Birmanie

17 avril 2012 18:25; Act: 17.04.2012 22:09 Print

Les USA lèvent une partie des sanctions

Les Etats-Unis ont annoncé mardi la levée de sanctions interdisant l'exportation en Birmanie de certains services financiers.

storybild

Les USA ont levé une partie des sanctions contre la Birmanie. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Ils ont autorisé ainsi ceux à visée humanitaire, démocratique, éducative, sociale et sanitaire, sportive ou religieuse.

Parmi les objectifs autorisés pour l'exportation de services financiers vers la Birmanie cités expressément dans un règlement du Trésor publié mardi figurent désormais «la construction de la démocratie et la bonne gouvernance», l'éducation, la santé, l'assistance aux réfugiés ou les activités religieuses.

Début avril, dans la foulée d'élections qui avaient permis à la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi de devenir la première force d'opposition au parlement birman, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait annoncé l'allègement prochain des restrictions pesant sur les investissements vers la Birmanie et la nomination rapide d'un ambassadeur.

Ces gestes américains poursuivent la politique de «donnant-donnant» menée par les Etats-Unis pour rompre avec la stratégie d'isolement de la Birmanie, qui avait poussé le pays riche en matières premières dans les bras de la Chine.

L'Australie a de son côté annoncé lundi qu'elle allait lever les sanctions contre le président birman et plus de 200 autres responsables, actuellement sous le coup d'interdictions de voyage et de transactions financières.

L'UE va alléger ses sanctions

L'Union européenne va alléger ses sanctions contre les autorités birmanes à la lumière des récentes évolutions démocratiques dans ce pays, a indiqué sa chef de la diplomatie Catherine Ashton, qui compte se rendre sur place la semaine prochaine.
«En janvier, nous avons suspendu l'interdiction de visas pour les membres du gouvernement. A la fin de ce mois, nous ferons davantage», a dit Mme Ashton devant le Parlement européen à Strasbourg.

Des décisions en ce sens seront prises lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères des 27, prévue lundi à Luxembourg, a-t-elle ajouté, sans préciser toutefois la nature des allégements qui pourraient être décidés.

A cette occasion, l'UE devrait autoriser les investissements et les importations de plusieurs produits sensibles en «suspendant» les sanctions existantes en ce sens, tout en maintenant l'embargo sur les armes contre le pays, selon des diplomates. «On se dirige vers une suspension», a indiqué à l'AFP une source diplomatique à l'issue d'une réunion sur le sujet d'ambassadeurs des pays de l'UE à Bruxelles.

Mme Ashton a aussi annoncé qu'elle se rendrait elle-même en Birmanie la semaine prochaine. Son déplacement interviendra du 28 au 30 avril, a précisé à l'AFP une source diplomatique. Elle y rencontrera le président birman, les membres du gouvernement et la chef de file de l'opposition Aung San Suu Kyi.

«J'espère que ce à quoi nous assistons est une opportunité pour ce pays d'aller de l'avant», a-t-elle commenté. «Nous allons à présent entrer dans une phase de collaboration active avec le Myanmar, pour aider au processus de réformes et contribuer au développement économique, politique et social.»

Le nouvel assouplissement des sanctions européennes contre le régime birman était attendu, après l'appel à «suspendre» les sanctions, lancé vendredi à Rangoun conjointement par le Premier ministre britannique David Cameron et la chef de file de l'opposition Aung San Suu Kyi.

Depuis un an, le régime dit «civil» n'a cessé de surprendre: il a libéré de nombreux prisonniers politiques, ouvert des négociations avec les groupes ethniques rebelles puis organisé les élections partielles du 1er avril.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi y a remporté 43 sièges sur les 44 qu'elle briguait, devenant la première force d'opposition du pays avec quelque 10% des députés.

(afp)