Syrie

16 février 2019 13:24; Act: 16.02.2019 13:56 Print

Retrait des troupe US: une aubaine pour l'Iran ?

En se retirant de la Syrie, les Etats-Unis favoriseraient la Russie et l'Iran, ses ennemis jurés.

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La chancelière allemande Angela Merkel (droite) a prévenu le vice-président Mike Pence des risques d'un retrait.

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Le retrait des troupes américaines de Syrie risque paradoxalement de renforcer dans ce pays l'influence de la Russie et de l'Iran, l'ennemi juré de Washington, a averti samedi la chancelière allemande Angela Merkel. Les Etats-Unis assurent qu'ils resteront présents dans la région.

«Est-ce une bonne idée pour les Américains de se retirer soudainement et rapidement de Syrie? Cela ne renforcera-t-il pas encore la capacité de l'Iran et de la Russie d'exercer leur influence?», s'est-elle interrogée à la Conférence sur la sécurité de Munich.

Le départ des 2000 soldats américains de Syrie devrait intervenir dans les prochaines semaines. Mais les Etats-Unis garderont une forte présence dans la région et «continueront de traquer les vestiges de l'EI, partout et à chaque fois qu'ils sortiront leur sale tête», a assuré samedi à Munich le vice-président américain Mike Pence, sans pour autant répondre aux critiques d'Angela Merkel.

Incohérences

Tout en promettant de poursuivre des opérations antiterroristes, Washington demande à ses alliés au sein de la coalition internationale anti-EI de constituer une «force d'observateurs» dans le nord-est syrien pour garantir la sécurité des alliés kurdes syriens, qui ont mené au sol les combats contre les djihadistes en Syrie et sont menacés par Ankara. La proposition américaine a toutefois reçu une fin de non-recevoir de la part des membres de la coalition, dont Paris et Berlin.

Avant Mme Merkel, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait déjà critiqué vendredi à Munich les incohérences du retrait américain de Syrie qui «risqu(ait) de favoriser» l'Iran.

«Comment est-ce que l'on peut être très ferme à l'égard de l'Iran et en même temps abandonner le nord-est de la Syrie alors que l'on sait très bien que la fin de l'histoire risque d'être de favoriser la présence iranienne dans la zone?», a-t-il demandé avant de conclure: «Pour moi c'est un mystère».

Téhéran le plus grand danger

Le vice-président américain Mike Pence a de nouveau qualifié l'Iran «de plus grand danger» dans la région, lui reprochant de préparer «un nouvel Holocauste» en raison de ses ambitions régionales, propos qu'il avait déjà tenu à Varsovie cette semaine.

Et il a de nouveau sommé les Européens de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, que Washington a quitté en 2018.Un appel d'ores et déjà rejeté vendredi par le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. Pour les Européens, l'Iran respecte cet accord qui garantit une levée de sanctions économiques en échange d'un engagement à se limiter strictement à développer une industrie nucléaire civile.

(nxp/ats)