Julien Assange

16 avril 2019 21:22; Act: 16.04.2019 21:22 Print

Les Etats-Unis ont promis d'exclure la peine de mort

L'Equateur a mené d'âpres négociations avec Londres et Washington avant de retirer l'asile politique à Julian Assange. Quito voulait absolument lui éviter la peine capitale.

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Après sept années passées dans l'ambassade d'Equateur à Londres, Julian Assange commençait à être un fardeau un peu trop lourd à porter pour ses hôtes. «Ils n'en pouvaient plus, il représentait une grosse nuisance», confie une source américaine à ABC News. Pourtant, le gouvernement équatorien n'a accepté de révoquer l'asile politique de l'Australien qu'après d'âpres négociations avec les Etats-Unis.

Les pourparlers ont commencé le 7 mars 2018. Ce jour-là, l'Equateur a demandé au Royaume-Uni des garanties écrites qu'il n'extraderait pas Julien Assange vers un pays où il risquerait la peine de mort. Quito ne serait entré en contact avec Washington que six mois plus tard, par l'intermédiaire de l'ambassadeur équatorien en Allemagne. À Berlin, Manuel Mejia Dalmau a sollicité une réunion d'urgence avec l'ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, Richard Grenell, considéré comme l'un des plus proches envoyés de Donald Trump en Europe.

Une promesse par oral

Face à son homologue américain, Dalmau se serait montré intransigeant: pas question d'envoyer Julien Assange dans le couloir de la mort. Grenell a alors contacté le département américain de la Justice dans le but d'obtenir des garanties de Washington. Selon la source anonyme citée par ABC News, Rod Rosenstein, procureur général adjoint des Etats-Unis, a accepté cette demande et donné l'autorisation à Grenell de faire cette promesse à Dalmau. L'accord entre l'Equateur et les Etats-Unis n'était alors que verbal.

Le département américain de la Justice s'est refusé à tout commentaire. Il a tout de même relevé que les charges pesant contre Assange n'étaient pas passibles de la peine de mort et que l'Australien encourait un maximum de cinq ans de prison pour
son rôle présumé dans le piratage et la publication de certains des secrets gouvernementaux les plus sensibles du pays. Aux Etats-Unis, 41 infractions fédérales sont passibles de la peine capitale. Presque toutes ont trait à un meurtre, à la mort résultant d'un autre crime ou d'un acte criminel. Deux exceptions notables sont la trahison et l'espionnage. Or, on ignore si les États-Unis ont envisagé une accusation d'espionnage dans l'affaire Julian Assange.

(joc)