Drame à Gênes

16 août 2018 17:26; Act: 16.08.2018 18:57 Print

Les autres victimes du pont maudit

Les logements se trouvant sous le viaduc qui s'est effondré mardi sont condamnés. De nombreux résidents évacués ne retourneront plus jamais chez eux.

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Deux poids lourds ont transporté sous escorte des débris du pont Morandi qui s'est effondré en août à Gênes (I). Le convoi est arrivé à l'Empa, à Dübendorf où les parties seront analysées afin de déterminer les causes de l'effondrement. (Lundi 5 novembre 2018) L'autorité italienne anticorruption (Anac) a mis en garde mercredi le gouvernement contre le risque d'une infiltration de la mafia dans le chantier de reconstruction du pont de Gênes. (Mercredi 10 octobre 2018) Renzo Piano a présenté vendredi un projet de nouveau pont pour sa ville de Gênes, après l'effondrement d'un viaduc autoroutier qui a fait 43 morts en août. (Vendredi 7 septembre 2018) L'Etat italien a annoncé que la société qui gérait le pont qui s'est effondré le 14 août, à Gênes, allait payer la reconstruction, mais sans la réaliser. (Mardi 4 août 2018) L'architecte italien Renzo Piano a offert mardi de concevoir à titre gracieux un nouveau pont à Gênes pour remplacer le pont Morandi qui s'est effondré à la mi-août. (Mardi 28 août 2018) Les recherches ont pris fin dans les décombres du pont Morandi, qui s'est effondré mardi. Le bilan est désormais de 43 victimes. (Dimanche 19 août 2018) Le bilan de l'effondrement d'un pont autoroutier mardi à Gênes est monté samedi à 40 morts confirmés et trois autres probables, a-t-on appris de sources officielles. (Samedi 18 août 2018) Les dirigeants d'Autostrade per l'Italia, société gestionnaire du pont qui s'est effondré mardi à Gênes, ont annoncé samedi que 500 millions d'euros étaient déjà prêts pour aider la ville et reconstruire l'ouvrage. (Samedi 18 août 2018) Le bilan de la catastrophe de Gênes s'est alourdi à 41 morts, rapportent plusieurs médias à quelques heures des funérailles nationales. Une voiture a été découverte sous les gravats dans la nuit de vendredi à samedi. (Samedi 18 août 2018) Gênes et l'Italie disent adieu samedi aux victimes de l'effondrement d'un pont autoroutier lors de funérailles nationales boycottées par la moitié des familles en colère contre le gouvernement. (Samedi 18 août 2018) Le nord de l'Italie se préparait vendredi à un premier week-end de retour de vacances compliqué avec la fermeture d'un axe majeur depuis l'effondrement meurtrier d'un pont autoroutier à Gênes. (Vendredi 17 août 2018) Une étude a mis au jour en 2017 des problèmes de stabilité de l'ouvrage, notamment au niveau des haubans. öes câbles de la portion du pont qui s'est effondrée mardi dernier réagissaient aux vibrations «d'une manière qui ne correspond pas totalement aux résultats attendus et requiert des investigations approfondies». (Vendredi 17 août 2018) Alors que les sauveteurs continuaient inlassablement à chercher les disparus sous les décombres du pont autoroutier effondré à Gênes, des funérailles solennelles sont prévues samedi en fin de matinée. Mais les familles de 17 des 38 victimes préfèrent s'abstenir et 7 familles n'ont pas encore pris de décision. (Vendredi 17 août 2018) La circulation rendue chaotique dans la ville, paralysée par l'écroulement du pont stratégique, devenait aussi mercredi une réelle préoccupation pour les habitants. (Mercredi 15 août 2018) Alors qu'une trentaine de morts sont évoqués après la chute d'un pont à Gênes, la recherche de survivants continue. (Mercredi 15 août 2018) L'Italie est sous le choc. (Gênes, 14 août 2018) Un pont de l'autoroute A10 s'est effondré mardi vers midi, à Gênes, en Italie. (Mardi 14 août 2018) Les secouristes sont désormais à la recherche de potentielles victimes. (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) Même si aucun bilan n'a encore été communiqué, les secouristes ont annoncé qu'il y aurait des dizaines de victimes.(Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) Une image de parties du pont effondré. (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) Un camion s'est arrêté à quelques mètres avant l'effondrement du pont. (Mardi 14 août 2018) Un camion s'est arrêté à quelques mètres avant l'effondrement du pont. (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) Certains médias italiens ont affirmé que le pont s'était effondré sur une centaine de mètres. (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) (Mardi 14 août 2018) De premières images diffusées par les pompiers et des médias montrent le viaduc dans la brume avec plusieurs dizaines de mètres manquants, dans une zone qui semble plutôt industrielle. (Mardi 14 août 2018) Selon les pompiers, le pont dit Morandi s'est effondré vers midi. (Mardi 14 août 2018) Les équipes des pompiers sont engagés en nombre, les équipes de recherches et cynophiles sont activées. (Mardi 14 août 2018) Ce pont traverse un quartier très peuplé. (Mardi 14 août 2018) En raison du relief très accidenté de la région de Gênes, entre mer et montagne, le parcours de l'autoroute est jalonné de longs viaducs et de tunnels. (Mardi 14 août 2018)

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Sous un porche éclairé par des néons blafards, une poignée d'évacués patientent sur des bancs de métal jaunes et bleus cabossés. Leurs logements, situés près du pont Morandi qui s'est effondré mardi à Gênes, sont condamnés. «Je n'ai pas envie d'en parler», lâche un homme d'une voix éteinte, le regard souligné par de lourdes cernes. «Ma fille de quatre ans et ma femme sont à l'intérieur. Ma fille ne va pas bien, elle ne fait que pleurer», confie quelques bancs plus loin Majid Alaoui, 35 ans, ouvrier sur les chantiers navals de la cité ligure.

A l'intérieur du gymnase du Centro civico Buranello, où les journalistes ne sont pas admis, trois psychologues prennent en charge des personnes encore sous le choc. «Une personne était en voiture sur le pont quand il s'est écroulé. Elle est sortie de sa voiture et s'est enfuie en courant. Elle a vu le pont s'écrouler sous ses yeux», explique Maria Tini, conseillère municipale issue du Mouvement cinq étoiles (M5S, antisystème).

Plus de 600 résidents évacués

La première nuit, une centaine de personnes ont trouvé refuge ici, des habitants évacués de leur logement du quartier Sampierdarena, en contrebas du viaduc, et des automobilistes qui se trouvaient sur le pont au moment du drame. Ces derniers, qui ont dû abandonner leur véhicule sur le viaduc et partir en courant se réfugier sous un tunnel voisin, sont depuis repartis.

Les plus de 600 résidents évacués du quartier Sampierdarena ont pour beaucoup trouvé un hébergement chez des proches. D'autres ont été relogés dans des hôtels ou chez des particuliers ayant mis à disposition des appartements vacants à disposition.

«Ce matin, plusieurs personnes sont venues de leur propre initiative proposer de loger gratuitement des personnes évacuées», explique Michele Colnaghi, autre conseiller municipal M5S. Un hôtel de l'est de la ville a aussi mis des chambres à disposition gratuitement, explique Paola Bordilli, adjointe au maire.

Horizon lointain

A intervalle irrégulier, des hommes et femmes entrent dans le bâtiment pour s'inscrire sur un registre afin de bénéficier d'un hébergement d'urgence. Caméras et micros se tendent vers eux, mais peu veulent témoigner, visiblement éprouvés.

La famille Alaoui vivait dans un appartement situé sous le pont, rue Enrico Porro. «On nous a envoyés à l'hôtel en nous disant qu'on pourrait rentrer chez nous dans une semaine, puis on nous a dit qu'on y resterait jusqu'en novembre», confie Majid Alaoui.

Sa femme, sa fille et lui vivent désormais à trois dans une chambre. Sans le nécessaire pour faire la cuisine et avec seulement quelques affaires de rechange... et la quasi-certitude de ne jamais pouvoir rentrer chez eux. Mercredi, les responsables locaux et nationaux ont été clairs: ce qui reste du pont Morandi devra être démoli et les bâtiments en-dessous sont condamnés.

Le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, s'est engagé à ce que tout le monde soit relogé avant la fin de l'année. Mais cela reste un horizon lointain.

«Il y a pire que nous»

«Je dois reprendre le travail mardi, mais je ne vais pas y aller. Je ne veux pas laisser ma femme et ma fille seules dans cet état-là», lâche M. Alaoui.

«Il y a pire que nous», corrige toutefois aussitôt le trentenaire originaire du Maroc. Parmi leurs voisins de chambre à l'hôtel figure la famille d'un homme précipité dans le vide mardi dans la chute du pont. «Ils sont venus à Gênes pour les funérailles», prévues samedi, dit-il en triturant une petite bouteille en plastique.

(nxp)