Paris

10 septembre 2014 13:08; Act: 10.09.2014 13:16 Print

Les Femen relaxées pour leur action à Notre-Dame

Neuf membres du mouvement, poursuivies pour la dégradation d'une cloche de la cathédrale lors de leur action en 2013, ont été relaxées mercredi par le tribunal correctionnel de Paris.

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Elles avaient notamment fait tinter avec des morceaux de bois trois des nouvelles cloches déposées provisoirement sur un socle dans la nef de la cathédrale. (Photo: Keystone/AP/Michel Euler)

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En revanche trois membres du service d'ordre de l'édifice qu'elles accusaient de violences ont été condamnés à des amendes. Ils ont écopé de 300, 500 et 1000 euros avec sursis, a-t-on appris auprès de leur avocat, Me Michaël Ghnassia. «On est extrêmement satisfaits de cette décision», a précisé ce dernier.

«Les arguments de droit ont prévalu dans une affaire où l'émotion était de mise», a-t-il dit. Ni l'avocat du recteur de Notre-Dame ni celui des surveillants n'étaient joignables dans l'immédiat.

«Message dramatique pour la société»

Sur Twitter, l'abbé Pierre-Hervé Grosjean, curé de la Paroisse de Saint-Cyr-l'École, a déploré un «message dramatique pour la société.» «La relaxe des Femen, c'est un permis de dégrader et de non respect de nos lieux de culte qui a été signé», a-t-il écrit.

Le 12 février 2013, à l'occasion du renoncement du pape Benoît XVI, les militantes avaient fait irruption à l'intérieur de la cathédrale parisienne aux cris de «Pope no more» et «Homophobe, dégage» pour réclamer la fin de la papauté, en plein débat sur le mariage homosexuel en France.

Elles avaient notamment fait tinter avec des morceaux de bois trois des nouvelles cloches déposées provisoirement sur un socle dans la nef de la cathédrale.

Devant des touristes stupéfaits et scandalisés par l'apparition de femmes seins nus dans un lieu sacré, les manifestantes avaient été bousculées par le service d'ordre.

Elément intentionnel du délit pas constitué

Le tribunal correctionnel a estimé mercredi qu'il était impossible de savoir si la dégradation constatée sur l'une des cloches était de leur fait. Il a jugé que l'élément intentionnel du délit n'était pas constitué, les militantes ayant entouré leurs bâtons de feutrine pour ne pas créer de dommage, a indiqué Me Michaël Ghnassia.

Dans un message posté le 8 septembre sur leur page Facebook, les Femen disaient espérer leur relaxe, sans laquelle elles seraient «contraintes d'envahir tous les lieux catholiques avec (leurs) seins sacrés».

Né en Ukraine en 2008 et basé depuis 2012 à Paris, le mouvement, qui se caractérise par des apparitions seins nus, mène régulièrement des actions à l'international pour dénoncer entre autres le sexisme. Ses membres ont multiplié les apparitions l'année dernière en France pour défendre le droit au «mariage pour tous» lors de manifestations d'opposants au texte.

(ats)