Inondations

18 décembre 2011 11:11; Act: 18.12.2011 13:08 Print

Les cercueils manquent aux Philippines

Les cercueils venaient à manquer dimanche dans les morgues des villes les plus touchées par les inondations de ce week-end aux Philippines. Le dernier bilan fait état d'au moins 650 morts.

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Plus de trente heures après que des murs d'eau se sont abattus sur cette ville portuaire de Mindanao, le funerarium de Dexter Lacson n'a quasiment plus de fluide à embaumer et les cercueils de petite taille ont tous été utilisés, en raison du grand nombre d'enfants parmi les victimes.

«Nous n'arrivons plus à faire face. J'ai cinq embaumeurs. On compte en moyenne quatre heures par corps mais nous avons plus de 200 corps en attente», déclare dimanche Dexter Lacson, le visage hâve, vêtu d'un simple T-sirt et d'un short.

Les employés du salon funéraire Bollozos s'activent malgré les coupures fréquentes d'électricité et le manque d'eau potable, après le passage de la tempête Washi, qui a causé la mort ou la disparition de centaines d'habitants dans le sud du pays.

Corps entassés

Les corps s'entassent dans les couloirs du funérarium et plusieurs semblent déjà se décomposer dans l'humidité tropicale. L'odeur est à la limite du supportable.

Leonardo Vicente Corrales, un journaliste de Cagayan de Oro, a dénombré 60 cadavres en attente dans le salon funéraire Somo et 70 autres dans un troisième funérarium, le Cosmopolitan.

La Croix Rouge déclare un bilan de 248 morts pour la seule ville de Cagayan de Oro, et 521 au total dans la région. Plus de 300 personnes sont portées disparues.

Quelque 60% des cadavres entreposés au Bollozos n'ont pas été identifiés ou réclamés, indique le patron, qui craint des risques sanitaires.

Ensevelissement commun

«Je pense que le bilan pourrait atteindre les 500 morts» pour la seule ville de Cagayan de Oro, qui compte une population d'un demi-million, a indiqué à la radio DZMM le maire, Vicente Emano. «Le problème est que des morgues commencent à refuser» les corps.

«Après l'identification des corps, nous opterons pour un ensevelissement commun», a indiqué Joselito Retuya, responsable sanitaire de la ville.

Plusieurs des victimes vivaient dans un bidonville, Isla Delta, situé sur un banc de sable à l'embouchure de la rivière Cagayan, derrière un mur de panneaux publicitaires géants.

Le bidonville compte au moins 30 morts et une centaine de disparus après que l'eau a détruit les bicoques construites en bois et tôle, a indiqué à l'AFP Evangeline Quider, mère de quatre enfants.

«Nous dormions et nous avons été réveillés avec de l'eau jusqu'à la taille. On a aussitôt fui, en grimpant sur les panneaux publicitaires pour nous mettre en hauteur», a-t-elle dit.

Dans le bidonville voisin, Isla de Oro, Venus Torres a vu se noyer sa soeur, trois nièces et sa petite-fille, dans la maisonnette qu'elles partageaient.


Elle s'est extrait du logement en défonçant le toit d'un coup de poing.

«On continuera à vivre ici», affirme Evangeline Quider. «On ramassera des bouts de bois et nous construirons un abri».

(afp)