Interpellation Filippis

01 décembre 2008 09:06; Act: 01.12.2008 09:10 Print

Le presse est indignée

Les éditorialistes de la presse française fustigent "l'activisme" judiciaire et policier après l'interpellation vendredi de l'ex-directeur de la publication de Libération Vittorio de Filippis, traité comme "un criminel".

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Les éditorialistes de la presse française fustigent "l'activisme" judiciaire et policier après l'interpellation vendredi de l'ex-directeur de la publication de

Le patron du quotidien Laurent Joffrin, qui dénonce une interpellation "scandaleuse", déplore que "certains magistrats en abusent à l'instar de la juge Josié et pratiquent le mandat d'amener et la mise en détention bien au-delà de ce que veut l'esprit des lois".

Son constat est aussi sévère envers la police, car selon lui, "trop de policiers usent dans leur action d'une brutalité coupable et d'une attitude méprisante à l'égard des prévenus, surtout s'ils sont plus pauvres, moins instruits ou étrangers".

Laurent Joffrin avance une explication à cette "reprise en main" de la presse. "Un discours politique de sécurité, qui l'emporte aujourd'hui sur celui des libertés, n'y est pas étranger", estime-t-il.

Dans la République du Centre, Jacques Camus constate également que "la fâcheuse tendance procédurière du chef de l'Etat n'est peut-être pas étrangère à cet activisme judiciaire".

"Sans pour autant justifier certaines dérives, il y a actuellement disproportion entre les méthodes utilisées et les nécessités d'une enquête", ajoute l'éditorialiste.

Même ton dans la Charente Libre, où Jacques Guyon affirme que "le juge à l'initiative de cette affaire a tout simplement méprisé la loi qu'il est censé faire respecter". Et que dire du comportement des policiers ?, s'interroge l'éditorialiste. Vittorio de Filippis "a été traité comme un criminel", insiste Eric Dussart dans la Voix du Nord.

"Il flotte actuellement dans ce pays un air mauvais sur la liberté de la presse", affirme Jean-Michel Helvig dans la République des Pyrénées, qui constate que "gardes-à-vue et perquisitions de journaux se multiplient pour forcer le secret des sources".

Alors, "la liberté de la presse est-elle en train de régresser en France ?" demande Jorge d'Hulst dans les colonnes de Libération Champagne. Bruno Dive (Sud-Ouest) répond en rappelant "à tout hasard que les dictatures, molles ou dures, politiques ou économiques, commencent presque toujours par la mise au pas de la presse."

Pour la Tribune, "il y en a qui doivent avoir chaud aux oreilles, très chaud aux oreilles, ce sont la juge qui a demandé l'arrestation, les policiers qui ont appliqué la procédure avec zèle, et toute la pyramide au-dessus, jusqu'au sommet".

(afp)