Municipales

18 mai 2012 09:01; Act: 18.05.2012 09:15 Print

Les Italiens s'expriment aux urnes

Les électeurs sont appelés aux urnes dimanche et lundi pour le second tour des partielles italiennes. C'est en votant que les citoyens vont sanctionner la récession que traverse le pays.

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Quatre millions d'électeurs votent dimanche et lundi au second tour de municipales partielles italiennes, un scrutin qui devrait illustrer comme il y a deux semaines la mauvaise humeur face aux partis traditionnels alors que le pays est en pleine récession.
Cette fois, le vote n'aura lieu que dans environ 120 villes (sur 8.000 en Italie) et les projecteurs seront surtout braqués sur Parme, Gênes et Palerme.

Le premier tour qui concernait 940 communes avait été marqué par une déroute de la droite de Silvio Berlusconi et du parti anti-immigrés de la Ligue du Nord, par l'abstentionnisme et la montée en force du petit mouvement populiste «Cinq étoiles» du comique Beppe Grillo.

Inquiétude face à la crise

Ces résultats avaient été interprétés comme la conséquence d'un rejet de la «caste» des politiciens de profession et d'une montée des inquiétudes face à la crise et à la dure cure d'austérité imposée par le gouvernement technique de Mario Monti.

Le Peuple de la Liberté (PDL) du Cavaliere s'est retrouvé exclu du second tour dans plusieurs villes, à commencer par la plus grande en jeu dans ce scrutin, Palerme, où deux candidats de gauche sont arrivés en tête.

La Ligue du nord, ex-allié clé de Berlusconi, a subi un sort semblable, enregistrant des revers humiliants dans certains de ses fiefs du nord à cause d'un scandale lié à l'utilisation de subventions électorales, qui touche son fondateur Umberto Bossi et ses deux fils.

Absence du PDL

Le second tour sera caractérisé par plusieurs duels dont le seul point commun est l'absence du PDL dans les grandes villes qui se choisissent un maire, alors que ce parti était le principal de la péninsule jusqu'aux législatives de 2008 avec un score situé entre 37% et 38%.

L'effondrement des deux partis qui ont dirigé l'Italie jusqu'en novembre 2011 a profité au centre-gauche mais souvent avec des candidats non estampillés Parti démocrate (PD, principal parti de gauche), choisis lors de primaires.

L'autre grand bénéficiaire est le mouvement «Cinq étoiles» de Beppe Grillo, comique reconverti dans la politique et grand pourfendeur des partis traditionnels ainsi que des institutions du pays, dont le président de la République, pourtant unanimement respecté par la population.

Deux candidats de gauche

A Palerme , la plus grande des villes appelées aux urnes, deux candidats de gauche se retrouvent au second tour: Leoluca Orlando (46,6%), porte-parole de l'Italie des Valeurs (gauche), et Fabrizio Ferrandelli (20,7%), candidat du Parti démocrate (PD). Orlando considéré comme un champion de la lutte anti-mafia a déjà été maire de la capitale de la Sicile pendant une dizaine d'années.

Palerme était dirigée jusqu'en janvier par un maire de droite qui a démissionné trois mois avant les municipales, mis en cause pour abus de pouvoir et pour avoir vidé les caisses de la ville.

A Gênes, dans le nord-ouest du pays, le second tour opposera le représentant de la gauche Marco Doria, un professeur d'économie de 54 ans qui est favori avec environ 48,6% des voix engrangées au premier tour, au candidat centriste Enrico Musso qui a dû se contenter de 14,8% il y a deux semaines.

A Parme, le mouvement de Beppe Grillo espère encore dans une victoire même si son candidat est en ballottage défavorable: Federico Pizzarotti a en effet obtenu 19,5% des voix au premier tour contre 39,2% à Vincenzo Bernazzoli, candidat de la gauche.

Les résultats de ce second tour des municipales partielles, qui ne changeront rien au niveau des équilibres politiques à l'échelle nationale avant les législatives prévues au printemps 2013, commenceront à tomber lundi en fin d'après-midi.

 

 

(afp)