Elections européennes

27 mai 2019 08:39; Act: 27.05.2019 08:39 Print

Les conservateurs restent au pouvoir en Pologne

Au pouvoir depuis bientôt quatre ans, le gouvernement du PiS a provoqué des tensions avec l'UE après une série de réformes judiciaires.

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Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS.

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Le parti conservateur PiS au pouvoir en Pologne est crédité d'une nette victoire aux élections européennes, devant une alliance de partis d'opposition, selon des résultats partiels quasiment complets publiés lundi matin. Ce résultat conforte le caractère bipolaire de la scène politique polonaise.

Selon ces chiffres portant sur 96% des bureaux de vote, communiqués par la commission électorale, le PiS obtient 46% des voix. Il creuse l'écart avec la Coalition Européenne créditée de près de 38%, tandis que le nouveau parti progressiste Printemps recueille 6%.

Contrairement aux projections issues du sondage réalisé par Ipsos à la sortie des urnes, la Confédération, une alliance de plusieurs petits partis d'extrême droite, se retrouve au-dessous du seuil d'éligibilité, avec 4,5%. Elle n'obtient donc pas les trois sièges escomptés, qui seront partagés entre les trois formations qui arrivent en tête. La participation au niveau national, toujours pour 96% des bureaux de vote, a atteint 45,42%.

Promesses onéreuses

Lors de la campagne, le PiS a fait des promesses électorales onéreuses, tout en brandissant les spectres du LGBT, de la monnaie unique, des migrants ou des revendications des milieux juifs, menaçant selon lui la Pologne en cas d'échec de son groupement.

Au pouvoir depuis bientôt quatre ans, le gouvernement du PiS a provoqué des tensions avec l'UE avec une série de réformes judiciaires interprétées par Bruxelles comme une menace pour l'indépendance de la justice et l'Etat de droit.

Le PiS prône un agenda de réformes de l'UE faisant primer la souveraineté des Etats membres sur le courant fédéraliste. Nationaliste, ce parti a cependant exclu de collaborer avec le Rassemblement national français, victorieux dimanche en France, tout en restant «prêt à parler» avec la Ligue italienne de Matteo Salvini et le parti espagnol Vox.

Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS, l'a laissé clairement entendre, citant le RN parmi «les formations politiques qui sont évidemment liées à Moscou et reçoivent son soutien».

Alliance hétéroclite

La Coalition européenne (KE), alliance hétéroclite de partis d'opposition centristes regroupés autours de la Plateforme civique (PO), l'ancien parti du chef du Conseil européen Donald Tusk, a jugé son score «prometteur» à l'approche des législatives d'automne.

«Nous avons prouvé que nous voulons et sommes capables de faire du chemin ensemble et c'est bien la clé de la victoire», a déclaré Grzegorz Schetyna, le chef de la PO et principal architecte de cette coalition.

Selon le politologue Stanislaw Mocek, le mouvement Printemps, créé il y a quatre mois seulement par Robert Biedron, ancien militant LGBT, «n'a pas su bénéficier de la campagne anti-cléricale violente» en cours suite à des révélations sur la pédophilie au sein de l'Eglise catholique.

(nxp/ats)