Inde

19 février 2019 10:21; Act: 19.02.2019 10:21 Print

Les chefs de l'attentat au Cachemire abattus

L'Inde pointe du doigt un groupe islamiste basé au Pakistan dans l'attentat suicide qui a tué 41 paramilitaires indiens au Cachemire.

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L'Inde accuse de longue date le Pakistan de soutenir en sous-main les infiltrations et la rébellion armée dans le Cachemire. (Photo: AFP)

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L'armée indienne a annoncé mardi avoir abattu dans la vallée du Cachemire les cadres d'un groupe islamiste basé au Pakistan. Celui-ci est responsable de l'attentat suicide qui a tué 41 paramilitaires indiens dans cette région disputée avec le Pakistan.

Une attaque à la voiture piégée a frappé jeudi un convoi de bus transportant des paramilitaires de retour de congés au sud de Srinagar, grande ville du Cachemire indien. L'organisation Jaish-e-Mohammed (JeM) a revendiqué cette attaque, la plus meurtrière depuis le début de l'insurrection séparatiste contre New Delhi dans cette région poudrière.

Lors d'une opération militaire qui a duré une bonne partie de la journée lundi, l'armée indienne a tué trois insurgés dans le district de Pulwama, où s'était déroulé l'attentat. L'échange de feu a aussi coûté la vie à quatre soldats, un policier et un civil.

Les trois rebelles tués appartenaient à JeM et parmi eux figuraient deux Pakistanais, dont le «commandant des opérations» du groupe, a indiqué le général de corps d'armée indien Kanwal Jeet Singh Dhillon lors d'une conférence de presse à Srinagar.

«Pensé au Pakistan»

Selon lui, l'attentat suicide a été «pensé» par le Pakistan, et plus particulièrement ses puissants services de renseignements militaires, l'Inter-Services Intelligence (ISI). L'Inde accuse de longue date le Pakistan de soutenir en sous-main les infiltrations et la rébellion armée, ce qu'Islamabad a toujours démenti.

«JeM est un enfant de l'armée pakistanaise, et de l'ISI», a déclaré M. Dhillon, estimant que la direction locale de JeM dans la vallée de Srinagar avait été «éliminée». Jaish-e-Mohammed («L'armée de Mahomet» en ourdou) est l'un des groupes plus actifs dans la lutte armée contre l'administration indienne au Cachemire. Il est dirigé par le séparatiste Masood Azhar, installé au Pakistan.

L'attentat contre les paramilitaires a déclenché une vague de colère à travers l'Inde et envenimé les tensions entre New Delhi et Islamabad.

Les deux frères ennemis d'Asie du Sud revendiquent chacun l'intégralité du Cachemire, divisé de facto entre eux, et se sont affrontés lors de deux guerres autour de cette région himalayenne depuis la fin de la colonisation britannique en 1947.

Le Pakistan menace

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan s'est dit mardi prêt à coopérer avec l'Inde au sujet de l'attentat qui a tué plus de 40 paramilitaires au Cachemire indien la semaine dernière mais promis de «riposter» si son pays est attaqué.

«Le Pakistan ripostera», a-t-il lancé dans un discours télévisé, appelant par ailleurs New Delhi à fournir «les preuves» de l'implication de Pakistanais dans cette attaque qui a exacerbé les tensions indo-pakistanaises ces derniers jours.

Ces déclarations interviennent alors que le Premier ministre indien Narendra Modi a promis de «faire payer le prix fort» aux responsables de cet attentat-suicide, qui a déclenché une vague de colère à travers l'Inde et suscité des appels à la vengeance.

M. Khan a expliqué s'être abstenu de répondre plus tôt aux accusations indiennes en raison de la visite au Pakistan dimanche et lundi du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, afin de ne pas en «détourner l'attention».

«Et même sans cette visite, qu'aurait le Pakistan à gagner (...) à un moment où il se dirige vers la stabilité», a-t-il souligné, notant que le pays avait lui-même traversé «15 années de guerre contre le terrorisme, dans laquelle nous avons perdu 70'000 vies».

«Aujourd'hui, je propose au gouvernement indien de mener l'enquête qu'il souhaite sur ce problème pour établir si des Pakistanais sont impliqués», a-t-il dit. «Si vous avez des preuves exploitables de l'implication de Pakistanais, donnez-les nous et je vous garantis que nous prendrons des mesures», a-t-il ajouté.

(nxp/ats)