Jordanie

01 février 2011 20:20; Act: 01.02.2011 20:36 Print

Le roi nomme un nouveau Premier ministre

Le roi Abdallah II de Jordanie a nommé Maarouf Bakhit pour remplacer Samir Rifaï à la tête du gouvernement, après plusieurs manifestations.

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Le nouveau Premier ministre a été chargé de mener de «réelles réformes politiques». Mais l'opposition a jugé ce changement insuffisant.

Le roi a demandé à M. Bakhit, un ancien Premier ministre (2005- 2007), «de prendre des mesures rapides et claires pour des réformes politiques réelles qui reflètent notre vision pour des réformes générales modernes soutenant notre action en faveur de la démocratie», dans sa lettre de désignation, selon le palais royal.

«Nous voulons des réformes qui ouvrent la voie à notre peuple vers de larges opportunités et une vie décente qu'il mérite», a ajouté le roi.

Des islamistes ont aussitôt dénoncé la nomination de M. Bakhit. Son gouvernement avait supervisé en 2007 des élections locales et législatives, marquées selon eux par des fraudes qui les avaient privés d'une grande partie des sièges qu'ils espéraient remporter.

«Ce n'est pas un pas dans la bonne direction et cela ne traduit aucune intention de procéder à de véritables réformes politiques ou de donner suite aux aspirations du peuple qui réclame davantage de libertés politiques», a déploré le cheikh Hamza Mansour, dirigeant du Front d'action islamique (FAI), proche des Frères musulmans.

Profonde récession

A l'instar de la contestation qui a eu raison du régime de Zine Ben Ali en Tunisie à la mi-janvier et fait vaciller Hosni Moubarak en Egypte, la Jordanie est aux prises avec l'une des pires récessions économiques de son histoire et traverse une période de tensions politiques.

Face à la flambée des prix des denrées de base, le Premier ministre Samir Rifaï avait annoncé il y a deux semaines des hausses de salaires dans la fonction publique et l'armée. Cette mesure n'avait toutefois pas calmé la colère de la population.

Samedi, 200 Jordaniens s'étaient de nouveau rassemblés devant les bureaux du gouvernement pour exiger sa démission et réclamer des mesures contre la pauvreté et la corruption.

Des réformes, pas un changement de régime


Le Front de l'Action islamique (FAI), principal parti d'opposition en Jordanie avait souligné lundi que, contrairement à l'Egypte, l'opposition n'appelle pas à un changement de régime dans le royaume, mais demande des réformes politiques.

Divers groupes aussi bien islamistes que libéraux ont réclamé des réformes constitutionnelles pour réduire les pouvoirs du roi qui nomme les gouvernements, approuve les lois et peut dissoudre le Parlement.

(ats)