Pékin paralysé par l’or blanc

04 novembre 2009 12:42; Act: 04.11.2009 13:18 Print

Les chutes de neige artificielles sèment le chaos

par Philippe Favre - Les météorologues chinois ont provoqué d'abondantes chutes de neige qui ont paralysé la capitale. Un tel procédé artificiel serait impensable en Suisse.

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Pour combattre la sécheresse dans l’Empire du Milieu, les météorologues ont balancé des produits chimiques dans le ciel. Résultat, selon l’agence Chine nouvelle, 16 millions de tonnes d’or blanc sont tombées dimanche sur Pékin.

Ces chutes de neige sont les plus précoces de la saison froide depuis 22 ans dans le pays. Les apprentis sorciers chinois en sont pour leurs frais: ils ont semé le chaos sur les routes de la capitale.

Le froid et le vent ont causé des retards à l'aéroport de Pékin et affecté les transports maritimes. Les plaintes ont afflué au Bureau des modifications météorologiques, tenu responsable de ce pataquès.

Les malheurs de Pékin font rire jaune les experts, qui mettent en doute les performances de leurs homologues chinois: «Il faut prendre ces informations avec des pincettes: tous nos modèles numériques de la semaine dernière indiquaient des précipitations probables sur la Chine. Ce ne sont pas les météorologues qui ont créé des chutes de neige, mais ils les ont amplifiées», nuance Vincent Devantay, météorologue chez MeteoNews à Crissier (VD).

Explication de ce miracle artificiel: «Des avions ont lâché 113 petits bâtons de 5g d'iode d'argent. Ces bâtonnets sont allumés au moment du lâcher et se consument en tombant. Ils libèrent cinq millions de milliards de particules qui forment donc davantage de flocons de neige ou de gouttes de pluie», précise Vincent Devantay.

Dans nos contrées, les interventions humaines dans le firmament se bornent au lancer de fusées contre la grêle. Le principe est inverse: pour éviter la casse, on réduit la taille des grêlons en pulvérisant leur structure.

Reste que ce procédé peu fréquent et relativement récent fait réfléchir tant du point de vue éthique qu’environnemental. «On ignore s’il peut affecter le climat, même s’il ne s’agit pas de produits hautement nocifs. Il a déjà été utilisé aux Etats-Unis, mais jamais en Suisse», conclut le météorologue.