Yémen

10 février 2019 12:50; Act: 10.02.2019 15:15 Print

Les bébés siamois n'ont pas survécu

En situation désespérée, deux nourrissons nécessitaient des soins à l'étranger. Mais la guerre civile qui fait rage dans le pays n'a pas permis de les évacuer à temps.

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Deux bébés siamois en situation désespérée depuis leur naissance sont décédés samedi dans la capitale yéménite Sanaa. Cette ville est contrôlée par les rebelles Houthis, qui avaient appelé à leur évacuation urgente vers l'étranger, ont annoncé ces insurgés. L'aéroport de Sanaa est fermé au trafic civil en raison d'un blocus aérien imposé par la coalition conduite par l'Arabie saoudite qui intervient depuis 2015 contre les Houthis.

Une équipe médicale saoudienne s'était dite prête pourtant à prendre en charge les frères siamois, âgés de deux semaines, mais aucune information n'avait ensuite été donnée sur la mise en oeuvre de cette proposition. Fayçal al-Babili, chef du service de pédiatrie de l'hôpital Al-Thawra à Sanaa, avait lancé un appel mercredi pour une évacuation vers l'étranger «dans les plus brefs délais» des siamois qui avaient deux têtes, mais seulement un tronc, un rein, deux jambes et deux bras. Il avait expliqué que le système de santé du Yémen s'était effondré en raison de la guerre et que, faute d'équipements, ses équipes n'étaient pas en mesure de réaliser l'intervention visant à séparer les nouveaux-nés.

Pressions des Houtis

Les Houthis ont rendu la coalition responsable de la mort des siamois en raison de «son refus d'ouvrir l'aéroport de Sanaa pour leur permettre d'être soignés», selon un communiqué relayé par des médias rebelles.

Dans le cadre de négociations sous l'égide de l'ONU entre les belligérants, les Houthis continuent de faire pression pour obtenir la réouverture au trafic civil de l'aéroport international de Sanaa, ville qu'ils contrôlent, comme une bonne partie du nord du pays, depuis plus de quatre ans. En décembre, ils avaient exceptionnellement obtenu l'évacuation par voie aérienne de 50 de leurs blessés avant de participer à des pourparlers de paix en Suède où un accord de cessez-le-feu pour la ville portuaire de Hodeida (ouest) a été conclu.

Le conflit au Yémen a fait quelque 10'000 morts, en majorité des civils, et plus de 60'000 blessés depuis mars 2015, selon un bilan partiel de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais des ONG affirment que le nombre de morts est largement supérieur, certaines citant un chiffre cinq fois plus élevé.

(ats)