Etats-Unis

29 janvier 2019 18:32; Act: 29.01.2019 18:32 Print

Le prof qui avait envoyé son CV à l'EI risque 20 ans

Un Américain de 34 ans capturé en Syrie, où il avait rejoint le groupe Etat islamique (EI), a été inculpé le week-end dernier par un tribunal texan, son Etat d'origine.

Sur ce sujet
Une faute?

Warren Christopher Clark, originaire de Sugar Land, près de Houston (Texas), fait partie des cinq étrangers dont les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé la capture le 7 janvier dernier dans l'est de la Syrie. Selon ces forces soutenues par la coalition internationale menée par les États-Unis, ils avaient rallié l'EI dans ce pays. Le professeur trentenaire a été transféré la semaine passée aux forces américaines déployées en Syrie et rapatrié jeudi à Houston, avant d'être présenté au tribunal de la ville. Il risque 20 ans de prison.

«Le bras de la justice américaine est long», a souligné le procureur, Ryan Patrick, cité dans le communiqué. «Le FBI continue de rechercher activement les individus qui tentent de rejoindre les rangs des combattants étrangers (de l'EI) ou d'apporter une assistance matérielle à d'autres organisations terroristes», a indiqué pour sa part un représentant de la police fédérale américaine, Perrye Turner.

«Au Texas, ils aiment exécuter des gens, aussi»

Warren Christopher Clark avait envoyé une lettre de motivation et un CV à l'EI pour prier l'organisation islamiste de lui confier un poste de professeur d'anglais à l'université de Mossoul, ville irakienne alors détenue par les jihadistes. Dans sa lettre, il expliquait postuler «à un poste pour enseigner l’anglais aux élèves de l’Etat islamique. Je suis né et j’ai grandi aux Etats-Unis et j’ai toujours aimé enseigner autant qu’apprendre des autres. J’ai surtout travaillé en anglais et je considère que travailler à l’université de Mossoul serait une très bonne manière de continuer ma carrière.»

Dans un entretien accordé à NBC avant son transfert vers les Etats-Unis, l'Américain avait indiqué qu'il était parti pour la Syrie en 2015 pour donner des cours d'anglais aux combattants de l'EI et qu'il n'avait jamais combattu. «Je voulais y aller pour voir exactement ce que c'était que ce groupe, et ce qu'ils faisaient», avait expliqué à la chaîne américaine celui qui se faisait appeler Abu Mohammed al-Ameriki. «Je suis des États-Unis, du Texas. Ils aiment exécuter des gens, aussi», avait-t-il justifié car l'État du sud des États-Unis applique toujours la peine capitale. «Donc je ne vois pas la différence. Ils le font peut-être hors caméra, mais c'est la même chose».

Les FDS détiennent plusieurs centaines de combattants étrangers venus du monde entier combattre aux côtés de l'EI et leur sort reste à régler avant le départ des 2000 soldats américains déployés dans le nord de la Syrie, décidé en décembre par le président Donald Trump.

(20 minutes/afp)