Dignité féminine

13 février 2011 15:30; Act: 13.02.2011 19:56 Print

Les Italiennes disent «Basta» à Berlusconi

Des milliers de femmes se sont réunies dimanche dans plusieurs villes italiennes pour défendre leur dignité, ébranlée par les frasques de Berlusconi.

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Des centaines de milliers d'Italiennes ont manifesté dimanche à Rome et dans tout le pays pour dire «basta» (assez) à Silvio Berlusconi. Elles estiment que la dignité des femmes est bafouée par le scandale Rubygate de prostitution de mineure auquel est mêlé le chef du gouvernement.

Dans la capitale, la Piazza del Popolo était noire de monde, avec presqu'autant d'hommes «amis de la cause» que de femmes et de nombreux enfants. Même si personne n'avançait de chiffre sur la participation, certains parlaient de plus de 50'000 personnes, peut- être 100'000 rassemblées sur cette place emblématique.

Les manifestants ont dit vouloir aussi attirer l'attention sur les difficultés de la femme italienne et revendiquer son droit à travailler, à être aidée (crèches, mi-temps) si elle veut des enfants et à ne pas être discriminée.


Pour un pays qui respecte les femmes

Les banderoles scandaient les slogans «Indignées!» ou «Ne m'appelez pas prostituée, je suis une esclave!» tandis que beaucoup brandissaient des drapeaux et des chapeaux roses proclamant «Si ce n'est pas maintenant alors quand ?», du nom du mouvement organisateur. Beaucoup de participantes confiaient que c'était leur première manifestation.

Une immense banderole rose clamant: «Nous voulons un pays qui respecte toutes les femmes» a été déployée du haut de la terrasse du Pincio qui surmonte la Piazza del Popolo, traditionnel lieu de rassemblement pour les manifestations à Rome.

Des messages de femmes connues et inconnues, de toutes convictions y compris des religieuses, envoyés au blog de l'organisation du rassemblement, ont été lus en tribune. «Je ne supporte plus d'avoir honte de mon pays» ou «je vais devenir folle si j'entends encore dire que les femmes servent à détendre les hommes», disaient les plus applaudis.

A Milan, malgré la pluie, des dizaines de milliers de personnes ont fustigé l'»image indécente» de l'Italie donnée par le chef du gouvernement. C'est Palerme qui avait donné le coup d'envoi le matin avec 10'000 manifestants.

«Mouvance anti-berlusconienne»

Même si aucune appartenance syndicale ou politique ne pouvait être revendiquée, la majorité de droite y a vu une attaque politique.

«Ceux qui manifestent dans de nombreuses villes italiennes appartiennent à la mouvance anti-berlusconienne fondée sur la gauche», a jugé Fabrizio Cicchitto, chef des députés du Peuple de la liberté (PDL de Berlusconi).

Giulia Bongiorno , une femme de droite ex-membre du PDL, a quant à elle dit manifester «non pas par moralisme ou pour critiquer des fêtes osées mais pour dénoncer quand cela (participer aux fêtes) devient un système de sélection de la classe dirigeante», en référence à Nicole Minetti, une des organisatrices des fêtes devenue conseillère régionale du PDL.

A l'étranger aussi

Les organisatrices ont revendiqué 100'000 participants à Turin et Milan, 50'000 à Gênes pour crier: «nous à Arcore, on n'y va pas!», 30'000 à Florence, 10'000 à Bari (sud-est), 9000 à Venise, 3000 à Trieste (nord-est) et des milliers à Padoue, Pérouse, etc.

Des manifestations ont eu lieu aussi à l'étranger: des centaines de personnes à Tokyo ou Toulouse. A Bruxelles, un millier de personnes ont défilé avec des pancartes clamant «Nous ne sommes pas à vendre!», «Tu dois partir maintenant!», «100% italienne, 0% berlusconienne!».

A la fin de l'après-midi, l'actrice Angela Finocchiaro a annoncé que «plus d'un million de personnes» avaient manifesté dans le monde entier dans le cadre de cette initiative, chiffre invérifiable de source indépendante.

(ats)