Mauritanie

26 juin 2019 00:43; Act: 26.06.2019 08:09 Print

Le pouvoir coupe Internet et arrête des «étrangers»

L'opposition manifeste et conteste le résultat de l'élection présidentielle et la victoire de Mohamed Cheikh El-Ghazouani.

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Mohamed Cheikh El-Ghazouani, le 20 juin dernier, en meeting. (Photo: AFP)

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Une centaine «d'étrangers» ont été arrêtés en Mauritanie lors des manifestations qui ont éclaté après l'annonce de la victoire du candidat du pouvoir à la présidentielle de samedi, a annoncé mardi le ministre de l'intérieur. Internet est entièrement coupé depuis le milieu de l'après-midi.

Les ambassadeurs du Sénégal, du Mali et de la Gambie ont été convoqués dans l'après-midi par le ministre des Affaires étrangères, Ismael Ould Cheikh Ahmed, qui les a enjoints de demander à leurs ressortissants de «s'abstenir de participer aux manifestations et à tout ce qui perturbe l'ordre public en Mauritanie, a expliqué le chef de la diplomatie sur la télévision nationale.

Les quatre opposants en lice ont rejeté les résultats provisoires donnant la victoire au premier tour à l'ancien chef d'état-major Mohamed Cheikh El-Ghazouani, dauphin du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz.

Selon la commission électorale nationale indépendante (CÉNI), Mohamed Cheikh El-Ghazouani a obtenu 52,01% des suffrages, devant le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid (18,58%), l'ex-premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87%) et le journaliste Baba Hamidou Kane (8,71%).

L'opposition a dénoncé l'arrestation de dizaines de personnes à la suite d'incidents dimanche entre manifestants et policiers dans la capitale et à Nouadhibou. Lundi soir, des heurts ont éclaté entre policiers et militants de l'opposition aux abords du siège des partis de Biram Ould Dah Ould Abeid et Baba Hamidou Kane, où la police a effectué une descente musclée, selon l'opposition.

«Plan de déstabilisation»

«Il y a une main étrangère qui est derrière ces événements», a affirmé mardi soir le ministre de l'intérieur, Ahmedou Ould Abdallah, à propos de ces contestations, en évoquant un «plan de déstabilisation» du pays.

«Nous avons arrêté une centaine d'étrangers dont on ne peut expliquer la présence dans la contestation d'une élection dans un pays qui n'est pas le leur», a ajouté le ministre. Il a évoqué «diverses nationalités, notamment de pays voisins», sans plus de détails. Il a affirmé que cette présence étrangère était «en relation avec certains candidats», sans les nommer.

Depuis 15h00 (17h00 en Suisse) environ, il était par ailleurs impossible de se connecter à Internet, d'accéder à ses emails ou d'utiliser les réseaux sociaux comme WhatsApp et Facebook, ont constaté des témoins et des journalistes de l'AFP, alors que l'internet mobile était déjà inaccessible depuis dimanche après-midi.

(nxp/ats)