Frappes américaines en Syrie

07 avril 2017 03:33; Act: 07.04.2017 17:50 Print

Les Etats-Unis détruisent une base syrienne

En représailles à l'attaque chimique de mardi, les Etats-Unis ont tiré des missiles contre une base syrienne vendredi matin.

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Au moins quatre soldats syriens ont été tués vendredi par les frappes américaines en Syrie. Elles ont également «détruit presque totalement» la base aérienne du régime qui était visée, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Donald Trump a déclenché des frappes contre la Syrie en riposte à une attaque chimique présumée imputée à Damas, qui a fait des dizaines de morts mardi. Le bombardement a eu lieu peu après un nouvel échec du Conseil de sécurité à se mettre d'accord. Ces frappes, première opération militaire des Etats-Unis contre le régime syrien, ont été menées avec «59 missiles» de croisière de type Tomahawk lancés de navires de guerre, qui croisent en Méditerranée orientale, a annoncé la Maison-Blanche. Elles ont visé la base aérienne de Shayrat, «associée au programme» d'armes chimiques de Damas et «directement liée» aux événements «horribles» de mardi. L'Arabie saoudite a annoncé qu'elle «soutenait totalement» ces frappes, saluant la «décision courageuse» du président Donald Trump. Le président russe Vladimir Poutine considère les frappes américaines contre la Syrie comme une «agression contre un Etat souverain» se fondant «sur des prétextes inventés», a déclaré vendredi le Kremlin, cité par les agences de presse russes. Israël a apporté vendredi son soutien «total» vendredi aux frappes des Etats-Unis contre la Syrie, un «message fort» que devraient entendre l'Iran et la Corée du Nord, selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu informé à l'avance de l'opération. La Turquie considère que les frappes américaines sont une bonne chose, a indiqué le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus. Dans un entretien sur la chaîne Fox TV turque, Kurtulmus affirme que la communauté internationale doit exprimer sa position face à la «barbarie» du régime syrien. Le gouvernement de Bachar al Assad doit être puni sur la scène internationale et le processus de paix doit être accéléré en Syrie, a-t-il ajouté. Le président syrien Bachar al-Assad porte «l'entière responsabilité» des frappes américaines, estime François Hollande. Le président français ajoute que la «réponse» américaine «doit être poursuivie au niveau international». «Une installation militaire du régime syrien utilisée pour des bombardements chimiques a été détruite cette nuit par des frappes américaines (...) Assad porte l'entière responsabilité de ce développement», ont indiqué Angela Merkel (photo) et François Hollande dans un communiqué commun, assurant que Washington les avait informés au préalable de son action. L'Iran condamne quant à lui fermement les frappes de missiles américains, indique l'agence de presse ISNA citant un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères vendredi. L'Iran est le principal allié de Bachar al Assad au Moyen-Orient. Le gouvernement chinois condamne, lui, «tout usage d'armes chimiques, par n'importe quel pays».

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Le tir d'un missile américain contre une base aérienne près de la ville de Homs en Syrie a fait six morts et sept blessés, a déclaré le gouverneur de la province à la chaîne libanaise Al Mayadeen. Il a précisé que le bilan ne risquait pas de s'alourdir. De son côté, une agence officielle syrienne affirme que les frappes ont fait neuf victimes parmi les civils, dont des enfants. «L'agression américaine a provoqué la mort de neuf civils, dont quatre enfants, fait sept blessés et provoqué d'importantes destructions dans les maisons des villages d'Al-Chaayrate, Al-Hamrate et Al-Manzoul», proches de la base visée, a indiqué l'agence, qui n'a pas précisé si ce chiffre incluait le bilan de six morts fourni plus tôt par l'armée syrienne.

Le gouverneur de Homs, Talal Barazi, a précisé que la base visée fournissait un soutien aérien aux opérations menées par l'armée syrienne contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) à Palmyre. Selon lui, l'intervention américaine va servir les intérêts des «groupes armés terroristes».

«Je pense que le bilan humain n'est pas élevé, mais il y a des dégâts matériels. Nous espérons qu'il n'y a pas trop de victimes et de martyrs», a-t-il ajouté. Talal Barazi a précisé à la chaîne Al Mayadeen qu'il y avait des victimes civiles dans un village voisin de la base sans fournir d'autres précisions.

Les Etats-Unis, qui accusent Damas d'une attaque chimique ayant fait 86 morts mardi, ont tiré vendredi 59 missiles de type Tomahawk contre une base aérienne syrienne. La frappe a eu lieu après l'échec d'une résolution condamnant le régime syrien à l'ONU.

«Ce soir, j'ai ordonné une frappe militaire ciblée sur une base aérienne en Syrie, d'où a été menée l'attaque chimique» de mardi, a déclaré le président américain de sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, au cours d'une brève allocution télévisée.

«Il est incontestable que la Syrie a utilisé des armes chimiques interdites, a violé ses obligations en vertu de la convention sur les armes chimiques et ignoré les appels du Conseil de sécurité de l'ONU», a-t-il ajouté.

«Il est dans l'intérêt vital pour la sécurité nationale des Etats-Unis de prévenir et dissuader la propagation et l'usage d'armes chimiques mortelles», a-t-il déclaré, soulignant «que des années de tentatives de faire changer (le président syrien Bachar al-)Assad ont échoué dramatiquement».

Russie avertie

Le président américain a appelé toutes les «nations civilisées» à oeuvrer pour faire cesser le bain de sang en Syrie et le terrorisme. «Nous espérons que tant que les Etats-Unis seront synonymes de justice, la paix et l'harmonie prévaudront», a-t-il ajouté. Son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, a renchéri soulignant que la frappe montre la volonté du président américain d'agir quand des pays «franchissent la ligne».

Il a accusé la Russie d'avoir manqué à ses responsabilités en Syrie, en soulignant que Moscou a été averti à l'avance de la frappe pour éviter que ses militaires sur place ne soient touchés.

Les missiles, tirés de destroyers de l'US Navy, qui croisent en Méditerranée, ont touché la base aérienne de Shayrat, selon des responsables américains. L'armée a visé des avions syriens, une piste d'atterrissage et des stations de carburant. Les missiles ont atteint leurs cibles à 03h45 (02h45 en Suisse).

La télévision d'Etat syrienne a qualifié d'«agression» le bombardement, évoquant plus d'une cible. Selon une source militaire syrienne, citée par la télévision, la frappe américaine a provoqué des «pertes», sans préciser s'il s'agissait de pertes humaines ou matérielles.

(nxp/ats/afp)