Affaire Vincent Lambert

20 mai 2019 14:05; Act: 20.05.2019 14:10 Print

«Il va mourir naturellement en quelques jours»

L'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles de Vincent Lambert a commencé ce lundi matin. Explications du processus.

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Comment va se passer l'arrêt des traitements de Vincent Lambert? Quelle différence avec l'euthanasie? Ce processus, qui a débuté lundi matin au CHU de Reims, obéit à un cadre strict, du point de vue de la loi comme de l'éthique.

- Comment arrête-t-on les traitements?

Les médecins vont arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles qui sont prodiguées à Vincent Lambert, tout en mettant en oeuvre une «sédation profonde et continue» jusqu'à sa mort.

Cette procédure est encadrée par la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui interdit l'euthanasie et le suicide assisté mais autorise l'arrêt des traitements en cas «d'obstination déraisonnable».

Selon cette loi, les traitements peuvent être «suspendus» lorsqu'ils «apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie».

La décision doit être prise par les médecins de façon «collégiale».

Dans le cas de personnes qui ne peuvent pas exprimer leur volonté, comme Vincent Lambert, la «sédation profonde et continue jusqu'au décès» est «une mesure de précaution» pour être sûr «que le patient ne souffre pas», selon des recommandations publiées l'an dernier par la Haute autorité de santé (HAS).

Pour la sédation, on utilise le midazolam en voie intraveineuse. Ce médicament de la famille des benzodiazépines est puissant et son action rapide.

Avec l'arrêt simultané de l'hydratation et de l'alimentation, la mort survient aux alentours d'une semaine, explique à l'AFP le Dr Bernard Devalois, spécialiste des soins palliatifs à la maison de santé protestante de Bordeaux Bagatelle.

- V. Lambert va-t-il «mourir de faim et de soif»?

C'est l'argument des opposants à l'arrêt des traitements, dont ses parents, soutenus par des associations catholiques. Au-delà du cas Lambert, l'argument est également utilisé dans un camp pourtant diamétralement opposé: les militants pro-euthanasie, qui jugent que la loi Claeys-Leonetti ne va pas assez loin pour les patients incurables.

Cet argument est en revanche réfuté par les spécialistes des soins palliatifs. «Vincent Lambert n'aura ni faim ni soif, il va mourir naturellement en quelques jours», fait valoir le Dr Devalois.

«Les gens confondent la soif et la sécheresse de la bouche, poursuit-il. Dans le cas de M. Lambert, il n'y a pas de sensation de soif: pour avoir soif, il faut avoir conscience». Par ailleurs, la déshydratation peut renforcer le processus de sédation.

Quand les reins ne sont plus assez irrigués, ils cessent de fonctionner: c'est l'insuffisance rénale. Du coup, de nombreuses substances ne sont plus éliminées dans les urines et restent dans l'organisme. Or, certaines agissent sur le cerveau et entraînent des phénomènes naturels d'endormissement.

- A quoi sera due sa mort?

A la défaillance des organes, qui cesseront de fonctionner après l'arrêt des traitements. Le rôle des reins est primordial: en raison de l'insuffisance rénale, le potassium s'accumulera dans le sang et finira par provoquer l'arrêt du coeur.

L'équipe soignante se doit d'accompagner le patient jusqu'au bout, avec des soins comme la toilette, le toucher-massage, les soins de bouche (compresses humidifiées contre la sécheresse...) ou des yeux (gouttes).

Le processus «n'est pas un arrêt des soins, c'est un arrêt du maintien artificiel en vie», souligne le Dr Devalois.

- Quel rapport avec l'euthanasie?

C'est le coeur du débat. Ses parents, un demi-frère et une soeur estiment que Vincent Lambert est un handicapé et que lui couper la nutrition et l'hydratation équivaut à une forme d'euthanasie.

A l'inverse, son épouse Rachel, cinq de ses frères et soeurs et son neveu dénoncent un «acharnement thérapeutique» en raison des lésions irréversibles causées à son cerveau par un accident de la route en 2008.

Leur point de vue a été conforté à plusieurs reprises par la justice, selon laquelle la poursuite du traitement traduirait bien «une obstination déraisonnable».

«C'est une application exemplaire de la loi Claeys-Leonetti, qui interdit l'acharnement», selon le Dr Devalois. «Cela n'a rien à voir avec l'euthanasie par injection létale comme en Belgique».

- Où en est le débat sur l'euthanasie?

Ce débat très sensible, qui fait appel aux convictions éthiques et religieuses de chacun, a été relancé l'an dernier lors des Etats généraux de la bioéthique. Mais le gouvernement n'a finalement pas inclus la question de l'euthanasie dans la prochaine loi de révision de la bioéthique.

Dans deux avis successifs, le Conseil d'Etat puis le Comité d'éthique (CCNE) ont jugé que la loi Claeys-Leonetti ne devait pas être modifiée.

Tous deux ont cependant souligné qu'il fallait garantir un meilleur accès aux soins palliatifs. Le CCNE souhaite ainsi «qu'un nouveau plan gouvernemental de développement des soins palliatifs soit financé».

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Miséricorde le 20.05.2019 14:16 Report dénoncer ce commentaire

    R.I.P.

    Laissez-le partir en paix, que le calvaire de ce pauvre homme s'arrête enfin !

  • triste le 20.05.2019 14:14 Report dénoncer ce commentaire

    tout le monde s'en mêle

    ça devrait rester dans le cadre familial

  • Hugo le 20.05.2019 14:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    va en paix

    Des parents comme ça j'en voudrais pas. RIP Vincent...

Les derniers commentaires

  • Bellon le 25.05.2019 04:32 Report dénoncer ce commentaire

    Mimi

    Je suis horrifiée! Même si on peut comprendre les parents dans un premier temps, s'acharner ainsi, faire des vidéos en racontant n'importe quoi, relève de la monstruosité! S'aiment ils eux ou aiment ils leur fils! Quel dogme les manipule?

  • Prénom/Nom le 21.05.2019 14:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est reparti pour un tour

    Ils l'ont "rebranché", saperlipopette !!!

  • pily le 21.05.2019 01:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    demain les soins reprennent

    Il faut arrêter ce cirque, un coup c'est oui un coup c'est non, ras le bol de cette histoire

  • Libre ... le 20.05.2019 23:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Arrêtez d'être égoïste

    C'est de l'égoïsme pure. A un certain moment il ne faut pas penser à soit mais à celui qui souffre et accepter de le voir partir pour son bien. En agissant de la sorte il ne font que d'aggraver sa douleur. Qui aimerait se retrouver dans cet état ? Je me permet de parler car je l'ai vécu avec mon papa. Il m'a fallait beaucoup pour l'accepter mais dès le jour ou je l'ai regardé et j'ai dit « ok papa vas y je te laisse partir car peut importe où tu seras je t'aimerai » il a fait un gros souffle et à fermé les yeux. Arrêtez d'être égoïste et soyez fort pour lui

  • Albert le 20.05.2019 23:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vincent la victime

    le parquet de Paris vient d'ordonner la reprise de le maintenir en vie .. cette victime otages de ses parents sa famille des lois et de la religion sidérant ...