Royaume-Uni

19 février 2020 17:43; Act: 19.02.2020 19:07 Print

Le système d'immigration post-Brexit inquiète

Le Brexit terminé, les conditions d'obtention d'emploi vont être plus strictes pour la main-d'oeuvre étrangère, suscitant le désarroi au sein de certains secteurs professionnels.

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Les métiers de la santé emploient une forte quantité de travailleurs immigrés. (Photo: Keystone/Archives/Photo d'illustration)

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Le gouvernement conservateur britannique a dévoilé mercredi son nouveau système d'immigration à points post Brexit. Ce projet a été immédiatement fustigé par l'opposition et certains professionnels qui y voient un danger pour le secteur de la santé ou l'industrie alimentaire.

Pour obtenir un visa de travail à partir de l'an prochain, une fois terminée la période de transition du Brexit, il faudra présenter des compétences spécifiques, parler anglais et avoir déjà une proposition d'emploi avec un salaire minimum annuel de 25'600 livres (32'680 francs), excluant ainsi les travailleurs peu qualifiés ou peu rémunérés.

La ministre de l'Intérieur Priti Patel a qualifié ces réformes de «fermes et justes», déclarant qu'elles faciliteraient l'obtention de visas pour les travailleurs hautement qualifiés.

Système à points

«Notre économie ne doit plus dépendre d'une main-d'oeuvre bon marché en provenance d'Europe, mais se concentrer plutôt sur l'investissement dans la technologie et l'automatisation», a-t-elle déclaré dans le document détaillant les mesures, demandant aux employeurs de «s'adapter».

Le plan du gouvernement exige que chaque travailleur étranger accumule 70 points pour pouvoir obtenir un permis de travail. Il octroie un maximum de 20 points aux candidats qui gagnent au moins 25'600 livres par an et aucun point à ceux qui obtiendront le minimum requis de 20'450 livres. Vingt points iront à ceux qui feront preuve de «compétences appropriées» et vingt de plus à ceux qui parlent l'anglais à un «niveau requis». Il met sur le même plan les citoyens européens et non-européens.

«Désastre absolu»

Ces exigences ont suscité de fortes inquiétudes au sein des secteurs professionnels qui reposent sur des travailleurs peu qualifiés ou peu rémunérés. Une responsable du principal syndicat du secteur public, Christina McAnea, a estimé que ces mesures «vont provoquer un désastre absolu dans le secteur de la santé».

«Les entreprises et les autorités locales ne réussissent pas à embaucher assez de personnel au sein du Royaume-Uni, donc elles doivent se reposer sur des travailleurs venus d'ailleurs», a-t-elle expliqué. «Mais même avec ces travailleurs immigrés, il n'y a pas assez de monde pour répondre à la demande».

La Fédération de l'alimentation et des boissons s'est montrée inquiète d'une éventuelle pénurie au sein de métiers peu qualifiés comme «les assistants en boulangerie, les employés d'abattoir et tous ceux essentiels à toute une gamme de production de denrées alimentaires de base».

La présidente du Syndicat national des agriculteurs, Minette Batters, a prédit de «graves conséquences pour le secteur agricole» où l'automatisation «n'est pas encore une option viable».

Trop d'exceptions

L'opposition a dénoncé les mesures. «Ce système basé sur un niveau de salaire aura tellement d'exceptions, pour le NHS (le service de santé, ndlr), les services sociaux et de nombreux secteurs du privé qu'il perdra son sens», a relevé Diane Abbott, chargée de l'Intérieur au Parti travailliste.

Ces mesures doivent entrer en vigueur au 1er janvier 2021, à l'issue de la période de transition qui a débuté après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le 31 janvier.

Mais selon le petit parti europhile libéral-démocrate, dix mois ne suffiront pas aux entreprises pour se préparer, risquant de provoquer «le chaos et la confusion».

Démographie en berne

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a dénoncé des mesures «dévastatrices» pour l'économie écossaise. «Notre démographie (en berne) fait que nous devons continuer d'attirer du monde ici», a-t-elle twitté, «et ça rend cela tellement plus difficile».

Le ministère estime, lui, se conformer au «message clair» envoyé par le peuple britannique lors du référendum de 2016 qui a voté la sortie de l'Union européenne. Le contrôle de l'immigration avait été l'un des grands thèmes de campagne.

Ces mesures ne concernent pas les quelque 3,2 millions de ressortissants de l'UE qui auront demandé à résider en Grande-Bretagne avant la fin de la transition.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Ft le 19.02.2020 18:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pendules à l'heure

    Ceux qui paient correctement n'ont jamais connu la pénurie de personnel qualifié.

  • Yves le 19.02.2020 18:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Ils ont raison. À chacun son pays et le travail à leur citoyens.

  • Fred le 19.02.2020 18:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Schengen

    ont devrait serré la vise en Suisse, trop d'étranges trop de chômeurs. voté la fin de Schengen !!

Les derniers commentaires

  • Reiner le 20.02.2020 09:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Voila CE que l'on veut.

    Initiative populaire fédérale 'Pour une immigration modérée (initiative de limitation)' Initiative populaire fédérale 'Pour une immigration modérée (initiative de limitation)' La Constitution est modifiée comme suit: Art. 121b Immigration sans libre circulation des personnes 1 La Suisse règle de manière autonome l'immigration des étrangers. 2 Aucun nouveau traité international ne sera conclu et aucune autre nouvelle obligation de droit international ne sera contractée qui accorderaient un régime de libre circulation des personnes à des ressortissants étrangers. 3 Les traités internationaux et les autres obligations de droit international existants ne pourront pas être modifiés ni étendus de manière contraire aux al. 1 et 2. Art. 197, ch. 122 12. Disposition transitoire ad art. 121b (Immigration sans libre circulation des personnes) 1 Des négociations seront menées afin que l'Accord du 21 juin 1999 entre la Confédération suisse d'une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, d'autre part, sur la libre circulation des personnes cesse d'être en vigueur dans les douze mois qui suivent l'acceptation de l'art. 121b par le peuple et les cantons. 2 Si cet objectif n'est pas atteint, le Conseil fédéral dénonce l'accord visé à l'al. 1 dans un délai supplémentaire de 30 jours

  • Marcus Prodi le 20.02.2020 09:23 Report dénoncer ce commentaire

    Mon avis

    Votez juste le 17 mai pour un retour à un marché du travail sain, équitable. Il faut stopper l'abus des entreprises et il y aura toujours assez de main d'oeuvre, la remise en place de quotas à toujours bien fonctionné et est fléxible. Il faut que la Suisse et ses indigpnes reprennent le controle de son immigration que l'état et les entreprises nous impose de force et qui a mis 20% des Suisses au social. Votez juste le 17 mai, pensez à votre avenir.

    • Broute,petit mougeon le 20.02.2020 11:45 Report dénoncer ce commentaire

      @ Marcus

      Au temps des quotas et des saisonniers,il y avait encore plus de migrants,souvenons nous des italiens,espagnols et portugais venus en masse.Cette initiative,c'est du marketing pour flater la base xenophobe de l'udc.La phrase ''selon les besoins de l'economie'',en langage bourgeois,ca veut dire que les patrons pourront faire comme ils veulent.D'ailleurs,si cette initiative profitait aux salaries,tu la soutiendrais pas,a en juger par tes nombreux comms soutenant l'ultra-liberalisme.

    • Alfred le 20.02.2020 12:13 Report dénoncer ce commentaire

      @petit mouton

      Alors je vous invite à voter oui le 17 mai pour prouver la véracité de vos dires puisque ca ne changera rien selon vous. Je croyais que l'UDC pour vous, ce n'était que des méchants vilains xénophobes sans coeur qui voulait fermer les frontière et vivre en autarcie totale et consanguine, sans se soucier de l'économie du pays.

    • Marcus Prodi le 20.02.2020 12:14 Report dénoncer ce commentaire

      Mon avis

      Sauf que justement c'était par saison et non pas des CDI! Donc retour au quotas et au contrôle des permis G! Il n'y a jamais eu autant de fin de droit et social depuis que la libre circulation est en place!

    • Broute,petit mougeon le 20.02.2020 15:02 Report dénoncer ce commentaire

      @ Alfred

      Mougeon(n.m.adj)=animal issu du croisement d'un mouton avec un pigeon.Biotope : Se rencontre souvent chez les proletaires assez topiaux pour voter pour des partis diriges par des patrons de multinationale.

    • Aléa jacta est le 20.02.2020 18:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Broute,petit mougeon

      On peut être de gauche et soutenir le commerce local et les travailleurs locaux. Je vote oui le 17 mai

    • Mendrisiotto le 20.02.2020 19:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Broute,petit mougeon

      Nos voisins italiens de l'époque sont venus travailler, pas pour être dans les services sociaux, C'étaient des sacrés travailleurs, ils tiraient pas au cul, Aujourd'hui, d'autres pays sont la pour une autre raison,Donc limiter l'arrivée de nouveaux arrivés c, est de bon ton,

  • Ouèsava le 20.02.2020 08:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas grave

    L'Angleterre est maintenant libre de ses choix et de ses règles. Gageons qu'elle saura rectifier celles qui lui sont défavorables, rapidement et efficacement. Elle n'a plus à traîner la cohorte des chapeaux à plumes qui plombent l'Europe, elle.

  • Musga le 20.02.2020 06:47 Report dénoncer ce commentaire

    Suisse

    Il faut serre les robinet en suisse avec EU .vote oui 17 mai

  • Stuart le 20.02.2020 06:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'ai des amis

    en Angleterre dans le bâtiment, tous les employés sont Polonais, Roumains, Bulgares. Les rares anglais qui y bossent arrivent à 9h du mat et finissent a l'heure du thé. L' Angleterre est comme les autres y compris la Suisse , elle ne peut vivre sans main d'oeuvre importee.

    • Aléa jacta est le 20.02.2020 18:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Stuart

      Eh bien exportons notre main d'oeuvre importée. Pas de raison que d'autres n'en profitent pas non ?