Espagne

12 février 2019 21:45; Act: 12.02.2019 21:46 Print

Le procès des séparatistes mobilise à Barcelone

Le verdict du procès des séparatistes ne devrait pas être rendu avant juillet. Des centaines de personnes vont y témoigner.

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Huit responsables policiers espagnols ont été mis en examen pour leur responsabilité présumée dans les violences policières ayant émaillé le référendum catalan en 2017. (Jeudi 5 septembre 2019) Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont a défié le chef du Parlement européen. (Jeudi 27 juin 2019) Après quatre mois d'audiences, le procès historique de 12 indépendantistes catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017 s'achève. Le jugement sera connu d'ici plusieurs mois. (Mercredi 12 juin 2019) L'avocat de l'ex-vice-président catalan Oriol Junqueras a assuré mardi que son client n'avait pas commis de délit de rébellion, alors que le procès s'achève mercredi. (Mardi 11 juin 2019) Cinq indépendantistes catalans incarcérés, élus aux dernières législatives, sont sortis temporairement de prison mardi pour prêter serment comme parlementaires tout en promettant fidélité à leur cause. (Mardi 21 mai 2019) Carles Puigdemont a fait appel jeudi de l'interdiction qui lui a été faite de se présenter aux élections européennes du 26 mai. (Jeudi 2 mai 2019) Des milliers de militants pour l'indépendance de la Catalogne ont défilé samedi à Madrid pour dénoncer le procès de leurs dirigeants jugés pour la tentative de sécession de l'Espagne en 2017 et réclament un référendum d'autodétermination. (Samedi 16 mars 2019) L'ancien dirigeant catalan Carles Puigdemont est candidat pour les élections européennes de fin mai. Il a été choisi samedi pour être tête de liste d'un parti séparatiste catalan. (Dimanche 10 mars 2019) L'ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy témoigné au procès des ex-dirigeants séparatistes, les accusant d'avoir voulu «liquider la souveraineté nationale». (Mercredi 27 février 2019) Jeudi en fin de journée, près de 40'000 personnes ont manifesté à Barcelone pour protester contre le procès des dirigeants catalans. (21 février 2019) Des dizaines de milliers de manifestants sur le Paseo de Gracia de Barcelone. (21 février 2019) Les manifestants étaient nombreux à Barcelone ce jeudi 21 février pour protester contre le procès de 12 ex-dirigeants politiques et associatifs. (21 février 2019) Plus de 200'000 manifestants ont défilé à Barcelone contre le procès des indépendantistes. (Samedi 16 février 2019) Le principal accusé au procès des indépendantistes catalans, l'ancien vice-président régional Oriol Junqueras (photo), a annoncé jeudi qu'il refuserait de répondre aux questions de l'accusation. (14 février 2019) Les Catalans de Suisse sont mobilisés mardi soir contre le procès des dirigeants indépendantistes qui a débuté en Espagne. (13 février 2019) Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Barcelone, dénonçant le procès qui s'est ouvert à Madrid de dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne. (Mardi 12 février 2019) Le procès historique de douze dirigeants indépendantistes catalans a commencé ce mardi à Madrid. (12 février 2019) Le procès des indépendantistes catalans s'est ouvert à Madrid ce mardi 12 février 2019. Les indépendantistes catalans arrivent au tribunal dans un fourgon de la police. (12 février 2019) Le procès contre douze dirigeants indépendantistes catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017 commencera le mardi 12 février, a indiqué le parquet espagnol. (Vendredi 1 février 2019) Après des semaines de tensions, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a renoué un dialogue «effectif» jeudi avec le gouvernement séparatiste catalan. (20 décembre 2018) L'ancien président catalan Carles Puigdemont et cinq leaders indépendantistes en attente de jugement ont déposé une plainte devant le Comité des droits de l'Homme de l'ONU. (Jeudi 20 décembre 2018) Le gouvernement espagnol a averti les autorités séparatistes de Catalogne qu'il reprendrait en main le maintien de l'ordre dans la région si elles n'étaient pas capables de l'assurer. (Mardi 11 décembre 2018) Un an après avoir menacé l'unité de l'Espagne avec une tentative de sécession, l'ancien président catalan Carles Puigdemont tente depuis son exil de rassembler tous les séparatistes derrière lui. (Samedi 27 octobre 2018) Le parlement catalan a voté une résolution visant à abolir la monarchie en Espagne, provoquant l'ire du pouvoir central. (Jeudi 11 octobre 2018) La commémoration du premier anniversaire du référendum d'autodétermination de la Catalogne interdit par Madrid s'est terminée par des incidents entre la police régionale et les séparatistes. (Mardi 2 octobre) Des militants séparatistes ont bloqué une voie de train à grande vitesse, des autoroutes et des artères de Barcelone lundi. Les militants réclament la rupture avec Madrid. Ici sur la capture écran d'un tweet l'on peut observer la gare de Gérone complètement bloquée au petit matin ce lundi. (1er octobre 2018) Des militants séparatistes ont bloqué une voie de train à grande vitesse, des autoroutes et des artères de Barcelone lundi. Les militants réclament la rupture avec Madrid. (1er octobre 2018) Un an après une opération de police musclée, des milliers de manifestants indépendantistes ont défilé jeudi soir à Barcelone. (20 septembre 2018) La police catalane est accusée d'agir de façon «arbitraire» contre les personnes retirant les rubans jaunes indépendantistes. (Lundi 27 août 2018) Puigdemont est à nouveau à Bruxelles. Il promet de continuer à défendre la juste cause du peuple catalan. (28 juillet 2018) Arrêté en mars en Allemagne à la frontière, Carles Puigdemont va retourner en Belgique samedi après l'annulation des mandats d'arrêt européens par Madrid. (Mercredi 25 juillet 2018) Le mandat d'arrêt européen contre l'ancienne dirigeante catalane Clara Ponsati a été formellement levé lundi par un tribunal d'Édimbourg après la décision la semaine dernière de la Cour suprême espagnole de renoncer à cette procédure. (lundi 23 juillet 2018) Le juge chargé de l'enquête sur la tentative de sécession de la Catalogne en octobre dernier a retiré jeudi les mandats d'arrêt internationaux contre l'ex-président catalan Puigdemont. Cinq dirigeants indépendantistes ayant fui à l'étranger sont aussi concernés. (19 juillet 2018) Le chef du gouvernement espagnol reçoit lundi le président du parti socialiste catalan Miquel Iceta pour apaiser les tensions. (Lundi 9 juillet 2018) Le gouvernement espagnol a donné son feu vert à l'entrée en fonction du nouveau gouvernement indépendantiste catalan de Quim Torra. Ce dernier n'inclut plus de «ministres» incarcérés ou exilés, condition indispensable à la levée de la tutelle imposée à la Catalogne. (1er juin 2018) Le premier Ministre Mariano Rajoy ne devrait pas survivre à une motion de censure vendredi. Celui qui a combattu l'indépendance de la Catalogne devrait tomber après une alliance entre la gauche, les nationalistes basques et les indépendantistes catalans. (1er juin 2018)

Une faute?

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Barcelone. Elles ont dénoncé le procès qui s'est ouvert à Madrid de dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne.

Brandissant des dizaines de drapeaux indépendantistes, la foule a applaudi les orateurs qui se sont succédé à la tribune sur la vaste place de Catalogne au coeur de la métropole catalane. «Décider n'est pas un délit, a lancé le vice-président du gouvernement régional catalan, Pere Aragones. On ne peut juger et encore moins condamner un referendum ni l'autodétermination».

Douze dirigeants indépendantistes catalans se sont assis mardi sur le banc des accusés à l'ouverture de leur procès à Madrid pour la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017. Au centre de la majestueuse salle de la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire espagnole, ils ont pris place sur quatre rangées de banquettes, face aux sept juges.

Le procès, retransmis en direct et pour lequel plus de 600 journalistes espagnols et étrangers sont accrédités, doit durer environ trois mois. Le verdict ne devrait pas être rendu avant juillet. Des centaines de personnes vont y témoigner, dont l'ancien chef de gouvernement conservateur Mariano Rajoy.

«C'est le procès le plus important que nous ayons organisé (depuis le rétablissement de la) démocratie», après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975, a estimé récemment le président de la Cour suprême, Carlos Lesmes.

«Mascarade»

Grand absent, l'ex-président catalan Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique pour échapper aux poursuites, a qualifié depuis Berlin ce procès de «mascarade». Son successeur Quim Torra a dénoncé devant la presse à Madrid «un procès qui n'aurait jamais eu lieu dans un Etat qui veut être considéré comme démocratique». En l'absence de Puigdemont, le principal prévenu est son ancien vice-président Oriol Junqueras, contre lequel le parquet a réclamé 25 ans de prison.

Des peines allant de 7 à 17 ans ont été requises contre les onze autres accusés, dont l'ancienne présidente du parlement catalan, plusieurs «ministres» régionaux et les responsables des puissantes associations indépendandistes ANC et Omnium Cultural.

Les avocats de la défense ont dénoncé pendant plusieurs heures devant le tribunal le bien-fondé du procès et les violations présumées des droits fondamentaux des accusés dont neuf, comme Junqueras, sont poursuivis pour rébellion et incarcérés pour certains depuis plus d'un an.

Un soulèvement violent ?

Après avoir organisé le 1er octobre 2017 un référendum d'autodétermination interdit par la justice, les séparatistes avaient proclamé le 27 octobre une république catalane indépendante, déclenchant la plus grave crise politique que l'Espagne ait connue depuis la fin du franquisme.

Y a-t-il eu alors violence ? La question est au centre du procès, le chef d'accusation contesté de rébellion supposant un soulèvement violent. Le parquet le soutient mais les indépendantistes affirment eux que la seule violence a été celle des policiers le jour du référendum, dont les images ont fait le tour du monde.

«Les délits si graves dont on nous accuse n'ont pas été commis : la violence nécessaire pour les justifier n'a pas existé», a déclaré à l'AFP Carles Mundo, l'un des accusés, dans les couloirs du tribunal.

Les juristes eux-mêmes sont divisés sur la violence, au point que le représentant des intérêts de l'État au procès n'accuse les prévenus que de sédition et réclame des peines de 12 ans au maximum.

Les indépendantistes veulent convaincre la communauté internationale qu'ils sont victimes de la «répression» espagnole contre des «dissidents». Le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez a lancé une contre-offensive en organisant des briefings dans plusieurs capitales européennes et au-delà.

Risque politique pour Sanchez

Près d'un an et demi après les faits, la question catalane reste un brûlot politique en Espagne.

Dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Madrid à l'appel de la droite et du parti d'extrême droite Vox contre Pedro Sanchez, accusé de «haute trahison» pour sa politique de dialogue avec les indépendantistes. Ce procès va être une tribune politique pour Vox, qui grâce à une particularité du système juridique espagnol, représente «l'accusation populaire».

Dans ce contexte, les indépendantistes, sans lesquels M. Sanchez n'a pas de majorité, sont prêts à bloquer le budget mercredi, ce qui pourrait conduire à des élections anticipées.

(nxp/ats)