Séisme au Japon

12 mars 2011 08:23; Act: 12.03.2011 23:00 Print

Le risque d'accident nucléaire menace

Une explosion a été entendue samedi matin à la centrale nucléaire de Fukushima N°1. Des «super pompiers» ont été envoyés sur place.

Sur ce sujet
Une faute?

Les craintes d'un accident nucléaire majeur étaient vives après une explosion samedi dans une centrale nucléaire à 250 km de Tokyo, à la suite du très fort séisme et du tsunami de vendredi. Cette catastophe a fait plus de 1800 tués et disparus au Japon, selon des chiffres officiels.

Ce bilan pourrait toutefois s'alourdir, la préfecture de Miyagi, dans le nord-est, étant sans nouvelles d'environ 10'000 des 17'000 habitants de Minamisanriku, d'après la chaîne de télévision NHK.

«C'est le plus important séisme depuis l'ère Meiji (1868 à 1912) et l'on pense que plus de 1000 personnes y ont laissé la vie», a reconnu le gouvernement, au lendemain du tremblement de terre de magnitude 8,9 intervenu au large des côtes du nord-est et suivi d'un tsunami.

Une catastrophe qualifiée de «désastre national sans précédent» par le Premier ministre Naoto Kan.

Blessés à Fukushima

L'armée a de son côté découvert de 300 à 400 corps dans le port de Rikuzentakata.

De plus, entre 200 et 300 cadavres ont été retrouvés sur une plage de Sendai (préfecture de Miyagi) après le passage d'une vague de plus de 10 mètres de haut.

A la centrale de Fukushima numéro 1, également dans le nord-est, une explosion a eu lieu samedi à 15h36 (07h36 en Suisse), faisant, selon la télévision publique NHK, quatre blessés légers parmi les employés.

L'accident a été évalué au niveau 4 sur l'échelle des événements nucléaires et radiologiques (INES), soit moins qu'en 1979 à Three Mile Island et qu'en 1986 à Tchernobyl, a dit l'Agence japonaise de sécurité nucléaire et industrielle.

Demande lancée

Le Premier ministre a ordonné l'évacuation des habitants dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale, tout en appelant la population locale à garder son calme.

Sur place, dans les localités dévastées le long de la côte Pacifique, un calme étrange régnait samedi.

Tokyo a demandé à la Russie d'augmenter ses livraisons énergétiques au Japon, a déclaré samedi le vice-Premier ministre russe Igor Setchine.

A propos de la situation à la centrale de Fukushima numéro 1, le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, s'est lui voulu rassurant. Citant l'exploitant, Tokyo Electric Power (Tepco), il a dit que le caisson du réacteur n'avait pas subi de dégâts et que les radiations avaient par la suite diminué.

Mesure évoquée

L'Agence japonaise de sécurité nucléaire et industrielle a jugé peu probable que le caisson eût été gravement endommagé, après avoir d'abord averti qu'une fusion pourrait être en cours dans le réacteur.

Du césium radioactif a été détecté aux alentours de la centrale, ce qui atteste généralement qu'un tel phénomène est en train d'avoir lieu, a noté un expert.

Selon l'agence Kyodo, la radioactivité reçue en une heure par une personne se trouvant sur le site correspond à la limite de radioactivité à ne pas dépasser annuellement.

Le système de refroidissement d'urgence du réacteur numéro 3 de la centrale nucléaire est en panne, a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche l'agence de sécurité atomique et industirelle. Selon l'agence, il se peut qu'au moins neuf personnes aient été irradiées dans les installations nucléaires de Fukushima.

Et La radioactivité au césium mesurée à Fukushima laisse penser que du combustible a fondu dans le réacteur numéro 1 de la centrale de Daiichi, a-t-elle ajouté.

Suggestion

Même si la centrale atomique commençait à émettre une grande quantité de radiations, la Suisse ne serait pas menacée, selon Christian Fuchs, porte-parole de la Centrale nationale d'alarme (CENAL). Le Japon est beaucoup trop loin pour qu'un tel danger soit réel.

Contrairement aux gouvernements allemand et autrichien, le Conseil fédéral n'a pas organisé de séance de crise sur cette question, a indiqué samedi à l'ATS son porte-parole, André Simonazzi.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) n'a pas connaissance de Suisses disparus. Deux tiers des quelque 1890 Suisses enregistrés au Japon ont pu être contactés, a indiqué samedi soir à l'ATS un porte-parole du DFAE.

Dans le même temps, quelque 50'000 soldats et sauveteurs, avec 190 avions et des dizaines de navires étaient acheminés dans les zones sinistrées de la façade Pacifique.

Selon la police, plus de 215'000 personnes ont été évacuées vers des abris dans le Nord et l'Est, et, d'après l'agence Kyodo, plus de 3400 habitations ont été détruites.

Coupure d'électricité

Au moins 5,6 millions de foyers restaient privés d'électricité et la compagnie Tepco a averti d'un risque d'interruption de l'alimentation en électricité à Tokyo. Un million de foyers restaient sans eau potable.

Les premières équipes de secours envoyées par l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, la Suisse, la France, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis étaient attendues au Japon.

De l'autre côté du Pacifique, un homme de 25 ans s'est noyé vendredi soir en Californie, emporté par une vague provoquée par le tsunami.


(ats/ap/afp)