Propagande

19 décembre 2011 15:23; Act: 19.12.2011 15:43 Print

Les Nord-Coréens pleurent leur leader

Les médias officiels nord-coréens faisaient unanimement état lundi de la «tristesse indescriptible» des Nord-Coréens à l'annonce lundi de la mort du «Cher leader», Kim Jong-Il.

Voir le diaporama en grand »
Kim Jong-un (au centre) proclamé leader suprême de la Corée du Nord. Cette annonce a eu lieu lors d'un immense rassemblement militaire organisé à Pyongyang. Le convoi mortuaire a parcouru les rues enneigées de Pyongyang. Comme à l'annonce du décès du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, le 17 décembre, la cérémonie des funérailles, mercredi, a également donné lieu à des scènes de pleurs au sein de la population. A la droite de la voiture emmenant le cercueil marchait Kim Jong-un, le fils et successeur de Kim Jong-il à la tête du pays. Les Coréens ont pu suivre la cérémonie en direct à la TV. La télévision d'Etat nord-coréenne a diffusé des images montrant des dizaines de milliers de personnes pleurant le long du cortège qui emmenait la dépouille de Kim Jong-il à travers la capitale. 23.12 Le journal du Parti communiste nord-coréen a appelé Kim Jong-un «commandant suprême» de l'armée, indiquant un renforcement du pouvoir du successeur de Kim Jong-il, décédé. 22.12 Kim Jong-un, héritier désigné de feu Kim Jong-il, a visité secrètement le Japon dans son enfance en se rendant notamment à Disneyland. «Ils n'essaient même pas de sécher leurs larmes, ils se tordent de douleur et de désespoir tant la perte est lourde», relatait l'Agence centrale de presse coréenne (KCNA), évoquant «la tristesse indescriptible» des foules à travers le pays. Le dictateur est né le 16 février 1942 sur le Paektusan, dans la partie de l'ancien empire japonais qui est devenu par la suite la Corée du Nord. De septembre 1950 à août 1960, Kim Jong-il a fait son école obligatoire. Il a étudié à l'Université Kim-Il-sung de septembre 1960 à mars 1964. En 1974, il devient membre du Parti des travailleurs de Corée du Nord. Il succède à son père Kim Il-sung (à gauche) en 1994... ... et devient officiellement le dirigeant de la Corée du Nord trois ans plus tard... ... mais il surveillait aussi la production de fromage... ...ainsi que la production de chips... ...il avait un penchant pour le vin et les femmes... ...il surveillait même certains mariages... Malgré la pauvreté dans son pays, Kim Jong-il menait un style de vie haut en couleur. Il possédait une douzaine de résidences privées. Selon certaines rumeurs, Kim Jong-il avait des problèmes de coeur et avait du diabète. Kim Jong-il s'est marié quatre fois et a eu quatre enfants. Kim Jong-un, fils du dirigeant nord-coréen, a été désigné pour prendre sa succession.

Sur ce sujet
Une faute?

«Ils n'essaient même pas de sécher leurs larmes, ils se tordent de douleur et de désespoir tant la perte est lourde», relatait l'Agence centrale de presse coréenne (KCNA), évoquant «la tristesse indescriptible» des foules à travers le pays.

La télévision d'Etat a montré des membres du Parti des travailleurs de Corée, le bras politique du régime réservé aux serviteurs les plus zélés du régime, frappant du poing sur des tables, éplorés, dans un comté de province.

«Je n'arrive pas à y croire. Comment peut-il nous laisser? Qu'est-ce qu'on doit faire?», s'interrogeait l'un d'eux, Kang Tae-Ho, le regard perdu dans le vide. «Il a fait tellement de choses pour rendre nos vies meilleures et il est parti comme ça», se lamentait un autre, Hong Sun-Ok.

La mort de Kim Jong-Il, qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis la mort de son père Kim Il-Sung en 1994, a été annoncée à la télévision par une présentatrice en pleurs, vêtue de noire, avec en arrière-plan un paysage de forêts et de montagnes blanches, décor de légendes millénaires en Corée.

Selon sa légende, Kim Jong-Il lui-même serait né sur le Mont Paekdu, le plus haut sommet du pays (2.744 mètres), à la frontière chinoise, une montagne sacrée pour tous les Corées.

Le portrait d'un Kim souriant, dans son habituelle tunique kaki, était diffusé sur une musique funèbre.

La télévision a ensuite montré une rétrospective de ses fameuses tournées d'inspection, où il dispensait la propagande du régime, dans des bases militaires, des usines, des magasins, à la campagne, appelant ses interlocuteurs à suivre «l'esprit du grand général», son père.

Un officier de 43 ans, Jong Il-Guk, cité par KCNA, a déclaré: «Sous l'autorité du Camarade Kim Jong-Un, nous ferons de notre chagrin une force et du courage et surmonterons les difficultés actuelles et travaillerons plus dur encore pour la grande victoire de la révolution du Juché», littéralement «auto-suffisance», une idéologie teintée de communisme et de fierté nationale développée par Kim Il-Sung.

En Chine aussi

Certains médias chinois ont également couvert de l'intérieur la mort de Kim.

Des images de la télévision d'Etat CCTV ont montré des habitants de Pyongyang secoués de sanglots, couvrant leurs visages, dans les rues de la ville plus désertes que d'habitude. «Comment dire toute ma peine? Je n'ai pas de mots», confiait un soldat affligé avant de craquer.

Des Nord-Coréens ont retiré leur écharpe rouge -- une couleur associée à la célébration festive -- ou l'ont cachée dans leurs vêtements, a indiqué le correspondant local du quotidien chinois Global Times.

Le journal a précisé que des groupes de gens se rassemblaient spontanément devant les portraits du leader décédé. Les rues du quartier où repose le corps de Kim Jong-Il sont bloquées mais la circulation n'est pas coupée ailleurs.

Les activités de chant et de danse sont proscrites jusqu'au 29 décembre alors que le pays observe un deuil national, selon le Global Times.

La mort de Kim Il-Sung, annoncée deux jours plus tard, le 8 juillet 1994, avait donné lieu à de semblables scènes de chagrin collectives --en partie orchestrées-- dans un pays qu'il dirigeait dans le culte exacerbé de la personnalité depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953).

Les Nord-Coréens pleurent leur leader:

(afp)