Climat

24 juin 2019 21:48; Act: 24.06.2019 22:05 Print

Les canicules à répétition à cause du réchauffement

Les vagues de chaleur plus nombreuses et plus tôt dans l'année sont une preuve du dérèglement climatique selon les experts.

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Une femme se rafraîchit à une fontaine à Rome. (Photo: AFP)

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Les canicules à répétition, toujours plus précoces, sont un symptôme sans équivoque du dérèglement climatique, soulignent les scientifiques. Une vague de chaleur recouvre une part de l'Europe.

«Les vagues de chaleur sont le marqueur du réchauffement» planétaire, résume Jean Jouzel, ex-vice-président du Giec (experts climat de l'Onu). «C'est à la fois ce qu'on observe, ce que le Giec attribuait déjà aux activités humaines dans ses précédents rapports - c'est là qu'il est le plus affirmatif - et clairement, le diagnostic est qu'elles vont devenir plus précoces, plus intenses, plus fréquentes».

«Hausse des extrêmes»

Stefan Rahmstorf, chercheur au Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK), convoque la statistique: «Les étés les plus chauds relevés en Europe depuis l'année 1500 concernent tous le début du 21e siècle: 2018, 2010, 2003, 2016, 2002. Mondialement, les records de chaleur mensuels tombent cinq fois plus souvent qu'ils ne le feraient dans un climat stable».

«Cette hausse des extrêmes de chaleur se déroule comme l'avait prévu la science, conséquence directe d'un réchauffement induit par les gaz à effet de serre liés à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz», ajoute-t-il.

En France par exemple, ces 30 dernières années ont vu deux fois plus de vagues de chaleur que la période antérieure, et leur fréquence devrait encore doubler d'ici à 2050, souligne l'organisme national de la prévision. En 2016 et 2017, ce fut en juin et en septembre, et on pourra à l'avenir les attendre de fin mai à début octobre, débordant la seule période estivale.

Masses d'air surchauffées

«On aurait pu avoir cette configuration atmosphérique il y a un siècle», explique Etienne Kapikian, prévisionniste à Météo-France, qui surveille le phénomène en cours sur l'Europe. «La différence est que les masses d'air aujourd'hui sont surchauffées. Les blocages anticycloniques de haute pression sont plus intenses que dans le passé, avec des masses d'air plus chaudes remontant du Sahara, ce qui amène des extrêmes plus intenses».

Aux degrés en plus s'ajoute le bouleversement de la circulation atmosphérique, avec le ralentissement des courants voyageant vers l'est en été, jet stream inclus, comme l'a montré le chercheur Dim Coumou, du PIK. «Ce qui favorise des conditions de chaleur et de sécheresse au dessus du continent qui parfois se transforment en dangereuse canicule».

Selon le Giec, pics et records de chaleur croissent environ deux fois plus vite que les températures moyennes. Ainsi, si les températures prennent en moyenne 3 à 5°C dans la seconde partie du 21e siècle (par rapport à l'ère prè-industrielle), faute d'action suffisante pour réduire les émissions, les records gagneront eux 6° à 8°C.

Parfois durables les vagues de chaleur s'accompagnent de sécheresse, et de conséquences sur la santé, notent les chercheurs.

3000 décès par an

Si l'on excepte les 75'000 morts de la canicule de 2003 en Europe, les événements climatiques provoquent en moyenne 3000 décès par an sur le continent, relève Jean Jouzel.

Avec un réchauffement de 3°C (horizon prévu si les Etats tiennent leurs promesses de 2015 de réduire leurs émissions), «le nombre de victimes des événements climatiques extrêmes pourrait être multiplié par 30 ou 40, dont 99% liés aux canicules», prévient le chercheur.

«Et l'Europe n'est pas la région la plus chaude de la planète», ajoute-t-il, préoccupé par l'Asie du Sud-est, le Moyen-Orient ou certaines régions de Chine aujourd'hui très peuplées.

Alors que faire? Chaque demi-degré de réchauffement global évité comptera, a montré le Giec en 2018, dans son rapport sur un réchauffement à 1,5°C, limite pour protéger la planète d'impacts majeurs. Mais le monde est hors des clous et les émissions ont encore atteint un record l'an dernier.

Dans l'immédiat le réchauffement continuera à croître, et donc ses impacts, souligne le chercheur Hervé Le Treut, sous l'effet de gaz persistant des décennies dans l'atmosphère. Donc il y a «urgence» à «anticiper» et apprendre à s'adapter: «les canicules deviennent des objets dont on doit se prémunir», note-t-il, tout en oeuvrant urgemment à réduire les émissions de demain.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Arnold le 24.06.2019 22:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Chaud, chaud...

    Non mais je doute pas du réchauffement climatique mais là, tout de même, ça fait 1 jour qu'il fait chaud, on a eu un printemps super froid et vous nous faites déjà un article ? il y a deux semaine j'avais encore ma doudoune légère, mi juin...

  • Louis14 le 24.06.2019 22:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et oui

    On en sait rien!!! De plus à l'époque romaine ou à l'époque des vikings il faisait plus chaud!!!! Et si l'homme doit disparaître il disparaîtra comme les mammouths! La nature sera tjrs plus forte

  • Laitmurien le 24.06.2019 22:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il a déjà fait chaud avant

    C'est bien possible que ces canicules à répétition soient le fait d'un réchauffement climatique, dû à l'activité humaine, mais il faisait également chaud il y a 70 ans 1945, 47 ,49 ,50 , 52 , donc espérons qu'une partie de ce réchauffement soit cyclique .

Les derniers commentaires

  • Anonyme le 27.06.2019 12:57 Report dénoncer ce commentaire

    Oui, chaud

    ....et dans les années 60, on avait des "congés de chaleur" quand il faisait 25° !!

    • Liliane le 28.06.2019 07:33 Report dénoncer ce commentaire

      @Anonyme

      Oui, gosse j'ai eu 2 congés de chaleur pour un 30 ° ! j'ai 56 ans je précise....

  • Jean Epeur le 25.06.2019 16:35 Report dénoncer ce commentaire

    Extrême pas bon

    L'été commence à peine, nous n'avons pas eu de chaleur et ça commence par une canicule sur lEurope. ça ne présage rien de bon ce climat extrême....

  • Miko le 25.06.2019 14:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pauvre petit

    Arrêter de pleurnicher les pros du réchauffement climatique et profiter de ce magnifique temps !

    • Inconscience le 25.06.2019 16:22 Report dénoncer ce commentaire

      @Micko

      mais bien sûr écrit l'inconscient. Ceci n'est que le début des problèmes. Quand il n'y aura plus d'abeilles, y aura plus de fruits. Quand y aura plus d'eau y aura plus de culture. D'ici là, Bronzer bien et buvez de l'eau.

  • C'est comme ça le 25.06.2019 12:54 Report dénoncer ce commentaire

    Hé Oui

    ça fait plus de 4 ans que les scientifiques tirent la sonnette d'alarme sur le monde. Mais comme à présent on est aussi touché en Europe alors les climatosceptiques s'affolent et braillent pour démentir ce phénomène pourtant bien là. ça ne changera en rien que nous sommes en plein dedans et on devra vivre avec .....

    • Marie le 25.06.2019 21:12 Report dénoncer ce commentaire

      Que temps perdu !

      Cela fait bien plus de 4 ans !!! La seule solution = s'adapter !

    • Cela fut le 26.06.2019 21:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @C'est comme ça

      En 2001 ou 2003 il a fait 37 degré en juin à Genève

  • M.D. le 25.06.2019 12:51 Report dénoncer ce commentaire

    Montrer l'exemple!!!

    Ahahahahahah, les commentaires des spécialistes climatique du dimanche... A tous ceux qui crient au scandale sur le climat... LAISSEZ TOUT TOMBER ET ALLEZ VIVRE A POIL DANS UNE FORET EN BOUFFANT DE L'HERBE... Montrez l'exemple!!!