États-Unis

21 novembre 2019 03:19; Act: 21.11.2019 07:24 Print

Les démocrates divisés lors d'un nouveau débat

Une scission est apparue mercredi entre les candidats à la primaire démocrate, qui n'ont pas hésité à s'attaquer.

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Dix candidats démocrates se sont à nouveau affrontés lors d'un débat, mercredi soir à Atlanta (Géorgie). (Jeudi 21 novembre 2019) Le sénateur du Texas Beto O'Rourke est le premier candidat majeur à abandonner la course à la Maison Blanche. (Vendredi 1er novembre 2019) A bientôt 77 ans, Joe Biden, vice-président sous l'ère Obama, reste en tête des sondages malgré des gaffes et des débats décevants. C'est sa 3e tentative pour entrer à la Maison Blanche. Derrière Biden, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, 70 ans, porte les espoirs de la gauche du parti. Mais à mesure que sa popularité augmente, les attaques gagnent en intensité et l'ex-prof de Harvard a été rudement épinglée par ses rivaux. Le socialiste Bernie Sanders, 78 ans, peut encore décrocher l'investiture malgré une récente crise cardiaque. D'autant que nombreux sont ceux qui estiment qu'il aurait pu battre Trump s'il avait été le candidat démocrate à la place de Hillary Clinton. Encore inconnu du grand public en début d'année, le maire de South Bend dans l'Indiana, Pete Buttigieg s'est depuis fait un nom. A 37 ans, il est le plus jeune des candidats déclarés. Il espère devenir le premier candidat investi ouvertement homosexuel. Après avoir fait une entrée remarquée dans la campagne et des étincelles face à Joe Biden, la sénatrice Kamala Harris, 54 ans, recule désormais dans les sondages. Née d'un père jamaïcain et d'une mère indienne, elle a été procureure de San Francisco pendant 13 ans. En queue de peloton, les petits candidats voient la pression augmenter pour se faire entendre, à l'image de l'homme d'affaires Andrew Yang, 44 ans. Son programme: un revenu universel de 1000 dollars par mois pour tout Américain âgé de plus de 18 ans. La sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar a elle aussi encore des chances. A 58 ans,elle joue sur une candidature «venue du coeur du pays» et sa proximité avec les électeurs. Elle lutte également contre le changement climatique.

Une faute?

Modérés et progressistes se sont divisés mercredi lors du débat démocrate pour la présidentielle américaine. Le jeune Pete Buttigieg, en pleine ascension, a tenté de se présenter en rassembleur capable de regagner les électeurs un temps séduit par Donald Trump.

Malgré leur union contre Donald Trump, les quatre grands candidats ont nettement exposé leurs différends: MM. Biden et Buttigieg ont critiqué le programme plus à gauche des sénateurs Warren et Sanders.

Leurs projets de réforme vers un système universel de santé «ne sont pas la bonne approche pour rassembler les Américains», a lancé Pete Buttigieg, 37 ans. Joe Biden a lui martelé qu'«en ce moment, la vaste majorité des démocrates ne soutient pas» une telle réforme.

Elizabeth Warren a défendu ses propositions en affirmant que la meilleure façon de «rassembler» était de «construire une Amérique qui fonctionne pour tous, pas juste pour les riches».

Ascension fulgurante

Tous portés par la volonté de battre Donald Trump en novembre 2020, dix-sept candidats sont en lice pour l'investiture démocrate, dont dix d'entre eux débattaient en direct mercredi à la télévision.

Mais un peloton de tête s'est nettement dégagé ces derniers mois, avec en tête Joe Biden (30%), qui a fêté ses 77 ans mercredi, suivi d'Elizabeth Warren, 70 ans (18%) et de Bernie Sanders, 78 ans (17%), selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics. Premier candidat homosexuel ayant de réelles chances dans la course à la Maison Blanche, M. Buttigieg arrive en quatrième place avec 8%.

Mais il connaît depuis fin octobre une ascension fulgurante dans les sondages de l'Iowa, un Etat clé puisqu'il votera le premier le 3 février, et plus récemment dans le New Hampshire, qui suivra juste après (11 février).

«Pour battre ce président, nous avons besoin de quelqu'un qui (...) vienne vraiment des endroits où il séduit», a-t-il lancé en référence à son Midwest natal, fait de bassins ouvriers et régions rurales qui ont basculé en faveur du milliardaire Donald Trump en 2016 après des années de vote démocrate.

Soutien des Noirs pas acquis

Alors que le débat était organisé à Atlanta, en Géorgie, un Etat à forte population noire, M. Buttigieg a été interpellé sur son soutien très faible parmi les Noirs, qui votent en vaste majorité pour les démocrates.

Après l'avoir critiqué cette semaine, la sénatrice noire Kamala Harris a déclaré que le parti démocrate ne pouvait plus les prendre pour acquis.

«A un moment, les gens en ont marre qu'on les remercie juste parce qu'ils se mobilisent et disent, 'à votre tour de vous mobiliser pour moi'», a-t-elle déclaré sous les applaudissements. «J'accepte le défi de me rapprocher des électeurs noirs qui ne me connaissent pas encore», a réagi Pete Buttigieg.

Puis, alors qu'il était venu au débat avec son époux, il a expliqué comment le fait de vivre dans un pays qui n'avait légalisé le mariage gay qu'en 2015, lui avait inculqué «l'obligation profonde d'aider ceux dont les droits sont remis en jeu tous les jours, même si leur expérience n'ont rien à voir avec les miennes».

Pas être «obnubilé» par Trump

Ses échanges avec l'élue Tulsi Gabbard, une autre militaire, sur la politique étrangère ont donné les moments les plus vifs du débat.

Le favori Joe Biden a pour sa part été plutôt épargné par ses rivaux. Malgré sa première place, il est menacé par les doutes concernant son âge et sa viabilité dans la course alors qu'il a été happé dans le scandale ukrainien qui vaut à Donald Trump la menace d'une destitution.

Son nom est au coeur de cette procédure, les démocrates accusant le président républicain d'avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant aux Ukrainiens une enquête sur les Biden. Pour M. Biden, l'affaire démontre avant tout que «Donald Trump ne veut pas que je devienne le candidat».

Favorable à la destitution, Bernie Sanders a mis en garde: «Nous ne pouvons pas être simplement obnubilés par Donald Trump, car si nous le faisons, nous allons perdre l'élection».

(nxp/afp)