Canada

19 octobre 2019 19:52; Act: 19.10.2019 20:15 Print

Le rival conservateur de Trudeau dans l'embarras

Andrew Scheer fait face à un potentiel scandale. Son parti aurait secrètement cherché à salir une formation rivale sur les réseaux sociaux.

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Les révélations tombent au plus mauvais moment pour le leader conservateur Andrew Scheer. (Photo: Keystone)

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Le leader conservateur Andrew Scheer, qui veut remplacer Justin Trudeau à la tête du Canada, s'est retrouvé dans l'embarras samedi, à deux jours des élections législatives, à la suite d'informations selon lesquelles son parti aurait secrètement cherché à salir une formation rivale.

Bombardé de questions par la presse sur cette information, M. Scheer, qui n'a cessé pendant la campagne de traiter M. Trudeau de «menteur» et de l'accuser de manquer de transparence, a refusé de confirmer ou de démentir, se contentant de répéter que le Parti conservateur ne faisait «pas de commentaires sur ses fournisseurs éventuels».

«Est-ce une règle que vous venez d'inventer?», lui a lancé une journaliste après avoir obtenu la même réponse pour la huitième fois.

Selon une information du quotidien «Globe and Mail», confirmée par d'autres médias, le Parti conservateur aurait commandé à une entreprise de communications une campagne sur les réseaux sociaux visant à présenter comme «racistes» les membres du Parti populaire du Canada (PPC).

«Abasourdi et choqué»

Petite formation fondée par Maxime Bernier, un dissident du Parti conservateur, le PPC se situe à la droite du Parti conservateur et pourrait lui prendre des votes lundi.

M. Bernier s'est dit dans un tweet «abasourdi et choqué» d'apprendre qu'Andrew Scheer et son parti avaient «payé des salisseurs professionnels pour discréditer notre parti».

Le chef du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) Jagmeet Singh, troisième dans les sondages, a estimé que les «Canadiens avaient droit à de la transparence» et que M. Scheer devait répondre aux questions sur ce point.

Andrew Scheer s'est aussi retrouvé samedi sur la défensive lors d'une conférence de presse, peinant à expliquer pourquoi il avait lancé ces derniers jours des accusations parfois inexactes ou au moins non étayées contre le Premier ministre sortant.

Il a ainsi accusé M. Trudeau de vouloir s'accrocher au pouvoir en formant une coalition avec le NPD, qui pourrait être le «faiseur de roi» si aucun des deux principaux partis --les libéraux et les conservateurs actuellement au coude-à-coude-- n'obtient de majorité absolue lundi, ce que prévoient tous les sondages.

M. Scheer a répété samedi qu'une telle coalition --démentie par les deux intéressés-- entraînerait des hausses d'impôts et de taxes qui ne figurent pas dans le programme du parti libéral de M. Trudeau.

(nxp/afp)