Sénégal

24 février 2019 12:02; Act: 24.02.2019 23:46 Print

Les citoyens ont afflué pour choisir leur président

Les Sénégalais ont voté dimanche en nombre pour désigner leur président.

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Fidèle à son image de modèle démocratique en Afrique, le pays débute ses élections présidentielles dans le calme et en nombre. (Photo: AFP/Michele Cattani)

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Les Sénégalais se sont mobilisés dimanche pour l'élection présidentielle. Ils devaient choisir entre reconduire le chef de l'Etat sortant Macky Sall ou porter leur suffrage sur l'un de ses quatre adversaires, une concurrence inhabituellement dégarnie dans ce pays.

Face à Macky Sall, 56 ans, largement en tête dans de nombreux bureaux de vote selon de premiers résultats parcellaires égrenés par les médias dans la soirée, seuls l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, 59 ans, et le député «antisystème» Ousmane Sonko, 44 ans, paraissaient en mesure de se qualifier pour un éventuel second tour.

Les deux autres candidats, le président d'université privée Issa Sall, 63 ans, proche d'un mouvement religieux issu de la confrérie tidiane, et l'ex-ministre Madické Niang, 65 ans, apparaissaient très nettement distancés, selon ces mêmes données partielles.

Les résultats ne deviendront officiels qu'à partir de lundi ou mardi. Compte tenu des délais légaux de proclamation, de possibles contestations et de la campagne, un éventuel second tour se tiendrait vraisemblablement le 24 mars.

Participation satisfaisante

Les bureaux de vote ont généralement fermé à l'horaire prévu, de 18h00 (19h00 suisses), avec une participation jugée satisfaisante et un scrutin sans incident majeur, selon les différentes missions d'observation électorales.

«A deux heures de la clôture des bureaux de vote», le taux de participation s'établissait à 42%, selon un communiqué de la mission d'observation de la société civile sénégalaise SunuElection (notre élection, en langue nationale wolof).

Les Parcelles Assainies et ses 96 244 electeurs, plus grande commune du Sénégal en nombre d'électeurs devant Keur Massar et Grand Yoff, votent dans la tranquillité!Une marée humaine au centre de l'école unité 25 !©?Eli pic.twitter.com/upV9fEeGYQ– Elimane Ndao (@NdaoEli) 24 février 2019

Au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, la deuxième alternance vécue par ce pays qui fait figure de modèle démocratique en Afrique, le taux de participation avait atteint 51%.

Face à Macky Sall, qui veut conduire pour les cinq prochaines années la deuxième phase (2019-2023) de son plan «Sénégal émergent», la concurrence s'est présentée en rangs inhabituellement clairsemés, avec seulement quatre rescapés du nouveau système de parrainages et des décisions judiciaires qui ont éliminé des rivaux de poids.

Irrégularités dénoncées

Avant même la fermeture des bureaux, les camps d'Ousmane Sonko et d'Idrissa Seck ont dénoncé des «irrégularités». Ils ont critiqué notamment un arrêté du ministre de l'Intérieur autorisant les électeurs n'ayant pas retrouvé leur nom sur les listes à voter dans leur ancien bureau de vote, dont l'opposition n'avait selon eux pas été avisée préalablement.

?? Forte affluence dans les bureaux de vote au #Sénégal. Suivez la situation en direct ici -> https://t.co/XZnSgd0fpopic.twitter.com/4wYHy3lUlU– RFI (@RFI) 24 février 2019

Pour la première fois depuis 1978, ni le Parti socialiste ni le parti de l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), ne présentaient leur propre candidat. Mais la famille libérale de M. Wade était particulièrement bien représentée, avec Macky Sall, Idrissa Seck et Madické Niang tous trois issus de sa formation.

«Au terme de cette journée, le peuple sénégalais sera le seul vainqueur. Et le président qui sera choisi devra être également le président de tous les Sénégalais», a déclaré Macky Sall.

Primo-votants

Dans de nombreux endroits ont été installés des «abris provisoires», des bureaux de vote sous des bâches, pour faire face à la hausse du nombre d'électeurs, comme à la Scat-Urbam, une banlieue de Dakar. «C'est dû aux primo-votants», ayant récemment atteint la majorité légale, a expliqué Adama Diallo, président d'un bureau.

L'opposition a dénoncé l'invalidation des candidatures de Karim Wade, fils et ancien ministre d'Abdoulaye Wade, et de Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations judiciaires, ainsi que le système de parrainages.

Idrissa Seck est apparu comme le principal bénéficiaire de cet écrémage puisque Khalifa Sall a annoncé de sa prison lui apporter son soutien et que la grande majorité des 20 recalés du parrainage se sont ralliés à lui.

Matin d'élections au #Sénégal ??. Sur cette vidéo que je viens de filmer, vous pouvez constater que les dakarois ont envahi les bureaux de vote et que les toutes les couches de la population sont représentées !! Mon pays est un très bel exemple de démocratie, MashaAllah.#kebetupic.twitter.com/4HwBVMVZfY– Demba Gueye ?? (@dembagueye) 24 février 2019

Malgré une longue tradition démocratique, au Sénégal les campagnes électorales sont souvent émaillées d'accusations de corruption, de désinformation et de violences. Des affrontements ont fait deux morts le 11 février à Tambacounda, à 420 km à l'est de Dakar, entre partisans de Macky Sall et d'Issa Sall. Dimanche, 8000 policiers et gendarmes en tenue ainsi qu'un nombre indéterminé d'agents en civil étaient déployés, selon les autorités.

(nxp/afp)