Paris

09 mai 2012 06:48; Act: 09.05.2012 11:21 Print

Les couleurs de Daniel Buren au Grand Palais

L'artiste français Daniel Buren a fait pousser une forêt de cercles colorés plantés sur de fins piliers noir et blanc sous la nef du Grand Palais à Paris.

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Depuis 2007, l'Allemand Anselm Kiefer, l'Américain Richard Serra, le Français Christian Boltanski et le Britannique d'origine indienne Anish Kapoor se sont tour à tour mesurés au monument plus que centenaire, pour cet événement annuel organisé par le ministère français de la Culture. Chacun a été invité à créer spécialement pour cet endroit une oeuvre gigantesque et provisoire.

Vêtu d'une combinaison blanche et d'un gilet sans manche noir, Daniel Buren orchestre depuis lundi le montage de son oeuvre conçue spécialement pour Monumenta.

Le sol se teinte, les visiteurs aussi

Les engins de chantier installent des cercles métalliques tendus d'une toile plastique (bleu, jaune, orange ou vert) sur des piliers. Progressivement, l'immense nef se teinte de couleurs, dont l'intensité varie avec la météo. Lorsqu'il fait gris, les tons sont pastels. Un rayon de soleil et les couleurs deviennent éclatantes. Le sol se teinte, les personnes présentes aussi...

Le visiteur sera invité à se promener sous la canopée de ces ronds qui ont pour tronc 1500 piliers métalliques noir et blanc, assez bas (leur hauteur varie de 2,50 mètres à 2,80 mètres). La fameuse bande verticale de 8,7 centimètres que Buren utilise comme outil visuel depuis 1965 se retrouvera dans la largeur de ces poteaux carrés. Elément central de l'oeuvre, la verrière, qui culmine à 35 mètres, est déjà quadrillée d'un film plastique bleu ciel.

«Excentrique(s)»

L'oeuvre, baptisée «Excentrique(s)», va occuper la quasi-totalité de la nef de 13'500 mètres carrés. Les cercles de tailles différentes (jusqu'à 7 mètres) s'approcheront le plus possible des murs du bâtiment. Au centre, sous la verrière, les ronds colorés laisseront la place à une clairière formée d'une quinzaine de miroirs installés au sol, sur lesquels le public pourra se mirer.

Après l'éclatant succès de la Monumenta d'Anish Kapoor l'an dernier (280'000 visiteurs en quarante jours), le défi n'est pas mince pour le père des fameuses «Colonnes de Buren» installées depuis 1986 dans la cour d'honneur du Palais Royal.

Un espace immense

«C'est objectivement très spécial car il n'y a pas dans le monde de plus grand espace d'exposition donné à un artiste que Monumenta», explique à l'AFP Daniel Buren, 74 ans.
Pour le moment, tout se passe comme l'artiste l'imaginait. Pas de mauvaise surprise. «Les couleurs se mélangent comme j'espérais», dit-il.

Lorsque Daniel Buren a accepté il y a deux ans de réaliser la cinquième Monumenta, il a posé un préalable: que l'entrée principale monumentale soit condamnée et que le public entre et sorte par les côtés.

Quatre couleurs en 37 langues

Les visiteurs seront accueillis du côté des Champs-Elysées. A la sortie du métro, deux billetteries dessinées par l'artiste seront la première étape de cette aventure artistique. Pour un prix très modéré de 5 euros (avec un tarif réduit de 2,50 euros).

Le public entrera dans un sorte de corridor de 180 mètres de long, faiblement éclairé pour déboucher d'un seul coup dans la nef. «Le visiteur sera soudain immergé dans la couleur», souligne Marc Sanchez, directeur de la production artistique de Monumenta.

Les noms des quatre couleurs seront chuchotées en 37 langues - berbère, swahili, serbe... - par des hauts-parleurs sophistiqués.

(afp)