Pagaille à Air France

06 octobre 2015 11:28; Act: 06.10.2015 14:25 Print

Les agresseurs du DRH seront licenciés

La justice a ouvert une enquête sur les violences contre des cadres d'Air France. Lundi, le DHR a été agressé après l'annonce de suppression de postes.

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La justice française a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête au lendemain des violences qui ont visé des dirigeants d'Air France lors d'une manifestation contre un projet de restructuration de la compagnie qui prévoit de supprimer près de 3000 postes en deux ans.

La procédure fait suite à une plainte déposée par la direction, qui vise notamment des faits de «violences aggravées», selon des sources concordantes. Lundi, la situation a brutalement dégénéré avec l'agression du DRH. Sous des cris «A poil, à poil», «Démission», le directeur des ressources humaines Xavier Broseta s'est retrouvé torse nu, chemise déchirée, avant de s'échapper en escaladant un grillage. Pierre Plissonnier, responsable de l'activité long courrier à Air France, a été malmené de la même manière.

«Choqué et déçu»

Dans une interview parue mardi dans «Le Point», Xavier Borseta raconte qu'il ne s'attendait «pas du tout» à être agressé. «Choqué et déçu», le directeur des ressources humaines assure que «la violence et l'intimidation n'entameront pas notre détermination».

L'homme affirme par ailleurs qu'il n'a pas reconnu les personnes qui l'ont violenté. Selon lui, ce ne sont pas des militants qu'il rencontre régulièrement.

Pourtant la direction d'Air France a assuré sur RTL, mercredi, que les agresseurs sont bien des salariés du groupe. Un porte-parole précise que, dès lors que ceux-ci seront identifiés, leurs badges d'accès leur seront retirés et des procédures de licenciement engagées.

Sept blessés

Les violences commises par des manifestants ayant envahi la réunion du comité central d'entreprise (CCE) ont fait au total 7 blessés dont un grave, un vigile, selon un porte-parole de la compagnie aérienne.

Au CCE, la direction a confirmé la mise en oeuvre d'un plan «alternatif» au projet de développement «Perform 2020», décidé après l'échec de négociations avec les navigants sur de nouveaux efforts de productivité. Ce «plan B» induirait un sureffectif de 300 pilotes, 900 personnel non naviguant et 1700 personnels au sol.

Hollande prône le dialogue social

Le président français François Hollande a dénoncé mardi des violences «inacceptables» contre des membres de la direction d'Air France, qui peuvent avoir des «conséquences sur l'image, sur l'attractivité» de la France.

«Ça compte, le dialogue social. Et quand il est interrompu par des violences, des contestations qui prennent des formes inacceptables, on voit ce que ça peut avoir comme conséquences sur l'image, sur l'attractivité» du pays, a déclaré François Hollande lors d'une visite au Havre.

Le chef de l'Etat en a profité pour prôner un «dialogue social apaisé». Il faut, a-t-il souligné, «un dialogue responsable avec un patronat qui prend les décisions qui sont attendues et des responsables syndicaux qui jouent la carte la seule possible, celle du compromis et de la négociation».

Valls «scandalisé»

Le Premier ministre Manuel Valls est lui arrivé mardi peu avant 11h00 au siège d'Air France, à Roissy, pour rencontrer notamment les membres de la direction agressés lundi après la confirmation de la possible suppression de 2900 postes.

Depuis le Japon, Manuel Valls s'était dit lundi «scandalisé par les violences inacceptables» survenues lors de la réunion du comité central d'entreprise (CCE) et avait exprimé «tout son soutien» à la direction.

(alc/afp)