«Gilets jaunes» - Acte XIV

16 février 2019 07:21; Act: 17.02.2019 10:50 Print

Castaner: «Ce mouvement ne revendique plus rien»

L'acte 14 des «Gilets jaunes» a connu des heurts en province. La manifestation à Paris a été marquée par des insultes antisémites.

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Après trois mois de mobilisation, les «gilets jaunes» ont défilé moins nombreux samedi dans plusieurs villes de France. L'acte 14 a connu des heurts en province. A Paris il a été marqué par des insultes antisémites adressées au philosophe Alain Finkielkraut.

Le ministère de l'Intérieur a dénombré 41'500 manifestants en France dont 5000 à Paris. Des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente mais régulièrement contestés par les «gilets jaunes».

Dans la capitale, une foule compacte de plusieurs milliers de personnes est partie de la place de l'Etoile pour rallier l'esplanade des Invalides, qui a été évacuée en fin d'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP.

Après de brefs face-à-face avec les forces de l'ordre, les «gilets jaunes» se sont dispersés, certains rejoignant les Champs-Elysées en début de soirée aux cris, devenus traditionnels, de «Macron démission».

«C'est pas la fin, ce sera la fin quand Macron nous aura entendu. Qu'il nous aura rendu la démocratie», a déclaré Jérôme Rodrigues, devenu un symbole des violences policières depuis qu'il a perdu un oeil fin janvier place de la Bastille.

Alain Finkielkraut insulté

Selon la préfecture de police, 26 personnes ont été interpellées à Paris. Parmi elles, 15 ont été placées en garde en vue selon le parquet de Paris.

La mobilisation parisienne a connu un moment critique quand le cortège a croisé la route du philosophe Alain Finkielkraut, insulté par des manifestants aux cris de «sioniste de merde».

Des injures antisémites qui sont la «négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation», a déclaré le président Emmanuel Macron sur Twitter. «Un déferlement de haine à l'état pur», a également dénoncé dans un tweet le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

«Fils d'émigrés polonais devenu académicien français, Alain Finkielkraut n'est pas seulement un homme de lettres éminent, mais le symbole de ce que la République permet à chacun», a ajouté M. Macron dans un autre tweet.

Policiers ciblés par des projectiles

D'autres villes ont connu des tensions en fin de manifestation, notamment Bordeaux. Les manifestants ont emprunté les rues des quartiers cossus où des grafitis proclamaient notamment «mort aux riches».

Des violences ont éclaté : la police a répondu à coup de canons à eau et de gaz lacrymogène à des jets de projectiles, selon des journalistes de l'AFP. La mobilisation a réuni 4500 personnes et 19 ont été arrêtées, selon une source policière.

A Toulouse, 4000 personnes selon une source policière clamaient leur détermination derrière une banderole «Seule la mort nous arrêtera». Les premières échauffourées ont commencé à 16h30 et se poursuivaient en fin d'après-midi. Dix personnes ont été interpellées, selon la préfecture.

A Rouen, quatre «gilets jaunes» ont été légèrement blessés par une voiture qui a tenté de fendre le cortège. Le conducteur, qui était avec sa femme et leur bébé, était bloqué par des manifestants, selon une source policière.

Incidents aussi à Nantes

La manifestation nantaise, à laquelle ont pris part 1600 manifestants selon une source policière, a été émaillée d'incidents avec des jets de pavés, de bouteilles et de fusées, selon la préfecture. Quatorze personnes ont été arrêtées.

Tandis qu'à Lyon, plusieurs milliers de manifestants s'étaient rassemblés dans le centre, des «gilets jaunes» tentaient de bloquer le trafic sur l'autoroute A7, provoquant des difficultés de circulation.

Sur Twitter, le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand a condamné le «saccage» de la permanence du député de la Sarthe Damien Pichereau, en marge de la manifestation des «gilets jaunes» au Mans.

A Marseille, une dizaine de «gilets jaunes» ont entamé une marche pour le RIC (Référendum d'initiative citoyenne), qui doit les amener à Paris le 17 mars.

Les Français pour que ça cesse

Lancée le 17 novembre, la contestation a moins les faveurs de l'opinion: pour la première fois, une majorité de Français (56%) souhaite que la mobilisation s'arrête, selon un sondage Elabe diffusé mercredi.

(nxp/ats)