Mort de Baghdadi

30 octobre 2019 08:46; Act: 30.10.2019 09:30 Print

Le slip sale qui aurait trahi le chef de l'EI

L'analyse de ses sous-vêtements ont permis d'aboutir, après des années de traque et plusieurs mois de préparation minutieuse, à la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, acculé dans un tunnel syrien par les commandos américains.

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Depuis qu'il s'était autoproclamé, en 2014, «calife» d'un territoire qui a compté jusqu'à sept millions d'habitants, à cheval entre l'Irak et la Syrie, le chef du groupe jihadiste Etat islamique (EI) était devenu l'homme le plus recherché du monde. Sa mort a été annoncée plusieurs fois, toujours à tort: toutes les tentatives pour éliminer cet Irakien de 48 ans avaient échoué, tant l'imam vivait dans l'ombre. Jusqu'à la nuit de samedi à dimanche, lorsqu'il s'est fait exploser avec trois enfants plutôt que d'être tué par les forces spéciales des Etats-Unis à Baricha, petit village du nord-ouest de la Syrie près de la frontière turque.

Deux jours plus tard, les détails commencent seulement à émerger. Côté kurde, on affirme avoir entamé mi-mai une collaboration avec la CIA pour «surveiller de près» Abou Bakr al-Baghdadi, grâce à une précieuse source au plus près de la cible. C'est alors que tout s'accélère. Cette «source», présentée comme un conseiller du chef de l'EI, a accès à la maison où il se cache. Elle fournit une description du complexe, au coeur des champs d'oliviers, dans une zone montagneuse de la province d'Idleb: la disposition des pièces, les tunnels secrets, et jusqu'au nombre de gardes.

Sous-vêtements et goutte de sang

Mieux: à en croire les Forces démocratiques syriennes dominées par les combattants kurdes, leur informateur infiltré parvient durant l'été à subtiliser un des sous-vêtements de Baghdadi, puis, en septembre, à se procurer un échantillon de son sang. L'ADN récolté sur ces pièces remises au renseignement américain est en effet comparé à celui prélevé lors de son passage, en 2004, dans une prison américaine du sud de l'Irak. Et les données correspondent: l'homme caché à Baricha est bien celui pour la capture duquel Washington offre une récompense de 25 millions de dollars.

L'US Army met alors au point son raid. Mais l'opération est rendue incertaine par la complexité du terrain. Cette région est contrôlée par Hayat Tahrir al-Cham, une coalition jihadiste issue d'Al-Qaïda et rivale de l'EI. Qui plus est, alors que les préparatifs vont bon train, Donald Trump retire début octobre à la surprise générale ses troupes du nord de la Syrie, laissant le champ libre à une offensive turque contre les forces kurdes pourtant alliées de Washington. «Au vu de la situation chaotique», «il fallait le faire maintenant», affirme pour sa part un haut responsable américain, sous couvert de l'anonymat. Le feu vert sera donné pour le week-end, en coordination également avec la Russie.

(afp)