Contestations

12 juillet 2019 07:28; Act: 13.07.2019 10:40 Print

Les «murs de Lennon» fleurissent à Hong Kong

Inspirées de la révolte après l'assassinat d'un Beatles en 1980, les façades de Hong Kong sont recouvertes de post-it multicolores arborant des messages hostiles à Pékin.

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La contestation ne faiblit pas. Les façades de Hong Kong sont recouvertes de post-it multicolores arborant des messages hostiles à Pékin, souvent détruits aux premières heures du matin. (12 juillet 2019) Les papiers sont autant de messages à Carrie Lam, la cheffe du gouvernement proPékin non élue, parfois polis, parfois beaucoup moins. (Hong Kong, 12 juillet 2019) Mercredi soir, des échauffourées ont éclaté quand des groupes de partisans du gouvernement ont tenté d'arracher les post-it d'un «mur de Lennon» proche d'un complexe résidentiel abritant de nombreux policiers et fonctionnaires retraités. (12 juillet 2019) La cheffe du gouvernement pro-Pékin Carrie Lam a déclaré mardi que le projet de loi sur les extraditions vers la Chine était «mort», se refusant toutefois à annoncer le retrait immédiat du texte. (9 juillet 2019) Cinq personnes ont été arrêtées lors d'affrontements nocturnes entre manifestants antigouvernementaux et policiers anti-émeutes à l'issue d'une nouvelle manifestation géante à Hong Kong. (Lundi 8 juillet 2019) Les manifestants se sont défendus contre la charge de la police, qui a eu lieu après un face-à-face tendu d'une vingtaine de minutes sur une grande avenue. (Dimanche 7 juillet 2019) Des affrontements entre manifestants et policiers anti-émeutes ont éclaté dimanche soir à Mongkonk, un quartier nord de Hong Kong. (Dimanche 7 juillet 2019) La gare, qui a coûté plusieurs milliards d'euros, est dénoncée par les opposants comme le cheval de Troie de la Chine car les lois chinoises s'y appliquent dans certaines zones. (Dimanche 7 juillet 2019) a nouvelle gare de West Kowloon, ouverte en septembre pour connecter Hong Kong avec le réseau ferroviaire à grande vitesse chinois. (Dimanche 7 juillet 2019) Pour déloger les manifestants, la police a lancé des gaz lacrymogènes avant de charger. (Lundi 1er juillet 2019) 22 ans après la rétrocession de Hong kong à la Chine, des centaines de manifestants ont pris possession du parlement local. (Lundi 1er juillet 2019) Lundi, les manifestants se sont attaqués au parlement local, occupé et saccagé. (Lundi 1er juillet 2019) Des manifestations contre le gouvernement pro-Chinois ont escaladé à Hong Kong. (Lundi 01.07.2019) Les manifestants sont rentrés dans le parlement et ont pendu un drapeau de la période coloniale. (Lundi 01.07.2019) Les manifestants ont tagué les murs du parlement. (Lundi 01.07.2019) Les manifestants sont rentrés dans le parlement et ont pendu un drapeau de la période coloniale. (Lundi 01.07.2019) Dans la nuit, la police a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes. (Lundi 01.07.2019)

Une faute?

Les oeuvres, inspirées du «mur de Lennon» de Prague, hommage tout en graffiti au légendaire Beatles assassiné en 1980, se sont multipliées à travers Hong Kong, comme signe de contestation, au grand déplaisir des soutiens de Pékin qui tentent de les arracher.

A Prague, chacun peut peindre sur le mur de Prague, toile de la contre-culture en évolution constante.

Le premier «mur de Lennon» de Hong Kong est apparu en 2014, lors de l'immense mouvement pour la démocratie qui avait réclamé l'élection du chef du gouvernement au suffrage universel.

Les manifestants emmenés par les étudiants avaient occupé pendant plus de deux mois des quartiers entiers de ce haut lieu de la finance internationale et un escalier menant au Conseil législatif (LegCo), le Parlement local, avait été couvert de milliers de papiers multicolores.

Gigantesque vague de contestation

Une bannière avait été accrochée sur un pont proche, citant la fameuse chanson «Imagine» de John Lennon: «You may say I'm a dreamer, but I'm not the only one» (je ne suis pas le seul rêveur).

Pékin n'avait rien cédé aux revendications et le mur avait repris son visage de béton lorsque les camps des protestataires avaient été démantelés.

Hong Kong est de nouveau secouée par une gigantesque vague de contestation, partie du rejet d'un projet de loi désormais suspendu visant à autoriser les extraditions vers la Chine.

Les post-it de la défiance sont de retour mais cette fois, ils ont essaimé à travers toute l'ancienne colonie britannique depuis qu'un premier «mur de Lennon» monté devant le LegCo fut détruit par des manifestants progouvernementaux il y a deux semaines.

Jeux de mots

Les papiers sont autant de messages à Carrie Lam, la cheffe du gouvernement proPékin non élue, parfois polis, parfois beaucoup moins.

Les manifestants ont déposé des boîtes de stylos et de post-it devant chaque mur, certains sont protégés des pluies tropicales par des bâches en plastique transparent.

A Tsuen Wan, dans les Territoires du Nord, dans la partie continentale de Hong Kong, un étudiant de 19 ans qui se présente sous son seul nom de famille, Lau, se sert d'un tampon pour imprimer des caractères chinois qui connaissent un franc succès ces dernières semaines.

«C'est de la calligraphie maline. Si on lit les caractères dans un sens, ça veut dire Hong Kong mais si on les lit dans l'autre sens, ça veut dire «Ajoutez de l'huile».

Il s'agit là d'une expression d'encouragement cantonaise courante devenue le cri de ralliement des protestataires.

Mercredi soir, des échauffourées ont éclaté quand des groupes de partisans du gouvernement ont tenté d'arracher les post-it d'un »mur de Lennon« proche d'un complexe résidentiel abritant de nombreux policiers et fonctionnaires retraités.

Lors d'un autre incident, filmé et posté sur les réseaux sociaux, un soutien de Pékin met de nombreux coups de poing dans la figure d'un jeune militant démocrate. Le jeune homme encaisse les coups sans se défendre, posture de non violence saluée par de nombreux internautes. L'agresseur a été arrêté, selon la police.

Les »murs de Lennon« sont souvent détruits aux premières heures du matin. Mais ils ne cessent de renaître de leurs cendres.

A Tsuen Wan, un message proclame: «Ils peuvent détruire le mur mais ils ne détruiront pas notre volonté».

(nxp/afp)