Sommet du G8

18 mai 2012 19:25; Act: 18.05.2012 23:10 Print

Le retrait «n'est pas négociable»

Le président français François Hollande a déclaré vendredi à Washington que sa décision de retirer les troupes françaises combattantes d'Afghanistan à la fin 2012 n'était «pas négociable».

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François Hollande et Barack Obama se sont entretenus vendredi à Washington. (Photo: AFP)

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«Le retrait n'est pas négociable. Le retrait des forces combattantes, c'est une décision de la France et cette décision sera appliquée», a assuré M. Hollande lors d'une conférence de presse.

«J'ai conscience que la France est dans une alliance, qu'elle est engagée dans les opérations depuis longtemps, donc elle doit faire ses choix en bonne intelligence, en bonne association avec ses alliés et notamment nos partenaires américains», a-t-il ajouté.

«Sur la zone de Kapisa (une province au nord-est de Kaboul sous contrôle militaire français), les troupes afghanes vont prendre le relais des troupes françaises, permettant ainsi le retrait, j'en ai eu confirmation à la suite d'une conversation téléphonique avec le président (afghan Hamid) Karzaï», a insisté le chef de l'Etat français.

«Au-delà de la fin 2012, les effectifs résiduels seront simplement affectés à la logistique pour rapatrier nos matériels (...) mais sous la protection des forces de l'Otan», a poursuivi M. Hollande.

Le président français a également précisé que le traité franco-afghan signé début 2012 par son prédécesseur Nicolas Sarkozy serait «ratifié» et ses dispositions prévoyant un soutien à la formation des forces de police et de sécurité afghanes honorées.

«Les missions de formation, notamment pour la police et pour l'armée afghanes, ces missions-là aussi seront conduites dans le cadre de l'Otan, il n'y a pas de contrepartie, cela fait suite à ce que la France et l'Afghanistan ont déjà signé», a-t-il expliqué.

Menu à la grecque

La situation politique et financière de la Grèce sera «nécessairement» au menu du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays du G8 qui s'ouvre vendredi soir à Camp David (Etats-Unis), a estimé le président français François Hollande.
«Il y aura nécessairement une réunion là-dessus», a répondu M. Hollande lors d'une conférence de presse à Washington, interrogé sur une rencontre des membres européens du G8 (Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie).

«Ce sera le même esprit (que sa rencontre dans la matinée avec le président Barack Obama, ndlr), c'est-à-dire d'affirmer notre volonté et d'envoyer tous les signaux pour encourager cette position, cette décision, cette volonté de garder la Grèce dans la zone euro», a-t-il ajouté.

«Nous avons Mme (la chancelière allemande Angela) Merkel et moi-même affirmé notre souhait que la Grèce soit toujours dans la zone euro et nous devrons tout faire pour permettre que l'Europe envoie des signaux vers la Grèce pour lui dire l'importance que nous attachons à sa participation à la zone euro», a poursuivi François Hollande.

«Je pense traduire la pensée du président américain pour dire que nous, collectivement, et nous le réaffirmerons au G8, en tout cas je le ferai, nous devons tout faire pour que les Grecs puissent rester dans la zone euro et pour que nous puissions leur apporter, en matière de croissance, d'activité d'investissement, le soutien indispensable», a-t-il insisté.


Hollande et Obama ensemble pour la croissance

«La croissance doit être une priorité (...) Sur la croissance, le président Obama a pu marquer une convergence», a déclaré devant la presse le président Hollande, en soulignant que les deux hommes avaient «la même conviction que la Grèce doit rester dans la zone euro».

De son côté, M. Obama a indiqué devant son homologue que le sommet du G8 prévu dans la soirée à Camp David, près de Washington, allait évoquer des moyens énergiques pour soutenir la croissance dans le monde.

Les Américains «chérissent profondément» leur relation avec la France, a par ailleurs déclaré M. Obama à son hôte, tandis que M. Hollande a estimé «très important que je puisse affirmer l'importance que joue la relation entre la France et les Etats-Unis». «Entre la France et les Etats-Unis, il y a des causes que nous partageons», a-t-il dit.

Le président français était arrivé peu avant à Washington pour sa première visite aux Etats-Unis depuis son entrée en fonctions mardi. Un haut responsable américain a précisé que les entretiens avaient commencé avec un léger retard à 11H17 locales (15H17 GMT), directement après l'arrivée de M. Hollande à l'aéroport Dulles de Washington.

M. Hollande doit réfléchir au rôle de la France dans l'Otan

Jim Townsend, sous-secrétaire américain à la défense chargé de l'Otan, estime que François Hollande «va devoir réfléchir au rôle qu'il veut voir jouer par la France dans l'Otan», avant d'annoncer le retrait anticipé des troupes françaises d'Afghanistan.

«Celui qui devient président doit confronter ses promesses à la réalité», déclare M. Townsend dans une interview au Figaro de samedi, à propos de la décision du nouveau chef de l'Etat de retirer d'ici fin 2012 les «troupes combattantes» françaises, soit 18 mois avant le calendrier fixé par l'Otan.

Selon le responsable américain, «l'Afghanistan sera bien sûr le gros sujet» du sommet de l'Otan, dimanche et lundi à Chicago, mais «il ne s'agit pas de retrait, il s'agit de réaliser la transition de notre mission à l'armée afghane».

Un message que l'Alliance atlantique souhaite faire passer est le suivant, souligne-t-il: «Nous sommes entrés ensemble, nous devons sortir ensemble».

Le président Hollande «va devoir réfléchir au rôle qu'il veut voir jouer par la France dans l'Otan, à la manière dont il veut que ses alliés le perçoivent et perçoivent le rôle de la France en Afghanistan», déclare M. Townsend.

«L'investissement que les Français ont fait là-bas a été très important (...). Il est absolument crucial de s'assurer que le passage de témoin se passe bien et que les Afghans seront prêts en 2014», poursuit-il.

Dépendance à la France

«M. Hollande va réaliser tout ce qui a été fait par la France et à quel point nous dépendons de la France pour le succès de l'Alliance. Nous espérons qu'il comprendra que le message que doit envoyer Chicago est capital pour l'Otan», conclut-il.

La France compte environ 3550 militaires déployés en Afghanistan au sein de la force internationale (Isaf) d'environ 130'000 hommes, dont 90'000 Américains.

Taxer Wall Street

Des centaines de manifestants ont appelé vendredi dans les rues de Chicago à «faire payer Wall Street» en appliquant une taxe sur les transactions financières, 48 heures avant le début du sommet de l'Otan organisé dans la métropole américaine.

«L'Otan est là, il est l'heure de danser dans les rues!», se sont exclamés les protestataires, des infirmières regroupées au sein d'une association et portant tee-shirt rouge et chapeau de Robin des Bois, une référence à la «Taxe Robin des Bois» qu'elles souhaitent voir appliquée. «Il est l'heure de faire payer Wall Street», ont encore lancé les manifestantes.

Selon le site www.taxerobindesbois.org, l'objectif du mouvement est de mettre en place «une minuscule taxe sur la finance mondiale (qui) pourrait générer des revenus colossaux pour lutter contre la pauvreté, contre le changement climatique, contre des maladies qui tuent chaque année des millions de personnes alors qu'on sait comment les soigner».

Les infirmières et une centaine d'autres groupes comptent se servir du sommet de l'Otan pour faire entendre leurs revendications portant, pour la plupart, sur la justice sociale.

(afp)