Espagne

02 juin 2014 10:40; Act: 02.06.2014 18:45 Print

Le roi Juan Carlos quitte le pouvoir

A 76 ans, le roi d'Espagne abdique, a annoncé lundi le Premier ministre Mariano Rajoy. Il le fait au profit de son fils, le prince Felipe.

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19.06 Felipe VI est devenu à minuit roi d'Espagne et prêtera serment jeudi, succédant à son père, Juan Carlos, qui a signé mercredi son abdication, très ému lors d'une cérémonie solennelle, après 39 ans de règne. 18.06 Le roi d'Espagne a signé mercredi la loi permettant son abdication, passant ainsi le relais à son fils, qui deviendra, à minuit, le roi Felipe VI et prêtera serment jeudi. 17.06 Le Sénat espagnol a approuvé mardi à une écrasante majorité l'abdication du roi Juan Carlos, comme le Congrès des députés avant lui, ouvrant la voie à l'intronisation de son fils Felipe prévue jeudi. 11.06 Les députés espagnols s'apprêtent à donner mercredi leur feu vert à l'abdication du roi Juan Carlos (photo), ouvrant la voie, malgré les appels à un référendum, à l'avènement du futur souverain, Felipe VI. 07.06 Des milliers de personnes ont envahi les rues de Madrid samedi, pour protester contre la monarchie, qui «ne sert à rien». 07.06 Des dizaines de partis politiques de gauche et organisations citoyennes ont appelé à de nouvelles manifestations, réclamant «Un référendum Maintenant». 07.06 Des manifestants se sont dénudés pour mieux se faire entendre. 07.06 02.06 «L'Espagne, demain, sera républicaine», criaient les manifestants, portant des pancartes réclamant un référendum sur l'abolition de la monarchie. Lundi soir, des milliers de personnes, agitant le drapeau rouge, or et violet de la seconde république, proclamée en 1931 et balayée par la dictature en 1939, ont manifesté dans les rues des grandes villes d'Espagne. Le prince héritier Felipe d'Espagne (à g.) et le roi d'Espagne Juan Carlos. Une photo prise dans les années 1960, qui montre Juan Carlos, alors prince d'Espagne et son épouse, la princesse Sofia de Grèce. Sur ce cliché datant du 22 juillet 1969, on peut voir le général Francisco Franco (à dr.) à côté de son successeur, le prince Juan Carlos, à Madrid. Juan Carlos avec Nicolas Sarkozy, avant un meeting à Madrid, le 27 mai dernier. Juan Carlos passe ses troupes en revue, lors d'une visite à la base aérienne militaire de Saragosse, en octobre 2008. Une photo prise le 22 mai 2004, montrant Juan Carlos d'Espagne et son épouse la reine Sofia d'Espagne saluant la foule depuis le balcon de l'Oriental Palace de Madrid, après le mariage du prince Felipe d'Espagne et de Letizia Ortiz. Une photo prise le 22 mai 2004, montrant (de gauche à droite) Juan Carlos d'Espagne, la princesse des Asturies Letizia Ortiz, son mari le prince héritier Felipe de Bourbon, à côté de sa mère, la reine Sofia d'Espagne, saluant la foule depuis le balcon du Palais Oriental de Madrid après le mariage du prince Felipe d'Espagne et de Letizia Ortiz. Le roi et la reine d'Espagne avec le pape, lors de leur visite au Vatican, le 27 avril dernier. Descendant de la maison des Bourbon, né le 5 janvier 1938 à Rome, Juan Carlos Alfonso Victor Maria de Borbon y Borbon est le petit-fils du roi Alphonse XIII, parti en exil avec sa famille après l'instauration de la IIe République, en 1931. Don Juan, le père de Juan Carlos (ici à gauche, au côté de son fils Felipe) était l'héritier direct mais il n'a jamais régné, mis à l'écart par Franco pour ses idées jugées trop libérales. Le dictateur qui avait combattu dans le sang les forces républicaines, choisira le fils de don Juan pour lui succéder à la tête de l'Etat. Très vite après son arrivée sur le trône, Juan Carlos s'affranchit du lourd héritage franquiste et amorce le virage de la transition après quatre décennies de dictature (1939-75) et de Guerre civile (1936-39). Juan Carlos définira lui-même sa «mission»: «L'idée maîtresse de ma politique était de parvenir à ce que plus jamais les Espagnols ne se divisent entre vainqueurs et vaincus.» Contrariant les attentes des nostalgiques de Franco, il légalise rapidement les partis politiques, désigne un chef de gouvernement - le futur centriste Adolfo Suarez - qu'il charge d'organiser des élections, fait approuver par référendum une nouvelle Constitution en 1978, conduisant le pays sur le chemin de la démocratie jusqu'à cette nuit historique du 23 février 1981. Le roi Juan Carlos a vu sa popularité sombrer sous les scandales qui ont entaché ses dernières années de règne, jusqu'à l'annonce lundi de son abdication. Le roi de 76 ans avait stupéfait le pays, le 18 avril 2012, en apparaissant la mine défaite face aux médias dans un couloir d'une clinique madrilène, avant de prononcer ces excuses historiques: «Je regrette beaucoup. Je me suis trompé et cela ne se reproduira pas.» Quelques jours auparavant, la tempête avait fait rage autour d'une coûteuse partie de chasse à l'éléphant au Botswana, après laquelle le souverain avait dû être rapatrié pour une fracture à la hanche, un scandale que l'Espagne, plongée dans une crise économique d'une ampleur historique, ne lui a pas pardonné.

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Une faute?

Le roi d'Espagne Juan Carlos a surpris lundi en annonçant qu'il abdiquait au profit de son fils, le prince Felipe. Ce dernier devra revigorer une monarchie discréditée par de récents scandales et convaincre ses futurs sujets confrontés à la crise et au chômage.

Le prince des Asturies, 46 ans, sera roi d'Espagne sous le nom de Felipe VI. Avec la future reine, la princesse Letizia, il devra prouver sa légitimité au pays. Le couple à deux filles: Leonor, qui va devenir l'héritière de la couronne d'Espagne, et Sofia.

Felipe représente de plus en plus souvent son père dans les cérémonies officielles. La Maison royale met en avant l'image préservée du futur souverain, longuement préparé au métier de roi, parlant couramment l'anglais et plusieurs autres langues.

Il a «la maturité, la préparation et le sens de la responsabilité nécessaires», a assuré son père Juan Carlos. Il s'est exprimé lundi lors d'une allocution télévisée.

Le visage grave, le monarque de 76 ans a également exprimé toute sa «gratitude» au peuple espagnol. Durant cette émission, il a révélé qu'en janvier il avait «estimé que le moment était venu de préparer la relève».

Il a aussi évoqué la soif «en nous d'un élan de renouveau, de dépassement, de correction des erreurs (...) Une nouvelle génération réclame à juste titre de jouer un rôle de premier plan», a déclaré Juan Carlos qui aura été durant près 39 ans roi d'Espagne.

Conseil des ministres

Dans une lettre, le roi avait informé auparavant le chef du gouvernement Mariano Rajoy de sa décision. Ce dernier a donc convoqué pour mardi un conseil des ministres extraordinaire car l'abdication implique d'approuver «une loi organique», a-t-il expliqué.

«J'espère que dans un délai très court, la Chambre des députés pourra approuver la nomination en tant que roi» du prince Felipe, a ajouté M. Rajoy. Et d'ajouter ce commentaire: le roi Juan Carlos «fut le plus grand promoteur de notre démocratie».

Il s'est dit «convaincu que c'est le meilleur moment pour un changement», alors que le sentiment anti-monarchique progresse dans le pays. Les partis de gauche et opposés aux élites ont obtenu des scores prometteurs aux élections européennes du 25 mai.

Quelques scandales

Juan Carlos est monté sur le trône à 37 ans, au décès du dictateur Francisco Franco en novembre 1975. Ce dernier l'avait désigné comme son dauphin. Le roi a construit sa popularité en menant la transition de l'Espagne vers la démocratie. Sa fin de règne a toutefois été marquée par quelques scandales.

D'abord le scandale judiciaire qui frappe sa fille cadette, Cristina, 48 ans, mise en examen pour fraude fiscale et blanchiment d'argent. Son gendre, Iñaki Urdangarin, est soupçonné de corruption: la justice lui reproche d'avoir détourné six millions d'euros (plus de 7,3 millions de francs) par le biais de sa fondation.

Chasse à l'éléphant

Autre scandale: la luxueuse partie de chasse à l'éléphant du printemps 2012 au Botswana qui serait restée secrète si le roi n'avait pas été rapatrié d'urgence après une chute. Ce safari avait choqué les Espagnols plongés dans la crise.

Par ailleurs, le roi a eu de multiples ennuis de santé. Juan Carlos a subi plusieurs opérations ces dernières années. Il a eu des difficultés à s'exprimer lors d'un important discours cette année.

Tentative de coup d'Etat

Juan Carlos a passé une partie de son enfance à Fribourg et à Lausanne. Le 23 février 1981, le jeune monarque avait marqué ses sujets en déjouant une tentative de coup d'Etat. Dans un message télévisé, il avait ordonné aux officiers putschistes de la Garde civile qui occupaient alors le Parlement de rentrer dans leurs casernes.

Pendant des années, les manières simples de cet homme réputé proche de son peuple lui ont valu l'affection des Espagnols. Le roi a aussi été un grand sportif, appréciant notamment la voile.

Décrit comme «un ambassadeur de luxe pour l'Espagne» grâce à de bonnes relations avec maints dirigeants, le roi s'était encore rendu à la mi-mai en Arabie saoudite pour y rencontrer des responsables dans le but de favoriser les relations commerciales entre les deux pays.

(ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Silversoul le 02.06.2014 14:05 Report dénoncer ce commentaire

    Indigne

    ces "monarques" grands guignolesques venus de autre âge n'ont aucune légitimité, car dieu n'existe pas...

  • ouin-ouin le 02.06.2014 12:38 Report dénoncer ce commentaire

    M'enfin

    Roi et Reine, cela veut dire quoi dans une démocratie au 20ème siècle. autant abolir tout ceci ...

  • Queen_ le 02.06.2014 18:46 Report dénoncer ce commentaire

    Au tour de qui ?

    Si ça pouvait donner des idées à Sepp Blatter...

Les derniers commentaires

  • Verdasco_II le 02.06.2014 18:52 Report dénoncer ce commentaire

    Nadal Ier

    Je propose de le remplacer par Nadal. Nadal Ier, roi d'Espagne, ça aurait de la gueule !

  • Queen_ le 02.06.2014 18:46 Report dénoncer ce commentaire

    Au tour de qui ?

    Si ça pouvait donner des idées à Sepp Blatter...

  • svizzer le 02.06.2014 18:41 Report dénoncer ce commentaire

    Le Coq est Roi sur son fumier

    Le célibataire vit comme un roi et meurt comme un chien, l'homme marié lui vit comme un chien et meurt comme un roi . Un mendiant bien portant est plus heureux qu'un roi malade !

  • Maya le 02.06.2014 17:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une grande reine

    Et la reine une femme extraordinaire. Jamais un faux pas ça a été une très grande reine! Elle a tant fait pour les espagnols. Une femme simple avec des valeurs qui n'esistent plus. Tout le monde l'adore! Chapeau bas.

  • Mayka le 02.06.2014 16:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    .....

    C'est notre roi et il a beaucoup fait pour l'Espagne et partout il voyage pour le bien de notre pays. C'est une famille simple et contrairement aux autres monarchies leurs enfants travaillent comme tout le monde! Alors vos critiques gardez les vous ne savez pas de quoi vous parlez. Son fils a été préparé dès son premier âge et il est très responsable. On adore notre famille royale. VIVA ESPAÑA VIVA EL REY!!!

    • Ivan le 02.06.2014 18:09 Report dénoncer ce commentaire

      Euh...

      Je pense que tu généralises énormément en disant qu'on adore notre famille royale. La seule chose notable que la monarchie ait faite en Espagne c'est le 23 F. De plus, si bien c'est vrai que Cristina "travaille", c'est bien une partie du budget de l'état qui est attribué à la famille royale (EUR 8'264'268 en 2012). Je pense qu'il est temps de changer de système en Espagne et d'éliminer la monarchie, qui n'a plus d'utilité une fois la transition espagnole accomplie.