«Gilets jaunes»

27 avril 2019 04:42; Act: 28.04.2019 08:05 Print

La mobilisation marque le pas avant le 1er-Mai

Après les annonces du président Macron, l'acte 24 faisait figure de journée test, samedi.

Les «gilets jaunes» vont se retrouver vers Strasbourg pour l'acte 24, où un appel a été lancé pour une manifestation «nationale et internationale».
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Une mobilisation parmi les plus faibles mais une «motivation intacte» après le «bla-bla» présidentiel post-grand débat: plusieurs milliers de «gilets jaunes» ont manifesté samedi pour leur acte 24, notamment à Strasbourg et Paris, avant les cortèges du 1er Mai.

Ce nouveau samedi illustre la persistance d'un mouvement inédit, qui empoisonne l'exécutif depuis plus de cinq mois. Il a été marqué par quelques tensions à Strasbourg, Lille ou Toulouse.

Le ministère de l'Intérieur a recensé 23'600 manifestants, contre 27'900 la semaine précédente, soit l'une des plus faibles mobilisations depuis la mi-novembre (la plus faible était le 6 avril avec 22'300 manifestants). Selon le décompte des «gilets jaunes», ils étaient au moins 60'000.

Manifestation à Strasbourg

A Paris, deux cortèges distincts ont réuni dans le calme 2600 «gilets jaunes» selon les autorités contre 9000 la semaine dernière. La préfecture de police de Paris a indiqué avoir procédé à 13'500 contrôles préventifs et à 14 interpellations.

Depuis le début du mouvement -né d'une colère contre la hausse des taxes avant de s'étendre à des revendications pour plus de pouvoir d'achat et de démocratie directe- 2'400 «gilets jaunes» et 1'700 membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon Beauvau.

A un mois des élections européennes, les organisateurs entendaient donner un caractère «international» à la journée d'action avec une manifestation à Strasbourg. Les forces de l'ordre y ont barré la route du centre et des institutions européennes au cortège (2000 «gilets jaunes» selon la préfecture). Vingt-six personnes ont été interpellées et la préfecture a déploré de «nombreuses dégradations».

Le «bla-bla» de Macron

Dans la foule, Pascal Harter, 58 ans, a estimé qu'il n'y avait «rien eu de concret» dans les annonces faites par le président jeudi. «Ça m'a remotivé», a-t-il expliqué. Pour ce pré-retraité, le chef de l'Etat s'en est tenu à du «bla-bla».

Un sentiment largement partagé sur les réseaux sociaux dans les groupes de «gilets jaunes». Selon eux, les mesures d'Emmanuel Macron - déployer «plus de fonctionnaires sur le terrain», baisser l'impôt sur le revenu, supprimer l'ENA ou réindexer sur l'inflation les pensions de retraites de moins de 2.000 euros - ne suffisent pas.

Loin d'éprouver de la lassitude, des manifestants ont dit partout en France être «remontés» après le discours du chef de l'Etat. «Merci Macron!», a lâché Nelly, une Francilienne de 70 ans, près du siège de BFMTV, lors d'une «marche sur les médias» à Paris pour réclamer un «traitement médiatique impartial» du mouvement.

«Riposte générale»

Le grand débat «a coûté un pognon de dingue, on débloque des milliards pour Notre-Dame, mais les gens crèvent toujours dans la rue», a déploré à Lille Dominique, 62 ans, ancienne employée d'une clinique.

A Paris, sous le mot d'ordre «riposte générale», un cortège mêlant les gilets rouges de la CGT, les «gilets jaunes» et des représentants de partis de gauche a totalisé 5'500 personnes.

«Gilet jaune» «depuis le début», Patricia, une Parisienne de 65 ans, a manifesté avec la CGT car elle est «pour la convergence des luttes». Avant le 1er-Mai, cette institutrice retraitée «souhaite que tous les syndicats, partis, mouvements contestataires soient dans la rue pour une fédération du peuple, pour la justice sociale et fiscale.»

«Les vieilles sont dans la rue»

«Macron t'es foutu, toutes les vieilles sont dans la rue», scandaient des «gilets jaunes» à Rennes (600 manifestants), «On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là!», entendait-on à Bordeaux (plusieurs milliers selon l'AFP) ou à Toulouse (1500 à 2000 personnes), deux places fortes de la mobilisation.

«On est plus motivé que jamais!», assurait aussi une femme de 51 ans à Marseille (1000 manifestants selon la préfecture), venue «lutter contre l'oligarchie et les privilèges des riches».

Certains avaient prévu de faire l'impasse ce samedi pour se concentrer sur les manifestations du 1er Mai, qui s'annoncent tendues. Des appels à un mercredi «noir et jaune» ont été lancés et «gilets jaunes» et black blocs appellent à transformer Paris en «capitale de l'émeute».

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Macron le 27.04.2019 08:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Jamais satisfait

    De toute façon le président pourra dire se qu'il veut, le peuple ne sera jamais satisfait !

  • en passant le 27.04.2019 08:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    demain

    il faut reconnaître que ces gilets jaunes sont de "sacrés bosseurs" et .. si t'es français et que tu veux un boulot d'avenir tu fait vitrier !!!

  • bady le 27.04.2019 08:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    debout

    Au travail les français du moins pour ce qui en reste encore de la France...

Les derniers commentaires

  • Philippe le 28.04.2019 10:55 Report dénoncer ce commentaire

    Chiffres contradictoires

    "A Paris, deux cortèges distincts ont réuni dans le calme 2600 «gilets jaunes» selon les autorités contre 9000 la semaine dernière. La préfecture de police de Paris a indiqué avoir procédé à 13'500 contrôles préventifs et à 14 interpellations." Je me demande bien comment les autorités peuvent annoncer 2600 manifestants s'il y a eu 13'500 contrôles préventifs...

  • Pat le 28.04.2019 09:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    CRS

    Macron arrête de faire des propositions aux gilets jaunes, ils se foutent de ta gueule. Envoie plus de CRS pour les mettre à l'ordre, quand ils seront tous borgnes ils resteront à la maison et arrêterons d'emmerder le 98% des français qui subissent les gilets jaunes.

  • Eddy le 28.04.2019 09:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le mouvement des

    gilets jaunes va continuer comme ces gens qui manifestent perpétuellement a Londres ou Washington. Hier a Strasbourg, il y avait des GJ Belges, Allemand et Suisses. Tout ce que l on peux espérer c'est qu il n amene pas un mouvement façon brigades rouges.

  • DidierM le 28.04.2019 08:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ca va le chalet

    J'ai des connaissances en France qui ont appelé leurs jumeaux: GILLES et JOHN... pffff... ca va trop loin ct'histoire...

  • Grincheux le 28.04.2019 06:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    gueuler ok mais résoudre surtout

    ok le peuple va mal et a passé une partie de l'hiver en gilet ( pas très chaud) mais ce n'est pas le peuple ( gilets jaunes) qui va amener des solutions pour l'instant il ne soulève que les problèmes.

    • Simplet le 28.04.2019 08:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Grincheux

      Ok. Mais au moins eux , ils gueulent... et on ne sait jamais, ça peut améliorer certaines choses. En Suisse on nous augmente tout et tout le temps, il n y a qu à prendre les caisses-maladie pour exemple. Et que fait le brave petit Suisse ? Il paie sans broncher en se privant parfois d'aller chez le médecin par peur des coûts. Alors, amis Français, continuez de râler, c est la seule issue. En haut on ne nous écoute plus.

    • Atchoum le 28.04.2019 12:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Simplet

      Vous n'êtes pas crédible. Si la situation en Suisse était au lamentable que vous le dites, les Suisses immigreraient en France pour trouver un travail bien payé et un logement bon marché. Ben non, c'est exactement le contraire. Les Francais fuient leur pays dès qu'ils ont besoin d'argent.