Ministre de l'Intérieur

17 mars 2011 14:08; Act: 17.03.2011 14:15 Print

Les Français pensent ne «plus être chez eux»

Le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant a jugé jeudi que les Français «ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux», à cause d'une «immigration incontrôlée».

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Claude Guéant a été nommé ministre de l'Intérieur lors du dernier remaniement ministériel. (Photo: AFP)

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«Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale», a déclaré Claude Guéant sur la radio Europe 1.

«Nos compatriotes veulent choisir leur mode de vie, ils ne veulent pas qu'on leur impose un mode de vie», a insisté le ministre.

Claude Guéant a défendu le débat prévu par le parti présidentiel UMP le 5 avril sur l'islam et la laïcité, qui inquiète les musulmans français.

«Les décisions qui suivront ce débat, les décisions du gouvernement, permettront aux musulmans de vivre leur religion de façon plus apaisée», a-t-il déclaré.

Éviter les dérives

«Il peut y avoir des dérives et précisément il faut les éviter», a toutefois reconnu le ministre.

Le gouvernement français avait lancé en 2009-2010 un débat controversé sur le concept d'«identité nationale», qui avait entraîné des dérapages avant d'être enterré. Mais à 14 mois de l'élection présidentielle et face à la montée de l'extrême droite dans les sondages, la question de la place de l'islam revient dans le débat politique.

La France compte de 5 à 6 millions de musulmans, soit la plus forte communauté d'Europe.

M. Guéant «pourrait être adhérent d'honneur du FN puisqu'il est touché par par la grâce, sauf que cela n'annonce que les prochaines élections», a ironisé la présidente du Front national (extrême droite) Marine Le Pen, interrogée par l'AFP.

Plusieurs sondages ont ces derniers jours placé Marine Le Pen au deuxième tour face à un candidat socialiste, au détriment du président Nicolas Sarkozy, donné éliminé au premier tour.

(afp)