Affaire Grégory

02 septembre 2019 22:07; Act: 02.09.2019 22:23 Print

Le sexagénaire souhaitait avoir «une explication»

L'homme qui a reconnu être derrière les récents appels téléphoniques malveillants au couple Jacob souhaitait avoir «une explication».

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La cour d'appel de Paris a annulé jeudi la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans l'enquête sur la mort du petit Grégory. (16 janvier 2020) La Cour de cassation a reconnu mardi que la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans le cadre de l'affaire Grégory a été effectuée en application de dispositions «inconstitutionnelles». La cour d'appel de Paris de réexaminer la question de son annulation. Ici sur la photo, Murielle Bolle arrive au au palais de Justice de Dijon en 1996. Le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, a demandé l'ouverture d'une enquête préliminaire après reçu une lettre anonyme. (Lundi 26 février 2018) Murielle Bolle, témoin clé, a été inculpée jeudi pour «enlèvement», a annoncé son avocat Jean-Paul Teissonnière (ici à l'image). (Jeudi 29 juin 2017) Nouveau rebondissement dans l'affaire Gregory. Les enquêteurs français ont interpellé mercredi Murielle Bolle, témoin-clé qui avait déclaré en 1984 avoir assisté à l'enlèvement de l'enfant. Celle-ci s'était rétractée par la suite. (28 juin 2017) Jean-Marie Villemin, son épouse Christine et un portrait de leur fils, en novembre 1984. Il a été reçu à Dijon par le magistrat chargé de l'enquête «pour aborder avec lui le dossier». (Jeudi 15 juin 2017) Rebondissement dans l'Affaire Grégory. Selon plusieurs médias, trois personnes ont été placées en garde à vue. Et cela plus de 32 ans après l'assassinat de Grégory Villemin, alors âgé de 4 ans. (Mercredi 14 juin 2017) Grégory Villemin a été retrouvé pieds et poings liés dans les eaux froides de la rivière la Vologne le 16 octobre 1984. (photo non datée) L'affaire avait été relancée en 1999, puis en 2008, pour tenter de confondre d'hypothétiques traces d'ADN sur les scellés. Certains mélanges génétiques ont pu être isolés (Ici, les avocats des parents de Grégory, en octobre 2009). Les analyses n'ont rien donné. Christine et Jean-Marie Villemin, les parents du petit garçon, suivent son cercueil lors de ses obsèques le 20 octobre 1984 à Lépanges-sur-Vologne. (20 octobre 1984) Christine Villemin, la mère du petit Grégory est inculpée d'assassinat sur son propre fils. Elle est entendue au tribunal d'Epinal. (12 juillet 1985). Elle sera totalement innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant pour 'absence totale de charges', formule inédite aux accents d'excuse et d'aveu d'erreur judiciaire. Des journalistes sont présents lors de la reconstitution de l'assassinat de Bernard Laroche par Jean-Marie Villemin, père de Grégory. (20 juin 1985) Jean-Marie Villemin est arrêté pour le meurtre de son cousin Bernard Laroche, le 29 mars 1985. Mais en juillet 1985, le juge opère un spectaculaire revirement: il porte ses soupçons vers Christine Villemin, la propre mère de l'enfant, aussitôt décrite dans certains médias comme une 'ogresse perverse' ou une 'sorcière démoniaque'. Bernard Laroche, un cousin du père de Grégory, dont il jalouse la réussite, est d'abord soupçonné: inculpé d'assassinat, un temps incarcéré, il est cependant remis en liberté le 4 février 1985 (ici le jour de sa libération). Convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin l'abat d'un coup de fusil de chasse. Il sera condamné pour ce meurtre à 4 ans de prison en 1993. La lettre d'un 'corbeau' anonyme revendiquant le meurtre en invoquant une 'vengeance', apparemment postée à l'heure où le corps n'avait pas encore été retrouvé, donne d'emblée à cet horrible fait-divers une dimension mystérieuse. Ici, les parents de Grégory vont reconnaitre le corps de leur fils. (18 octobre 1984) Les investigations des gendarmes sont suivies pas à pas, certains journalistes n'hésitant pas à se faire passer pour eux auprès des proches de la famille ou à payer des témoins, des photographes se livrant à des mises en scène morbides sur la tombe de l'enfant. Ici, les parents de Grégory quittent le Palais de Justice d'Epinal. (27 octobre 1984) De nombreux journalistes assistent à la reconstitution de l'assassinat de Grégory. (30 octobre 1984)

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Une faute?

Un homme a reconnu lors de son audition avoir téléphoné anonymement au domicile de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grande-tante de Grégory Villemin, pour avoir «une explication», a-t-on appris lundi auprès du parquet.

L'homme, âgé de 60 ans et résidant dans les Côtes-d'Armor avait été entendu vendredi par les gendarmes de Saint-Brieuc «sous le régime de l'audition libre», a rappelé le procureur de la République à Epinal, Nicolas Heitz.

Le sexagénaire, qui a dit regretter «profondément» les faits, a indiqué «suivre l'affaire depuis son commencement et avoir trouvé les coordonnées des époux Jacob sur internet», a-t-il poursuivi.

«Il a expliqué vouloir une explication et plus de renseignements sur ce dossier, sans vouloir se rendre au domicile des Jacob pour autant», a relaté M. Heitz.

Suspect rapidement identifié

Lors de la perquisition de son domicile, selon le procureur, les enquêteurs ont découvert «de nombreuses coupures de presse concernant l'affaire Grégory», 4 ans, retrouvé noyé dans la Vologne, pieds et poings liés, le 16 octobre 1984.

Le suspect avait été rapidement identifié après la plainte déposée mercredi par l'avocat de M. et Mme Jacob qui avaient «reçu deux appels sur leur ligne de téléphone fixe assortis de messages, le 11 août et le 15 août», a-t-il ajouté.

Dans son premier message, passé depuis son téléphone portable, il dit: «Alors, je suis bien chez le père de Jacky Villemin, Marcel Jacob, ou c'est ton père Léon Jacob qui était le père du bâtard? Salut».

Dans le second: «Marcel Jacob, c'est toi qui renseignais le corbeau, ton frère René Jacob, avec tes jumelles, qui surveillaient tout ce qu'il se passait chez ta soeur Monique Jacob et Albert Villemin (les grands-parents de Grégory, NDLR)? C'est toi qui renseignais le corbeau? On passera te voir. Salut».

«Appels téléphoniques malveillants»

Le frère de M. Jacob, «René Jacob, a également reçu deux appels depuis cette ligne en août sans se rappeler précisément du contenu», a souligné M. Heitz, précisant qu'il n'avait pas déposé plainte.

Le parquet d'Epinal, qui a sollicité la transmission de l'audition et de l'ordinateur du sexagénaire, «envisagera les suites pénales à donner à l'enquête préliminaire» ouverte pour «appels téléphoniques malveillants» après l'exploitation du matériel informatique, a fait savoir M. Heitz.

La mise en examen des époux Jacob et de Murielle Bolle en juin 2017 pour «enlèvement et séquestration suivie de mort» avait été annulée pour des questions de procédure en mai 2018.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Chrizo le 02.09.2019 23:15 Report dénoncer ce commentaire

    New generation

    Il voulait des explications mais il appelle pour balancer des commentaires au hasard, et bien sûr, malveillants ! Un type en avance sur son époque lui, on dirait tout à fait les réseaux sociaux !

Les derniers commentaires

  • Chrizo le 02.09.2019 23:15 Report dénoncer ce commentaire

    New generation

    Il voulait des explications mais il appelle pour balancer des commentaires au hasard, et bien sûr, malveillants ! Un type en avance sur son époque lui, on dirait tout à fait les réseaux sociaux !

    • Ouèsava le 03.09.2019 08:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Chrizo

      Fort bien vu.