Israël

21 février 2019 06:34; Act: 21.02.2019 22:13 Print

Législatives: une alliance anti-Netanyahu

Les deux principaux adversaires du premier ministre israélien ont annoncé jeudi une liste commune aux législatives anticipées du 9 avril.

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Benjamin Netanyahu le 18 février 2019 à Jérusalem. (Photo: AFP)

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Les deux principaux rivaux de Benjamin Netanyahu ont noué une alliance, à l'approche des législatives. Un choix tactique qui doit leur permettre de menacer son long règne, déjà perturbé par le risque d'inculpation pour corruption présumée.

Les sondages ont jusqu'alors donné Benjamin Netanyahu et le Likoud, son parti, vainqueurs des élections anticipées du 9 avril. Mais le pacte conclu par ses challengers centristes peut, au moins, secouer la campagne. Les chances de cette alliance seraient a priori renforcées si le procureur général annonçait avant le scrutin son intention d'inculper le premier ministre dans les affaires de corruption présumée qui le visent.

Benjamin Netanyahu, en poste depuis une décennie, a mis le cap un peu plus à droite avant même l'annonce de l'accord passé entre Benny Gantz, ancien chef d'état-major à la tête du nouveau parti Résilience, et Yair Lapid, numéro un du parti centriste Yesh Atid (11 sièges sur 120 dans le Parlement sortant).

Mercredi, il a signé un accord poussant plusieurs formations tout à la droite du spectre politique à s'unir en vue des législatives. Mais au risque d'être accusé d'avoir fait entrer une formation d'extrême droite «raciste» à la Knesset. L'objectif est de ne pas laisser des voix de droite s'éparpiller sur de petites listes qui, au bout du compte, ne recueilleraient pas assez de votes pour être représentées au parlement.

Poste de premier ministre partagé

MM. Gantz et Lapid ont invoqué cette manoeuvre ainsi que les enquêtes contre M. Netanyahu pour justifier leur alliance «par leur sens profond des responsabilités nationales». «Cette liste offrira au pays une nouvelle équipe dirigeante qui garantira la sécurité d'Israël et réunira les éléments divisés de la société israélienne», a déclaré M. Lapid dans un communiqué.

L'alliance - dénommée Bleu et blanc, les couleurs nationales - réunit deux autres anciens chefs d'état-major: Moshe Yaalon, ex-ministre de la Défense de Benjamin Netanyahu, et Gaby Ashkenazy, nouveau venu en politique.

Selon l'accord, en cas de victoire, M. Gantz sera premier ministre pendant deux ans et demi. Yaïr Lapid, ancien journaliste de télévision ayant formé son parti en 2013, serait aux Affaires étrangères pendant ces années avant de prendre la succession de M. Gantz à la tête du gouvernement.

Le Likoud a réagi en répétant l'argument martelé ces dernières semaines: M. Gantz est un «gauchiste» et un «faible». «Le choix est clair: ce sera soit un gouvernement de gauche Lapid-Gantz soutenu par les partis arabes, soit un gouvernement de droite dirigé par Netanyahu», a dit le Likoud dans un communiqué.

Mieux que Ben Gourion?

Le point de gravité politique s'est fortement déplacé vers la droite en Israël ces dernières années. Le coût de la vie et la sécurité sont annoncés comme les préoccupations primordiales des électeurs. Une grande partie de la population est lasse des appels à une solution dite à deux Etats vis-à-vis du conflit israélo-palestinien.

Le gouvernement de M. Netanyahu est déjà considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël. L'historique parti travailliste et ce qui se trouve à sa gauche sont mal en point. Mais Gantz-Lapid, c'est aussi la gauche, a assuré de nouveau M. Netanyahu.

«Nous savons qu'il y a là un danger», a-t-il affirmé lors d'une réunion de parti, «un grand danger».

En cas de réélection, M. Netanyahu, qui avait occupé une première fois la fonction de 1996 à 1999, battrait le record de longévité du père fondateur de l'Etat d'Israël, David Ben Gourion, au pouvoir durant 13 ans. Il n'est pas légalement tenu de démissionner s'il est inculpé et tant qu'une éventuelle condamnation n'est pas définitive.

(nxp/afp)