Réseaux sociaux

17 juin 2011 09:21; Act: 17.06.2011 09:54 Print

Les Saoudiennes appelées à prendre le volant

Des militantes féministes ont appelé sur les réseaux sociaux les Saoudiennes à prendre le volant à partir de vendredi.

Un reportage de Canal Plus sur une jeune informaticienne libérée après avoir été détenue pendant deux semaines pour avoir bravé l'interdiction de conduire.

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Un appel a été lancé via les réseaux sociaux pour inciter les femmes saoudiennes à prendre le volant. De son côté, Amnesty International a demandé aux autorités de lever l'interdiction de conduire pour les femmes dans le royaume ultraconservateur.

La campagne Women2drive, lancée depuis deux mois sur les réseaux sociaux, doit se poursuivre «jusqu'à la publication d'un décret royal autorisant les femmes à conduire», selon la page Facebook des organisateurs. L'Arabie saoudite est le seul pays au monde où les femmes n'ont pas le droit de conduire.

Les femmes, notamment celles disposant d'un permis étranger, sont appelées à agir individuellement, contrairement à un défilé de femmes au volant de voitures en 1990 dont les participantes avaient été interpellées.

«Les autorités doivent arrêter de traiter les femmes comme des citoyens de seconde zone et ouvrir les routes du royaume aux femmes conductrices», a affirmé l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International dans un communiqué.

«Ne pas permettre aux femmes de prendre le volant est une immense entrave à leur liberté de mouvement et limite leur capacité à mener leurs activités quotidiennes, comme aller au supermarché ou conduire leurs enfants à l'école», a-t-elle ajouté.

Emprisonnée deux semaines

Vendredi étant un jour de repos, les routes étaient encore calmes en début de matinée, avant la prière musulmane hebdomadaire.

Aucune loi n'interdit aux femmes de conduire, mais les autorités se fondent sur un édit religieux (fatwa), promulgué dans le royaume dont les lois s'inspirent d'une version rigoriste de l'islam et invoquent l'opposition des puissants religieux et des milieux conservateurs pour maintenir l'interdiction.

Les femmes doivent engager un chauffeur ou, si elles n'en ont pas les moyens, dépendre du bon vouloir des membres masculins de leur famille.

L'icône de la campagne de vendredi est Manal al-Charif, une jeune informaticienne libérée le 30 mai après avoir été détenue pendant deux semaines pour avoir bravé l'interdiction de conduire et posté sur Youtube une vidéo la montrant au volant.

(ats)