Proche orient

26 janvier 2020 22:47; Act: 26.01.2020 22:47 Print

Les Palestiniens pourraient se retirer d'Oslo

Le plan de paix pour le Moyen-Orient, promis par Donald Trump d'ici mardi, met en péril les accords reconduits tacitement depuis 1999.

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(Photo: AFP)

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Si le locataire de la Maison Blanche annonce son projet, comme cela est prévu d'ici mardi, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) se réserve le droit de se «retirer de l'accord intérimaire», nom des résultats concrets des discussions d'Oslo, a déclaré Saëb Erekat, secrétaire général de l'OLP.

Aux termes de l'accord intérimaire dit d'Oslo II de septembre 1995 entre l'OLP et Israël, la Cisjordanie avait été partagée en trois zones: A, sous contrôle civil et sécuritaire palestinien, B, sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien, et C, sous contrôle civil et sécuritaire israélien.

Cet accord intérimaire devait se terminer en 1999 mais a été depuis reconduit tacitement par les deux parties. Or, le plan de Donald Trump «va transformer l'occupation temporaire en occupation permanente», a dénoncé Saëb Erekat.

«Nouvelle phase» de lutte?

Le plan américain «ne passera pas» et pourrait même conduire les Palestiniens à une «nouvelle phase» de leur lutte, a prévenu de son côté Ismaïl Haniyeh, chef du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, enclave palestinienne séparée de la Cisjordanie.

Ismaïl Haniyeh a appelé les autres «factions palestiniennes» à une réunion rapide au Caire, en Egypte, pour coordonner leur réponse au projet de la Maison Blanche. Peu après sa déclaration, une roquette a été tirée depuis Gaza vers Israël, selon l'armée israélienne, qui dit avoir aussitôt riposté.

Netanyahu et Ganz à Washington

Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son rival Benny Gantz étaient en route vers Washington, où ils doivent rencontrer lundi Donald Trump pour discuter de ce plan.

Les Palestiniens ont dit ne pas avoir été conviés à ces discussions. Ils reprochent à l'administration Trump d'avoir reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël et défendu la présence de colonies israéliennes en Territoires palestiniens occupés. Ces colonies sont illégales au regard du droit international.

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967. Elle s'est accélérée depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, allié clé de Benjamin Netanyahu.

«Pas un seul Palestinien favorable»

Selon les Palestiniens, le plan américain comprend l'annexion par Israël de la Vallée du Jourdain, vaste zone stratégique de la Cisjordanie, et des colonies en Territoires palestiniens, ainsi que la reconnaissance officielle de Jérusalem comme seule capitale d'Israël.

«L'administration américaine ne trouvera pas un seul Palestinien favorable à cette perspective», a insisté le ministère palestinien des Affaires étrangères.

Les Etats-Unis ont présenté en juin le volet économique de leur plan, qui prévoit environ 50 milliards de dollars d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. Mais les détails concrets de ce projet restent l'objet de spéculations.

Échapper à la pression médiatique

La rencontre Trump-Netanyahu intervient alors qu'un comité parlementaire commencera à discuter mardi de la demande d'immunité de Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption dans une série d'affaires, un dossier clé pour sa survie politique.

«Ceci n'est pas un plan de Trump, mais un complot Bibi-Trump», notait le commentateur politique Ben Dror Yemini, dans le quotidien Yediot Aharonot, en référence au surnom de Benjamin Netanyahu, «Bibi». «Il s'agit d'un nouveau stratagème pour permettre à Benjamin Netanyahu d'échapper à la pression (médiatique) liée aux audiences» du comité parlementaire, soutient-il.

(nxp/ats)