Genève

06 décembre 2018 21:40; Act: 06.12.2018 21:40 Print

Le processus sur le Sahara occidental relancé

Les Etats acteurs de ce conflit territorial entre l'Algérie et le Maroc ont relancé les négociations à Genève sur l'avenir de cette zone.

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Khatri Addouh, le leader de la délégation sahraouie et du Front Polisario, à Genève, ce 6 décembre 2018. (Photo: Keystone)

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L'autonomie. C'est la seule solution «crédible» qu'il reste pour l'avenir du Sahara occidental, aux yeux du Maroc, qui l'a dit ce jeudi à Genève à travers son ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita.

Dans leur communiqué final après deux jours de cette première réunion en six ans, le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario reconnaissent que la collaboration et l'intégration régionale, «pas la confrontation», «est le meilleur moyen de répondre aux nombreux défis» de la région. Toutes les parties prenantes étaient présentes pour la première fois.

«Je reste convaincu qu'une solution pacifique est possible», a dit devant la presse l'émissaire de l'ONU Horst Köhler. Il a vu «un premier pas, mais important, vers la reprise d'un processus politique». Selon l'ancien président allemand, «personne ne gagne au maintien de la situation actuelle» et «c'est dans l'intérêt de tous de trouver une solution».

Les discussions ont abouti à une «avancée» mais pas à une «percée», a dit de son côté Nasser Bourita. Il répète qu'un référendum ne fait plus partie des scénarios sur la table dans la résolution de l'ONU. Selon Rabat, son initiative d'autonomie lancée en 2007 reste «pragmatique» et «crédible».

Les dernières négociations directes s'étaient achevées en 2012 sur des divisions liées au statut du territoire et au corps électoral pour un référendum. Mardi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait appelé les parties à dialoguer «sans précondition».

Soutien algérien au Polisario

Soutenu par l'Algérie, le Front Polisario indépendantiste réclame un référendum d'autodétermination pour le Sahara occidental, une étendue désertique, seul territoire de l'Afrique au statut post-colonial non réglé.

Rabat avait pris dès 1975 le contrôle de la majeure partie du Sahara occidental au départ de la puissance coloniale espagnole. Le Polisario, qui luttait contre la domination espagnole, y a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique et combattu les troupes marocaines, jusqu'à un cessez-le-feu conclu en 1991 sous l'égide de l'ONU. L'émissaire de l'ONU, le Suisse Johannes Manz, avait ensuite démissionné pour protester contre les nouveaux critères pour le corps électoral.

Il y a quelques semaines, une membre du Comité suisse de soutien au peuple sahraoui avait souhaité à Genève que le droit international soit honoré. «Nous devrions repartir de cette situation qui est claire», a-t-elle dit. Un groupe de Genève de près de 180 ONG pour la protection des droits de l'homme au Sahara occidental s'est lui dit dans une lettre ouverte «inquiet» sur la volonté marocaine de discuter.

(nxp/ats)