait été dénoncée par Sergueï Magnitski, un juriste russe mort dans une prison moscovite en 2009.

Devenu symbole de la lutte contre la corruption, Sergueï Magnitski avait été arrêté en 2008 après avoir dénoncé une vaste machination financière de 5,4 milliards de roubles (environ 143 millions de francs), ourdie selon lui par des responsables de la police et du fisc au détriment de l'Etat russe et de la société Hermitage Capital, par la voie de remboursements de taxes. «Plus de 14 millions de dollars canadiens (près de 10,5 millions de francs) de fraudes russes auraient un lien avec le Canada», selon une source citée par «The Globe and Mail».

Plainte en 2016

Cameron Ortis travaillait sur cette affaire après une plainte déposée à la GRC en 2016 par William (Bill) Browder, un financier britannique et ancien investisseur en Russie, pour qui travaillait Sergueï Magnitski. La GRC n'a pas ouvert d'enquête officielle sur l'affaire, malgré une rencontre en 2017 entre Cameron Ortis et Bill Browder, également PDG du fonds Hermitage Capital, selon «The Globe and Mail».

Cameron Ortis «semble être la dernière personne à laquelle on pourrait s'attendre pour être un espion pour un pays étranger», a déclaré Bill Browder au quotidien anglophone, indiquant que le policier était également responsable de sa sécurité lors de son déplacement au Canada. Interrogée, la GRC s'est refusée à tout commentaire.

Selon la chaîne Global, citant des sources de sécurité, Cameron Ortis était directeur général du renseignement à la GRC et contrôlait à ce titre les opérations de contre-espionnage. Cameron Ortis, fait face à cinq chefs d'accusation en vertu du code criminel du Canada et de la loi sur la protection de l'information liée à la sécurité nationale, notamment contre l'espionnage étranger.

Cinq chefs d'accusation

La puissante alliance de renseignement dite des «Five Eyes», dont le Canada fait partie avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis est inquiète de la nature des informations recueillies par Cameron Ortis et attend une évaluation des dommages de la part du ministère de la Sécurité publique canadien, selon des sources diplomatiques citées par la télévision publique CBC.

Le gouvernement canadien n'a pas encore connaissance de l'étendue du vol mais poursuit ses investigations, a confié une source proche du Premier ministre Justin Trudeau, en campagne électorale pour un deuxième mandat. Des sources ont également indiqué à CBC que l'alliance ne panique pas, étant donné que les accusations portées contre Cameron Ortis ne semblent pas démontrer qu'il ait divulgué des informations avant son arrestation.

Arrêté jeudi à Ottawa, capitale nationale où sont établis les sièges des agences de sécurité et de renseignement, et formellement inculpé vendredi, Cameron Ortis doit comparaître de nouveau devant la justice vendredi prochain.

(nxp/ats)