Crise en Grèce

16 juin 2011 22:13; Act: 16.06.2011 22:28 Print

Le remaniement reporté à vendredi

Le Premier ministre grec a annoncé à son groupe parlementaire socialiste qu'il reportait à vendredi matin son remaniement gouvernemental prévu jeudi.

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Le Premier ministre grec Georges Papandréou doit faire face à une grave crise. (Photo: Reuters)

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Le Premier ministre grec Georges Papandréou affrontait jeudi une crise au sein de son parti en raison de sa politique d'austérité, le jour où il tentait de remanier son gouvernement.
Le FMI a de son côté conditionné son aide à l'adoption des mesures d'économies promises par Athènes.

Après la démission de deux députés socialistes jeudi matin, trente-cinq autres élus du groupe majoritaire, critiques vis-à-vis du deuxième plan d'austérité imposé par les créanciers du pays, l'UE et FMI, ont demandé une réunion d'urgence de leur groupe.

«Moment dramatique»

M. Papandréou a cédé et convoqué le groupe parlementaire socialiste dans l'après-midi. Lors de la réunion, il a invité les députés de son groupe à l'unité et «à oeuvrer tous ensemble pour surmonter la crise» grecque et européenne à un «moment dramatique».

Le remaniement du gouvernement, initialement prévu dans la soirée de jeudi, a été remis à vendredi matin.

Contesté dans la rue

La principale interrogation jusqu'ici sur le nouveau gouvernement était le maintien ou non de l'actuel ministre des Finances Georges Papaconstantinou, bien considéré par les créanciers de la Grèce, mais conspué dans le pays.

M. Papaconstantinou est l'artisan du premier plan de redressement à la suite de négociations avec Bruxelles, Francfort et le FMI. Mais le prêt de 110 milliards d'euros mis sur pied en 2010, courant sur trois ans et accompagné d'un premier paquet d'austérité, s'est avéré insuffisant à ce jour pour permettre au pays de retrouver la confiance des marchés.

Le deuxième plan d'austérité est également vivement contesté dans la rue. Des milliers de personnes ont manifesté mercredi contre les économies supplémentaires prévues de 28 milliards d'euros d'ici 2015, via surtout des hausses d'impôts et des privatisations.

Le FMI conditionne son aide

De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué jeudi dans un communiqué qu'il conditionnait la poursuite de son aide à la Grèce à l'adoption des mesures de politique économique que lui a promises le gouvernement d'Athènes.

Le FMI a néanmoins dit être optimiste sur l'apport des financements prévus par les partenaires européens de la Grèce. «Les discussions en vue d'assurer un financement complet du programme progressent et nous anticipons une issue heureuse à ce sujet lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe», a-t-il expliqué.

Difficile consensus

Les ministres des Finances de la zone euro ont exigé de la Grèce une deuxième vague de rigueur avant de remettre la main au portefeuille, mais ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur les modalités de leur aide. Les responsables européens ont repoussé jeudi à mi-juillet au plus tôt la finalisation d'un nouveau plan d'aide financière.

En attendant, pour ne pas priver la Grèce de l'argent frais dont elle a besoin, les ministres devraient quand même donner leur feu vert, lors d'une rencontre à Luxembourg dimanche et lundi, au versement «début juillet» de la prochaine tranche de prêts prévue dans le cadre du premier plan d'aide, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Deuxième plan de soutien

Chaque versement est en effet conditionné à un examen scrupuleux de la situation de la Grèce. Et les ministres européens doivent encore accepter de débloquer début juillet la tranche de douze milliards d'euros promise par les Européens et le FMI.

Ils se pencheront ensuite, au plus tôt à mi-juillet à Bruxelles, sur les modalités du deuxième plan de soutien financier, qui complèterait ou se substituerait au premier, avec l'objectif de couvrir les besoins de la Grèce, sans doute jusqu'à fin 2014. Un chiffre tournant autour de 100 milliards d'euros est évoqué.

(ats/afp)